Rassemblement des coquelicots, Dieulefit le 7 Décembre 2018

À l’heure où les gilets jaunes enflamment la France et que leurs manifestations sont reprises par tous les médias il peut sembler dérisoire de participer au mouvement des coquelicots.

Pourtant les choses ne sont pas si simples.

L’aspiration à plus de justice sociale n’est pas contradictoire avec la lutte contre les pollutions et les atteintes à l’environnement.

Jean Gadrey, dans l’hebdomadaire Alternatives économiques du 20 novembre dernier écrit « en France, les 1% les plus riches émettent 40 fois plus de CO2 que les 10% les plus pauvres, mais les 10% les plus pauvres paient 4 fois plus de taxe carbone en proportion de leurs revenus que les 10% les plus riches ».

La nature est elle aussi victime.

Un seul exemple, vérifié par tous les scientifiques et ornithologues sérieux : en 15 ans, 30 % des oiseaux ont disparu en France, nous le voyons nous aussi dans nos jardins et forêts. Plus personne ne dit que ce n’est pas grave.

Alors, les 800 rassemblements qui les premiers vendredi du mois se tiennent dans les villes et villages de France pour que les coquelicots fleurissent dans nos champs ne sont pas inutiles.

Tout comme les signatures de l’appel « Nous voulons des coquelicots ».

Certes ces initiatives sont juste un petit pas, pacifique donc moins médiatisé, mais ils sont aussi l’expression d’une exaspération de ne pas voir les choses avancer, malgré les engagements successifs.

Certes l’abandon des pesticides est programmé, en Europe, mais la reconversion des terres agricoles avance à tous petits pas, alors que les oiseaux et les abeilles disparaissent à grands pas, que les consommateurs sont empoisonnés et que les agriculteurs, les premiers exposés, vivent mal.

Les lobbies au service des entreprises qui vendent les pesticides mettent des moyens colossaux pour influencer ceux qui font la loi et au fil des années, les élus repoussent les décisions quand ils ne reviennent pas dessus.

Il en est de même pour les mesures contre le réchauffement climatique, la disparition des espèces, l’extraction minière, la déforestation.

La France se flattait d’avoir organisé la COP 21 en 2015 et d’avoir fait signer les accords de Paris. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Ce cri d’alerte « Nous voulons des coquelicots » est un combat pour la vie, une façon de dire « ça suffit, assez de tous ces renoncements ».

Il est important d’agir avant que la rage ou le désespoir ne s’imposent à nous quand les coquelicots auront disparu de nos champs.