Autonomie alimentaire

L’alimentation

C’est un sujet que nous travaillons depuis plusieurs années avec divers intervenants agriculteurs, consommateurs, élus.

Qu’en disent les habitants :

Tous ont le même rêve d’accéder à une nourriture de qualité, sans pesticides, et faire de l’alimentation un acteur de leur santé.

Mais ces rêves sont conditionnés par le pouvoir d’achat et selon les revenus les discours sont différents.

Pour les plus aisés, nos territoires ruraux semblent satisfaisants en termes de diversité, de produits de qualité, d’accès aux circuits courts et aux commerces innovants.


Pour les plus fragiles la situation est difficile.
Les salaires sont bloqués depuis des années. Confrontés à la montée des dépenses obligatoires (énergies, eau, transports…) les familles font de l’alimentation la dernière marge d’ajustement pour finir le mois sans déficit.

Les prix sont décrits comme prohibitifs dans notre ville touristique et cela invitent les consommateurs à rejoindre les pôles urbains (Montélimar, Valréas…) qui permettent des achats à prix plus accessibles. « Nous sommes les RPN (Riz, Pâtes, Nouilles) exprime une habitante et la viande pas besoin de nous dire de diminuer, c’est comme les fruits et légumes on en mange rarement. »

La solidarité est essentielle dans nos territoires sous forte pression financière

Merci aux restos du cœur, à l’épicerie solidaire mise en place par la croix rouge et le CCAS, aux bénévoles qui accueillent les habitants avec beaucoup de bienveillance, et aux donateurs.

Cependant ces aides sont dédiées à des habitants en grandes difficultés.
Des habitants aux salaires faibles demandent aussi des solutions en matière d’alimentation. 

Autonomie alimentaire : les vrais problèmes

Notre pays peut s’honorer de répondre aux besoins de la population. Mais il reste sous pression de l’agriculture intensive qui a été mise en place après-guerre pour répondre à un défi : nourrir notre pays. Ils ont relevé le défi et on leur reproche aujourd’hui les méthodes qui leur furent imposées ! Les accompagner vers les transformations indispensables serait plus efficace.

L’autre pression est un recul de l’indépendance alimentaire, de nombreux produits arrivant du bout du monde, souvent sans aucun contrôle de qualité. Le vote des traités de libre échange permet l’arrivée de produits à bas coûts, chargés en pesticides que l’on retrouve sur nos étalages. 

L’installation de jeunes agriculteurs dans nos contrées est difficile : coût du foncier, captation des terres par les agriculteurs en place.

Quelles solutions ?

Les initiatives locales 

Le Collectif Citoyen et d’autres acteurs se sont mobilisés depuis des années

  • Création de bacs à jardiner aux HLM et à l’hôpital
  • Mise en place de l’opération jardins à partager : une personnes âgée prête son jardin et on partage
  • Formations en compostage et en agroforesterie pour l création de potagers solidaires
  • Une conférence sur ces thèmes à chaque rencontre citoyenne
  • Les jardins dans le bourg de Christian et les jardins de la rigole

Ce sont de belles initiatives à essaimer mais insuffisantes tant qu’on n’aura pas réglé les problèmes suivants :

Manque d’eau + manque de foncier + connaissances du jardinage à approfondir + travail participatif à initier car jardiner ensemble ça rassemble.

A l’échelle du territoire : construire des projets alimentaires

Faire un bilan des réserves foncières et des jachères à remettre en culture

Mettre du foncier à disposition des agriculteurs 

Soutenir financièrement les projets (financements locaux – européens…) liés à une charte de fonctionnement encadrant les prix de vente pour rendre la nourriture de qualité accessible tous

Nationalement ou régionalement : les pactes alimentaires

En finir avec les traités de libre échange qui inondent nos marchés de produits de mauvaise qualité liés à des pratiques culturale esclavagistes.

En finir avec les produits qui font la moitié de la planète avant d’être consommés

Redéfinir les axes de l’autonomie alimentaires en prenant en compte les réalités.

Réduire les marges des intermédiaires (producteurs, distributeurs, industriels), pour faire baisser les prix

Imposer des adaptations aux intermédiaires qui un rôle à jouer , les circuit courts, AMAP ne pourront pas résoudre seul le problème

Soutenir financièrement et prioritairement les fermes qui s’engagent dans des démarches qualité, s’engage dans la supression des intrants chimiques.

Quelques repères 

96% des habitants souhaitent « acheter local »
Mais seulement 2% de baisse des importations ont été constatées
Importation de notre alimentation 20%
Les produits importés :  50% de fruits et légumes, 25% de viande de porc, 34% de volaille, 50% de protéine végétale
Les aides de 9 milliards ne soutiennent pas les petits producteurs inscrits dans des démarche qualité
25% des produits importés ne correspondent pas aux normes Françaises
L’agriculture industrielle coûte chaque année 53 millions de dépollution de l‘eau
Investir dans le maraîchage qui est calibré : 2 ha par producteur, 1500 M2 de serres, 10 000€ d’investissement par exploitation 
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