Libre parole : Les signes de fermeture envoyés par la municipalité de Dieulefit :

Libre parole : Analyse de Mariette Cuvellier

Il y a lieu de s’inquiéter des signes de fermeture, envoyés par la municipalité de Dieulefit.

Défiance à l’égard des militants engagés dans des projets solidaires :

La municipalité a bloqué la création d’un Espace de Vie Social que nous construisions avec le Caisse d’Allocation Familiale, et l’emploi qui y était lié.

Justification de Mme la Maire : « il apparaît que compte tenu de sont engagement militant affirmé, votre association ne peut être porteur d’une telle structure »

Le Collectif Citoyen a du abandonner toutes ses activités dédiées aux plus fragiles (aide aux devoirs, soutien numérique, jardins solidaires) faute de financements.

Une autre association tente de reprendre ces projets dans un contexte financier difficile.

 Défiance à l’égard de la liberté d’expression

Les 17è rencontres citoyennes prévues en octobre seront éventuellement soutenues, si leur contenu convient à l’équipe municipale qui redécouvre la censure.

 Défiance à l’égard de la jeunesse

Aujourd’hui, c’est le délit de marginalité qui est créé : les jeunes du territoire ont créé l’oasis Bizzart travaillant un an pour créer un espace éphémère de grande qualité artistique, avec concerts, performances, débats. 3000 jeunes viennent de fort loin pour partager ces moments et aucune dégradation ou violence n’ont été signalées.
La municipalité reconnaît la qualité des spectacles, mais ne veut plus d’un public qui a un comportement inadmissible dans le village citant «  des déambulations à moitié déshabillées, du camping sauvage, de l’urine en divers endroits »

Dans le même temps le conseil municipal offre les plus beaux espaces Dieulefitois aux campings de luxe qu’aucun jeune ne peut s’offrir.

Il est urgent que la municipalité retrouve le sens de l’accueil, de l’ouverture, de la solidarité qui font défaut aujourd’hui.

Nous espérons qu’en 2019, les jeunes du territoire auront toute leur place, avec leur différence, leur créativité et leur joie de vivre.

Il est indispensable que la municipalité revienne sur sa décision, les accueille à nouveau et leur apporte sa contribution technique en mettant en place des espaces de camping éphémères, avec toilettes et eau comme elle sait le faire pour d’autres événements locaux.

« Dieulefit la ville où nul n’est étranger et dans laquelle les jeunes, les citoyens engagés pour la promotion des valeurs citoyennes ont toute leur place »

 

 

 

 

Libre parole : Subventions et clientélisme à Dieulefit

Le Conseil Municipal de Dieulefit consacré au financement des associations est toujours un grand moment : On y découvre les choix de l’équipe municipale majoritaire en matière d’animations et de soutien aux plus projets annuel et aux plus fragiles de notre cité.

Le budget est conséquent, 82 094€ + 27 600€ pour le festival d’été 

 Intervention du collectif Citoyen : Mme Cuvellier est intervenue à la fin du conseil municipal, mais ses propos ne sont pas mentionnés dans le compte rendu du conseil municipal…

Nous n’avons émis aucune réserve sur les budgets qui ne nous concernent pas.

Analyse des propositions

Les financements sont révélateurs des choix politiques de l’équipe municipale.

Collaboration de la mairie de Dieulefit au fonctionnement ANNUEL des associations locales est de 27 260€

Le budget dédié aux 19 associations qui oeuvrent dans le social est de 9150€

Celui des 14 associations sportives est de 16 150€

Le budget des 6 associations culturelles est de 1300€ (dont 300€ pour l’enfance)

L’association LeLien 26 qui a pris le relai du collectif citoyen reçoit une aide de 900€ pour une année de travail autour de la solidarité numérique, du soutien scolaire et des jardins solidaires !

 Collaboration de la mairie de Dieulefit aux évènements ponctuels

Ce budget s’élève à 47 334€ complété par celui du festival d’été 27 600€ soit 74 934€

Notes : 14 500€ pour une semaine de festival musical, en moyenne 1500€ à 2500€ pour un festival sur un week-end, 3000€ pour une journée de course de voiture ou la wanagain…

Refus : Une fois encore, collectif citoyen n’obtient aucune subvention « le conseil municipal demande que le programme des rencontres soit transmis préalablement au vote de la subvention »

La promotion des valeurs citoyennes, les débats autour de la liberté, de la fraternité, de la tolérance, de la protection de la planète sont devenus suspects

La lutte contre le racisme la xénophobie, n’a plus pignon sur rue.

Et c’est au nom de nos engagements militants trop affirmés, que  le conseil municipal bloque toute subvention depuis 3 ans.

Sa dernière intervention fut de bloquer le projet de la CAF, qui consistait à créer un Espace de Vie Sociale et un emploi pour notre communauté de commune. Un emploi en moins en période de chômage pas de quoi pavoiser …

Nous avons, comme chaque année, souligné ces incohérences, en vain, sans soutien de l’équipe majoritaire.

Retour de la censure pour les rencontres citoyennes

Le Conseil Municipal accepte de revoir sa position pour le financement de la semaine de la citoyenneté prévu du 11 au 14 octobre sous réserve que nous lui présentions en amont un programme PLURIEL qui lui convient.

La seule garantie que nous apportons à l’équipe Municipale, ce sont nos valeurs et notre attachement à la liberté d’expression.

Mariette CUVELLIER

 

 

STOP Linky : une mobilisation importante

Le Collectif « Question citoyenne ; Linky 26″ nous a demandé de publier sur le site du collectif citoyen un article qui fait suite à la réunion qu’il a  organisée au Poët-Laval le 2 février.

Cette réunion, qui a rassemblé plus de cent personnes, à été la preuve que beaucoup de citoyens s’interrogent sur l’installation des compteurs Linky par Enedis.
Depuis sa création le Collectif citoyen a donné la parole à des citoyens soucieux des questions de société et qui débattent ou combattent en excluant toute violence ou invective.

C’est dans cet esprit que le Collectif citoyen publie cet article, qui n’engage que ses auteurs.

Argumentaire-public

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Mode-le-de-lettre-au-maire

Prochaine réunion 

Samedi 21 avril à 18h à la salle des fêtes de Poët Laval

La réunion du 2 février à Poët Laval n’était pas une finalité, mais bien un début !

Pièce jointe : lettre au maire + argumentaire + lettre refus linky à énedis

Vous avez été vraiment nombreux, très très nombreux à répondre à notre invitation de débat sur le compteur Linky, et, nous vous en remercions sincèrement.

Victime de notre succès, nous n’avons pas pu satisfaire toutes les demandes d’informations.

Du fait du grand nombre de demandes, il nous est difficile d’envoyer tous les documents demandés, voici donc, en résumé, les principales actions à mener si vous souhaitez ne pas avoir chez vous le compteur connecté :

1) – Envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception à énedis (modèle ci-joint). Vous pouvez également la trouver sur le site Stop linky France ou sur LEXPRECIA ou Artemisia.

2)- Barricader votre compteur et afficher le double de la lettre envoyée à énedis. A faire dès que vous avez envoyé votre lettre à énedis, nous avons remarqué que de temps en temps, énedis pouvait venir installer le compteur en priorité chez les gens qui l’ont refusé par écrit !

3)- S’inscrire à l’action collective engagée par les avocats du site LEXPRECIA (48€). ATTENTION FIN D INSCRIPTION LE 7 AVRIL

https://lexprecia.com/presse/affiche.pdf

4) -Envoyer une lettre à votre maire en recommandé avec accusé de réception (modèle ci joint)

5)- Allez voir vos conseillers municipaux pour les informer (argumentaire ci joint)

6)- Informer vos voisins avec de très nombreux documents sur les sites ou avec notre argumentaire

7)- Vous rapprocher d’un collectif existant dans votre département

8)- Créer un collectif

Consultez et si affinité s’inscrire sur les sites next up, stop linky France, Stéphane Lhomme, Robin des toits etc.…

Toutes ces actions sont importantes à mener, elles sont individuelles et collectives, les deux sont importantes :

  • individuelles pour refuser le compteur
  • collectives car c’est l’ensemble d’une action menée collectivement qui fera avancer et mobiliser les politiques (voir l’exemple des gaz de schiste, les ogm etc.)

Nous sommes à l’orée d’une main mise sur nos libertés individuelles et qu’elles nous soient confisquées, il nous faut agir.

Nous organiserons une rencontre avec vous tous et vos connaissances qui se font du souci pour leur compteur le samedi 21 avril à 18h à la salle des fêtes de Poët Laval pour s’entraider : aide pour barricader les compteurs pas encore barricader, constitution de groupe de veille pour empêcher énedis de changer les compteurs extérieurs (échange de tél par quartier ou par ville).

Vous pouvez toujours nous joindre sur notre boite mail : questioncitoyennelinky26

Nous nous efforçons de répondre à tous.

Mireille et Ciccina pour le collectif question citoyenne linky 26

Préparation de l’assemblée générale : les actions

L’assemblée générale est un moment d’échange important avec les adhérents.

Nous avons construit ces projets : découvrez les en cliquant sur les liens

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Le  Collectif Citoyen entre dans sa dix-huitième année de bons et loyaux services. Cette association s’est créée pour lutter contre le racisme et la xénophobie en 2002 et fut la création d’élus et de citoyens de Dieulefit.

Notre première création collective furent les Rencontres Citoyennes : chaque année un thème est retenu et les associations partenaires sont associées pour réfléchir le monde que nous voulons solidaire et généreux

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Confrontés aux difficultés de nos concitoyens nous avons mis en place des activités solidaires

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L’Espace public internet : parce que le numérique imposé à tous exclut de nombreux habitants qui ont besoin d’accompagnement

Un  lieu partagé ouvert aux habitants, aux professionnels et aux associations qui le souhaitent ( Nommé Tiers lieu par nos financeurs)

L’accompagnement scolaire aux HLM, en ville, au Collège et prochainement dans des villages partenaires

Les jardins à partager et les bacs en permaculture pour réinventer une autre manière de se nourrir

Le cinécitoyen pour une enfance culturelle, respectueuse des règles du bien vivre ensemble

Invitation aux Rencontres , appel aux dons

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Bonjour,

Le Collectif citoyen organise les 16èmes Rencontres citoyennes du pays de Dieulefit dans la semaine du 10 au 15 octobre.

Vous trouverez en PJ le programme de ces Rencontres auxquelles nous vous invitons.

Nous souhaitons que ces Rencontres soient l’occasion pour les habitants du pays de Dieulefit de venir échanger des idées, lors des débats et des ateliers proposés et de partager des moments de convivialité autour des spectacles.

Cette année le Collectif s’associe avec plusieurs associations ou organisations, qui animeront des ateliers ou tiendront des stands d’information sur les actions qu’elles mènent.

Le samedi après-midi, à la Halle, les Rencontres accueilleront les producteurs de « Champs Libres« , qui organisent ce jour-là leur fête annuelle.

Nous sommes persuadés que ces partenariats feront de ces 16èmes Rencontres une réussite, et nous serons heureux de vous y retrouver.

Les Rencontres citoyennes ont pu exister depuis 2002 parce que chaque année le public était au rendez-vous et parce que nous avons toujours voulu que le choix de nos débats ne soit pas partisan. Leur succès tient à la qualité et à la diversité des intervenants et à la mobilisation et à la gentillesse de ses bénévoles.

Les Rencontres ont toujours été gratuites pour être ouvertes à tous et le Collectif citoyen ne reçoit plus aucune subvention pour leur organisation. C’est un gage d’indépendance, mais nous devons, dans ces conditions, faire appel à la générosité de notre public et de ceux qui nous soutiennent.

Vous trouverez en PJ une fiche APPEL à DON, que vous pourrez nous retourner par courrier ou nous remettre lors des Rencontres.

Nous vous remercions par avance pour votre présence à l’occasion des Rencontres 2017 et, si vos moyens le permettent, pour votre solidarité financière.

Bien amicalement

L’équipe d’organisation des Rencontres citoyennes 2017,

 

Osez prendre la parole

Le collectif Citoyen a 15 ans et nous avons décidé de nous poser, pour réfléchir l’avenir avec vous. 

 Rêves de démocratie : redonner une clé de la cité aux citoyens

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C’est le projet de l’année 2017 ! Un beau projet citoyen !

Consultez l’enquête participative 

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Un peu d’histoire

Notre association loi 1901 est née il y a quinze ans sur une inquiétude : En 2002 notre société nous est apparue  bien malade et nous nous sommes portés à son chevet  en construisant d’autres manières de vivre ensemble, de partager, de dialoguer.

Quelle aventure que de faire vivre un collectif aussi divers que le notre, dans une société aussi cloisonnée et aussi conflictuelle ! Nous avons réussi ce pari et traversé les tempêtes et nous en sommes fiers.

Aujourd’hui, le Collectif Citoyen se stabilise avec une lisibilité financière très courte et des ambitions sociales, solidaires, éducatives, culturelles qui restent fortes.

Mais, nous comptons bien avancer, réussir le pari d’être une association qui permet à chacun de s’exprimer, de partager, d’aider, d’accompagner, de rêver, bref tout ce qui est indispensable pour faire société.

Cet enjeu est d’autant plus important aujourd’hui, que nous subissons l’avancée des idées nauséabondes qui font exploser les sociétés, et des ruptures importantes qui laissent de plus en plus de gens et de jeunes au bord du chemin.

Plus que jamais, nous devons offrir a nos concitoyens des messages de paix, de respect, de fraternité, de liberté.

Plus que jamais, nous devons ouvrir des espaces de parole, d’expression et de participation citoyenne, parce que la cité appartient à tous et que chacun doit et peut y être acteur. Encore faut -il que les portes soient ouvertes et que nos représentants consentent à nous entendre !

Ouvrir le portes, libérer la parole,  c’est ce que nous faisons à travers les rencontres citoyennes, le cinécitoyen dans les écoles, mais aussi à travers l’enquête que nous  avons réalisée, en partenariat avec la Caisse d’allocation familiale qui soutient nos actions.

Alors, nous nous mettons à la tâche en collectant la parole des habitants via une ENQUETE PARTICIPATIVE.
Remplissez l’enquête déposez-là au Collectif Citoyen 45 rue du Bourg ou aux HLM

Les résultats seront transmis aux habitants et aux élus lors d’une réunion publique et nous tracerons ensemble les projets à construire pour notre cité.

A vos crayons !

Appel des jeunes pour l’emploi

Plus de 500 000 personnes se sont mobilisées partout en France le 9 mars dernier pour demander le retrait du projet de loi « Travail ». Parmi les manifestant.e.s, ce sont près de 100 000 jeunes, étudiant.e.s, lycéen.ne.s et jeunes travailleu.se.rs, privé.e.s d’emploi qui sont descendu.e.s dans la rue avec une détermination qui ne cessera de s’accroitre pour obtenir de meilleures perspectives pour la jeunesse, un emploi choisi, stable et de qualité ainsi que le maintien des garanties collectives. 

Dans la lignée de cette forte mobilisation, nous appelons tous les jeunes à une nouvelle journée d’action le 17 mars prochain pour exiger le retrait sans conditions de ce projet de loi régressif, et porter haut et fort nos contre-propositions pour lutter contre le chômage et garantir à tou.te.s un droit à un avenir stable : 

  • Pour les apprenti.e.s et les stagiaires : rémunération et droits à la hauteur du poste occupé. Pas de rémunération en dessous du SMIC et mêmes droits que les autres salarié.e.s comprenant une protection sociale. La fin de la discrimination par l’âge dans le calcul de la rémunération des apprenti.e.s. L’apprentissage ne doit être légal qu’à partir de 16 ans et doit déboucher sur un emploi stable.

  • La mise à disposition de budgets supplémentaires pour offrir à tous les jeunes une éducation avec une formation de qualité. Mettre en place une véritable protection sociale durant leurs études avec un revenu, ainsi que compter les années d’études dans le calcul de la retraite et de l’assurance chômage.

  • En finir avec la précarité : le CDI comme norme d’emploi, la répartition par la diminution du temps de travail sans baisse de salaire entre toutes et tous pour en finir avec le chômage et assurer une protection sociale suffisante à chacun, salarié.e.s comme personnes sans emploi.

Pour cela, en s’organisant au sein des lycées, universités, quartiers et entreprises, nous appelons tou.t.es les jeunes à amplifier le mouvement et à se mobiliser massivement le 17 mars prochain, ainsi que lors des futures échéances, notamment lors de la journée de mobilisation générale appelée par l’intersyndicale au niveau national le 31 mars.

Alternative libertaire, CGT jeunes, DIDF, Ensemble, FIDL, Génération précaire, JC, Jeunes écologistes, JOC, Maison des potes, MJS, MRJC, Nouvelle Donne campus, NPA, Osez le féminisme !, PG, Solidaires étudiant-e-s, SOS racisme, Syndicat général des lycéens, UEC, UNEF, UNL

Nous pourrions aider nos concitoyens !

Sauver-des-viesArrivée de familles et d’enfants sans logis sans amis sans école

PB070218300 chambres libres à Dieulefit : les financiers nous ont volé le plus beau patrimoine Dieulefitois. On a de la place !

Soyons justes au pays des justes !
. Au nom de « l’extrême urgence » de la situation des migrants et des tensions croissantes dans le Calaisis, la préfecture a ordonné aux migrants vivant sur la zone sud du bidonville de Calais de quitter les lieux.

Pourquoi vous opposez-vous à l’évacuation d’une partie de ce bidonville ?

François Guennoc Nous ne voulons pas maintenir le bidonville, qui n’est évidemment pas une solution durable. Mais nous sommes très opposés à l’éviction qui se prépare. Les solutions offertes aujourd’hui sont insuffisantes en quantité et en qualité. Il n’y a que 300 places disponibles dans le camp de conteneurs installé par l’État, qui s’apprête à évacuer 3 450 personnes de la zone sud du bidonville, selon notre propre recensement. Et l’on ne peut se satisfaire de ces conteneurs, où l’on ne peut rester que debout ou allongé. Il n’y a pas d’espace intime ou de convivialité, ni de vie culturelle ou religieuse. Beaucoup de migrants ne veulent y aller. Quant aux départs vers les centres d’accueil et d’orientation (CAO), disséminés sur le territoire, ils se font au compte-gouttes, environ une centaine par semaine.

Pourquoi ?

François Guennoc Les informations circulent vite entre les réfugiés. Beaucoup savent désormais que ces centres se situent, pour la plupart, dans des zones isolées, et ne leur sont proposées que pour une courte durée. Certains CAO, il faut le dire, fonctionnent bien, avec une forte présence d’associations qui accompagnent les migrants dans leur projet : demander l’asile, repartir au pays, travailler le rapprochement familial avec un proche en Grande-Bretagne… Mais ce n’est pas le cas partout. Certains préfets ont sorti les réfugiés des CAO pour les mettre à l’hôtel sans le moindre accompagnement avant de les placer en centre de rétention. Une partie d’entre eux sont expulsables, en vertu du règlement de Dublin, et peuvent être renvoyés vers le premier pays d’entrée dans l’Union européenne. Les réfugiés ont peur de cela. Un des problèmes qui nous préoccupe le plus, c’est la situation des 400 mineurs non accompagnés de la « jungle ». L’État ne prévoit pas la scolarisation des enfants dans le centre Jules-Ferry, ni dans les conteneurs.

Bernard Cazeneuve, qui a visité hier un CAO, a rappelé que « l’État n’avait jamais déployé autant d’efforts humanitaires » à Calais.

François Guennoc On ne peut le nier. L’ouverture du centre Jules-Ferry pour accueillir les femmes et les enfants, la distribution d’environ 2 000 repas par jour, la mise à disposition de douches, de points pour recharger les téléphones, c’est positif. Mais évacuer la zone sud, où se trouvent les deux tiers de la population du camp, ne va pas améliorer le problème, mais le disperser. Certains migrants vont se réfugier dans des maisons vides à Calais, d’autres vont se cacher dans les bois, dans les dunes ou grossir d’autres camps de la région. Près de 60 personnes sont arrivées en deux jours à Norrent-Fontes et d’autres ont déjà rejoint Isbergues. D’autres iront à Dieppe ou Zeebruges. Cela ne fera qu’entraîner de la violence. À chaque fois, c’est la même chose. Les policiers mobilisés sur le bidonville ne peuvent être mobilisés pour assurer la sécurité publique, explique la préfète, mais ces mêmes policiers seront contraints, après l’expulsion, de faire la chasse aux migrants pour les empêcher de planter une tente, d’investir une maison vide… Le gouvernement a une approche médiatique et politique. Il va dans le sens de ce que demande une partie de la population calaisienne, de la droite et de l’extrême droite, en répondant par la force, et ce afin de montrer qu’il maîtrise la situation. Il veut prouver sa politique dite « de fermeté et d’humanité ». L’humanité, c’est les conteneurs, les CAO et le centre Jules-Ferry, et la fermeté, c’est l’expulsion. Mais les arrêtés d’expulsions à répétition ne font pas de véritables solutions. On ne fait pas une politique à coup de bulldozer.

Que faudrait-il faire ? Les laisser passer en Grande-Bretagne ?

François Guennoc Ceux qui veulent toujours passer en Grande-Bretagne ont de bonnes raisons de le faire. Ils parlent anglais, et non français, et ont bien souvent des parents ou des amis déjà installés là-bas. Ils savent également qu’ils ont plus de chance de trouver un travail et de s’intégrer outre-Manche qu’en France, où l’accueil ne leur donne clairement pas envie de rester. Une solution durable ne sera donc qu’européenne. Il faut revoir les accords de Dublin et renégocier les accords du Touquet, en particulier pour régler la question des mineurs isolés. Lorsqu’ils ont de la famille en Angleterre, ils devraient bénéficier d’une prise en charge et d’un billet de ferry pour traverser la Manche.

Et que doit faire l’État à Calais ?

François Guennoc Pour résoudre le problème, il faut d’abord suspendre l’expulsion, et mettre tout le monde autour de la table. Des solutions existent. Elles sont prévues par nos textes, et des préconisations ont récemment été effectuées par le Défenseur de droits. L’État doit les mettre en place en travaillant avec les associations, et non en détruisant leur travail. C’est grâce à elles, et aux 6 000 bénévoles venus dans la « jungle », que l’on retrouve dans la zone sud le plus d’accès aux droits, de services pour aider les migrants, des écoles, une maison des femmes, etc. Nous ne pouvons accepter qu’il détruise tout ce travail. Plutôt que de mépriser le travail des associations, ou de les utiliser, l’État ferait mieux de travailler avec elles pour supprimer le bidonville, mais en prenant le temps nécessaire pour trouver de vraies solutions.

François Guennoc est Secrétaire de l’Auberge des migrants