Libre parole: je suis en colère !Hervé Féron Maire de Tomblaine.

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Bonjour, je suis en colère.

Nous sommes aujourd’hui le lundi 30 mars 2020, depuis plusieurs semaines une terrible pandémie s’est abattue sur le monde et sur la France. Partout, il est évident que les personnes les plus exposées, sont celles qui sont les plus fragiles de par leur âge, leur état de santé, mais aussi de conditions socio-économiques les plus précaires. Vous savez, ceux qui, confinés, n’ont pas de jardin pour prendre l’air, ceux dont les enfants dorment à plusieurs par chambre, ceux qui ne gagnaient déjà pas grand chose et qui ne verront aucune aide venir, ceux qui font partie des 13 millions de français qui n’ont pas internet, pas d’ordinateur, pas d’imprimante, qui ne sont pas informés, qui ne peuvent pas imprimer d’attestation pour sortir, qui ne peuvent pas se connecter pour obtenir les devoirs à faire faire aux enfants à la maison…

Il est notoire que les premiers qu’on abandonne sont toujours les plus vulnérables. 

Je suis le maire d’une commune de 9163 habitants en Meurthe et Moselle : Tomblaine. Je sais qu’il n’est pas politiquement correct de dire la vérité haut et fort, en particulier en cette période où la solidarité doit être le ciment d’une certaine « union sacrée »…

Mais voilà, je ne sais pas aujourd’hui si je pourrai témoigner demain et surtout je suis en colère. La colère quand elle est terriblement fondée, comme c’est ici le cas, mérite d’être écrite, pour être raisonnée.

J’ai été en colère, hier lorsque j’ai entendu le ministre de la santé, au bout de quinze jours de confinement, donner ses consignes à la télévision, pour inciter, « dans les EHPAD, à faire porter les repas dans les chambres des 
personnes âgées. » Mais qu’est-ce qu’il croit ? Qu’on l’a attendu pour prendre nos responsabilités ? 
Il vient de naître celui-là ? Il faudrait qu’il vienne un peu voir ce qu’il se passe sur le terrain !

Je suis en colère après ces gouvernements successifs qui depuis longtemps ont démantelé les hôpitaux publics, par la suppression massive de postes et de moyens, et abandonné l’accessibilité aux soins pour tous dans notre pays. Ces gouvernements qui ont créé de toutes pièces l’impuissance d’Etat d’aujourd’hui.

Je suis en colère quand je vois des élus, barons locaux faire des opérations de communication dans les médias quand ils n’ont eu de cesse de participer eux-mêmes à cette casse du service public.

Je suis en colère après ce gouvernement qui n’a rien anticipé, qui n’a rien prévu, alors qu’on a connaissance de ce risque depuis des mois et qu’il aurait fallu commander des masques de protection, des quantités de solution hydroalcoolique et des matériels d’assistance à respiration en nombre. En colère face à l’indécence de ce gouvernement qui a préféré ne pas prendre le risque de dépenser pour protéger la population, quand par ailleurs il a su donner des millions de cadeaux aux plus nantis en leur aménageant un Impôt Sur la Fortune sur mesure…

Je suis en colère face à l’irresponsabilité de ce gouvernement qui a tardé, en connaissance de cause, à mettre en place le confinement des populations, pour tenter coûte que coûte de permettre la mise en œuvre des élections municipales !

Je suis en colère après ce gouvernement et ce Président qui ont su organiser, pendant des mois, la répression violente contre les infirmières manifestantes et contre les pompiers en grève, les frappant, les bousculant, les gazant et qui aujourd’hui viennent les encenser, les remercier et leur promettre de misérables aménagements de salaire, comme pour s’approprier les valeurs de cette France courageuse, honorable et solidaire, qui donne quotidiennement leçons aux gouvernants défaillants.

Je suis en colère après ce Gouvernement engagé depuis des mois avec violence dans la casse de notre système de protection sociale et de retraites et après ce Président qui, à l’occasion de cette terrible crise, vient nous faire un numéro de communication à la télévision, pour louer ce même système de protection à la Française…

Je suis en colère après ces gouvernants qui ont créé les Grandes Régions, dans une approche libérale, pour ne pas dire irresponsablement mercantile, éloignant encore plus et fragilisant les services dûs au public.

Je suis en colère contre ces gouvernements, qui depuis 12 ans n’ont jamais cessé de diminuer les dotations aux Communes, pour les appauvrir et utiliser leurs moyens confisqués, pour couvrir une partie du déficit de l’Etat.

En colère contre ces Présidents de Métropole, gros barons régionaux qui ont vampirisé les domaines de compétence des maires pour mieux assoir leur pouvoir sans partage. En colère, parce que ces maires, à qui on a enlevé tous les moyens de faire vivre des politiques publiques sur leur territoire, les Présidents et ministres se rappellent soudain qu’ils existent et qu’ils sont indispensables, chaque fois qu’il y a une situation de crise. Souvenez-vous au lendemain des attentats du Bataclan, puis la révolte des gilets jaunes, et aujourd’hui le coronavirus ! Qui assume le service de proximité, la cohésion sociale, les secours d’urgence ??? Les maires, parce qu’ils sont sur le terrain, comme les professionnels de santé.

Je suis en colère, parce que depuis des années, l’incompétence d’Etat par les choix contraires aux valeurs de la République, a conduit toute une partie de la population vieillissante à ne pas avoir les moyens de se payer une place en EPAHD. Alors les maires, qui n’en ont pas compétence, ont créé des foyers résidences pour des personnes soit disant autonomes. Et de plus en plus, hors périodes de crises, pour libérer des lits, voire pour faire du chiffre, les hôpitaux libèrent ces personnes âgées pour les placer en « hospitalisation à domicile » dans ces résidences non médicalisées. Ainsi, il y a un transfert de charges financières et de responsabilités énorme sur le dos des maires et des employés municipaux…

Je suis en colère parce que dans ma ville, il y a un Foyer-Résidence de ce type, pour personnes âgées autonomes… Depuis le début de la crise, nos personnels municipaux sont mobilisés, parfois même sur des métiers qui ne sont pas les leurs, ils sont admirables, ils sont héroïques. 

Je suis en colère, parce que depuis des semaines, nous attendons de l’aide de la part du Conseil Départemental et de l’ARS (Agence Régionale de Santé). Rien, aucune aide, aucun soutien matériel, aucun soutien logistique, aucun renfort humain. Ils sont absents de nos territoires. Alors quand je vois dans la presse leurs responsables venir donner des leçons et expliquer, en mentant, ce qu’ils disent qu’ils font… je suis en colère. Savez-vous que depuis plus d’un mois, nous avons demandé à l’ARS par téléphone, par mail, par sms, des masques de protection pour nos personnels municipaux qui travaillent jour et nuit pour protéger ces 56 personnes âgées. L’ARS n’a même pas daigné nous répondre !!! Quel mépris ! Quelle médiocrité ! 

Et ce qui me met le plus en colère, c’est quand le Conseil Départemental, comme l’ARS, nous adressent avec insistance des documents à remplir pour nous donner des consignes (d’ailleurs parfois stupides et contradictoires, je conserve les écrits…) et pour contrôler ce que nous mettons en œuvre sur le terrain ! Voilà qu’ils nous demandent des comptes !!! 
On croit rêver. Désolé, on n’a pas le temps de vous répondre, on est en train de porter secours à une dame de 98 ans !!!

Enfin, je suis en colère après ce sale con et je vous demande de ne pas excuser ma trivialité, qui ce matin est venu de Nancy, parce qu’il avait repéré qu’à Tomblaine il y a un Foyer Résidence de personnes âgées, en état de grande vulnérabilité, parce que abandonné des pouvoirs publics. Un monsieur, aide à domicile de métier, était venu pour assister une des personnes âgées de ce Foyer, dans le cadre de son métier. Il était venu en vélo. Le sale con lui a volé son vélo, quand l’aide à domicile travaillait au péril de sa vie. 

Je suis en colère aussi parce que le sale con a été vu et que la police a été appelée, mais n’a pas répondu alors qu’il était encore temps de récupérer le vélo. Lorsque dix minutes plus tard on a rappelé la police, il a été répondu que la police ne pouvait pas se déplacer à cause de l’épidémie et qu’il fallait que l’aide à domicile se déplace pour déposer une main courante au commissariat !!! Là encore, on croit rêver ! 

Il est notoire que les premiers qu’on abandonne sont toujours les plus vulnérables.

Ce qui me motive, c’est quand je constate le formidable élan de solidarité des innombrables anonymes, qui s’est déclaré spontanément dans nos Communes, dans nos quartiers, dans nos rues, c’est le courage de tous les personnels soignants et accompagnants, c’est la générosité manifestée, c’est un élan d’amour spontané et collectif exprimé en tapant sur des gamelles à 20h chaque soir pour dire merci à ceux qui risquent leur peau, merci à ceux qui prennent soin des autres rien qu’en étant prudents, et crier au monde entier « merci d’être vivants » !
Je hais les égoïstes et les imbéciles comme ce voleur de vélo. Et je vous en veux à vous les puissants, les nantis qui avez failli à votre mission, parce que vous êtes médiocres et que seuls les résultats des prochaines élections vous intéressent. Je ne suis pas de votre monde, nous ne sommes pas du même monde. Il est temps qu’on vous le fasse entendre. 

J’ai écrit ma colère, parce que j’émets le vœu qu’après tout cela, des milliers, des millions de français heureusement rescapés engorgeront vos putains de tribunaux pour porter plainte contre vous pour « abandon de la population et en particulier des plus vulnérables ».

Et j’espère que vous serez condamnés, au moins aux yeux de l’histoire.

Alors je lance un appel sur les réseaux sociaux, partagez ce message, partagez ma colère, partagez…

Vive la République.
Hervé Féron
Maire de Tomblaine.

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Notre modèle économique est mortière

TRIBUNE

Libre parole Pierre Khalfa Economiste

Pierre Khalfa : « La crise du coronavirus montre que le régime économique et social actuel est mortifère »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Pierre Khalfa réagit à celle publiée par le Prix Nobel d’économie français Jean Tirole et estime que c’est « le mode de développement induit par le capitalisme productiviste » qui est aujourd’hui responsable de la crise économique planétaire.

Tribune. Il semble que la crise sanitaire actuelle soit propice à des prises de position à première vue surprenantes. Après Emmanuel Macron, suivi par ses ministres, faisant l’éloge de l’Etat-providence et des services publics et affirmant que le jour d’après ne ressemblerait pas au jour d’avant, voici le Prix Nobel d’économie (2014) Jean Tirole qui, dans un point de vue dans Le Monde (« Allons-nous enfin apprendre notre leçon »Le Monde du 26 mars), appelle à un changement de comportement et de politique.

Pour quelqu’un qui avait soutenu sans faillir les politiques néolibérales, voilà une prise de position qui mérite attention. Jean Tirole serait-il sur son chemin de Damas ?

Tout d’abord, il faut remarquer qu’il évoque non pas l’économie, mais les sciences sociales. Assez curieux pour quelqu’un qui s’était vivement opposé à la création dans les universités d’une section « Institutions, économie, territoire et société », visant à intégrer l’économie au sein d’un ensemble plus vaste, au motif que cela serait « une catastrophe pour la visibilité et l’avenir de la recherche en sciences économiques dans notre pays ». Remords tardif, prise de conscience ?…

Mais l’essentiel n’est pas là. Jean Tirole dénonce le fait que « nous sous-investissons dans l’éducation et la formation continue ; nous négligeons le combat contre le changement climatique et diverses autres politiques qui limiteraient les dommages causés à la prochaine génération par le climat, l’intelligence artificielle, la dette, l’inégalité et autres défis imminents ».Article réservé à nos abonnés Lire aussi  « Le coronavirus est en train de faire vaciller le mythe déjà chancelant de la mondialisation heureuse »

Mais qui est donc ce « nous » ? Ce « nous », ce sont pour lui « les peuples [qui] ont une mémoire courte, ils apprennent rarement de l’histoire », ce sont aussi « les citoyens [qui] ne mettent pas systématiquement la vie au-dessus de l’argent et ne sont pas prêts à réduire considérablement leur consommation en échange d’un monde plus sûr ».

La cupidité des plus riches

Ce seraient donc les peuples qui ont décidé de démanteler le système de santé, de réduire drastiquement les moyens de l’hôpital public, de diminuer considérablement le nombre de lits, d’en finir avec les stocks de masques au motif que cela était trop coûteux, etc.

Ce ne serait donc pas la cupidité des plus riches qui s’accaparent la richesse créée, ce ne serait pas le fonctionnement du capitalisme financiarisé, avec les flux incessants de marchandises à travers la planète, qui serait une des causes majeures du réchauffement climatique, ce ne seraient pas les délocalisations opérées par les multinationales dans les pays à bas salaires et aux droits sociaux réduits, combinées à la logique du « zéro stock » et des flux tendus, qui auraient entraîné une dépendance vis-à-vis de quelques pays devenus les « ateliers du monde », en particulier la Chine.

Faire reposer sur les peuples des responsabilités qui ne sont pas les leurs a toujours été la rengaine des dominants

Non, tout ce qui nous arrive, ce serait la faute des peuples et des citoyens. Faire reposer sur les peuples des responsabilités qui ne sont pas les leurs a toujours été la rengaine des dominants.

La ficelle est quand même un peu grosse. Ainsi est mise de côté la responsabilité des gouvernements et des économistes néolibéraux qui les conseillent et est innocentée la logique d’un système qui fait du profit maximal son moteur. Le mode de développement induit par le capitalisme productiviste n’est même pas évoqué alors même que la dégradation accélérée des habitats des animaux, qui a détruit les barrières biologiques protectrices des êtres humains, est une des causes du passage des virus de l’animal à l’être humain.

Logique comptable et managériale

Ainsi, nous dit-il à propos de la santé, « nous ne pouvons pas échapper à la rationalisation de l’allocation des budgets existants ». Il propose donc de continuer d’appliquer la logique comptable et managériale qui a mené à la catastrophe présente. La seule solution qu’il envisage est « de repenser notre répartition collective des ressources entre les biens de consommation courante d’un côté, et la santé et l’éducation de l’autre ». En clair, cela signifie réduire la « consommation courante », c’est-à-dire le niveau de vie de toutes et tous, l’adjectif « courante » prenant ici toute sa signification.

Toutes celles et tous ceux qui ont du mal à boucler leur fin de mois apprécieront. Il ne s’agit donc pas de s’attaquer à la consommation ostentatoire des plus riches et encore moins de transformer radicalement le mode de consommation actuel induit par le capitalisme productiviste, qui fait de l’accumulation sans fin de marchandises le moteur de l’économie.

Concernant le changement climatique, il persiste dans la défense des « incitations financières » refusant toute réglementation et normes, alors même que les limites du « signal prix » sont manifestes en l’absence de contraintes fortes imposées aux entreprises.

La crise du coronavirus montre une fois de plus que le régime économique et social actuel est mortifère au premier sens de ce mot. Elle pourrait être l’occasion de prises de conscience salutaires. Mais elle peut être aussi l’occasion de discours en trompe-l’œil. Jean Tirole nous en offre un exemple patent.



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Nous ne vous laisserons plus nous voler notre vie

Libre parole Annie Ernaux écrivain

Monsieur le Président,

« Je vous fais une lettre/ Que vous lirez peut-être/ Si vous avez le temps ». À vous qui êtes féru de littérature, cette entrée en matière évoque sans doute quelque chose. 

C’est le début de la chanson de Boris Vian Le déserteur, écrite en 1954, entre la guerre d’Indochine et celle d’Algérie. 

Aujourd’hui, quoique vous le proclamiez, nous ne sommes pas en guerre, l’ennemi ici n’est pas humain, pas notre semblable, il n’a ni pensée ni volonté de nuire, ignore les frontières et les différences sociales, se reproduit à l’aveugle en sautant d’un individu à un autre. 

Les armes, puisque vous tenez à ce lexique guerrier, ce sont les lits d’hôpital, les respirateurs, les masques et les tests, c’est le nombre de médecins, de scientifiques, de soignants. 

Or, depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé et ce qu’on pouvait lire sur la banderole  d’une manif  en novembre dernier –L’état compte ses sous, on comptera les morts – résonne tragiquement aujourd’hui. 

Mais vous avez préféré écouter ceux qui prônent le désengagement de l’Etat, préconisant l’optimisation des ressources, la régulation des flux, tout ce jargon technocratique dépourvu de chair qui noie le poisson de la réalité. 

Mais regardez, ce sont les services publics qui, en ce moment, assurent majoritairement le fonctionnement du pays :  les hôpitaux, l’Education nationale et ses milliers de professeurs, d’instituteurs si mal payés, EDF, la Poste, le métro et la SNCF. 

Et ceux dont, naguère, vous avez dit qu’ils n’étaient rien, sont maintenant tout, eux qui continuent de vider les poubelles, de taper les produits aux caisses, de livrer des pizzas, de garantir cette vie aussi indispensable que l’intellectuelle, la vie matérielle.  

Choix étrange que le mot « résilience », signifiant reconstruction après un traumatisme. Nous n’en sommes pas là. 

Prenez garde, Monsieur le Président, aux effets de ce temps de confinement, de bouleversement du cours des choses. C’est un temps propice aux remises en cause. 

Un temps   pour désirer un nouveau monde. Pas le vôtre ! Pas celui où les décideurs et financiers reprennent déjà sans pudeur l’antienne du « travailler plus », jusqu’à 60 heures par semaine. 

Nous sommes nombreux à ne plus vouloir d’un monde dont l’épidémie révèle les inégalités criantes, Nombreux à vouloir au contraire un monde où les besoins essentiels, se nourrir sainement, se soigner, se loger, s’éduquer, se cultiver, soient garantis à tous, un monde dont les solidarités actuelles montrent, justement, la possibilité. 

Sachez, Monsieur le Président, que nous ne laisserons plus nous voler notre vie, nous n’avons qu’elle, et « rien ne vaut la vie » –  chanson, encore, d’Alain  Souchon. 

Ni bâillonner durablement nos libertés démocratiques, aujourd’hui restreintes, liberté qui permet à ma lettre – contrairement à celle de Boris Vian, interdite de radio – d’être lue ce matin sur les ondes d’une radio nationale.

Annie Ernaux

Il faudra rendre des comptes

Libre parole

Ils devront nous rendre des comptes!! M. Balussou

Cela fait bientôt un mois que cette saloperie de coronavirus nous angoisse et nous enlève des parents ou des amis. Cela fait aussi un mois que Macron et son gouvernement tâtonnent, tergiversent, hésitent. Et, in fine, ils ont toujours un train de retard pour prendre des décisions sanitaires avec les conséquences dramatiques que cela engendre inévitablement.

Quant aux décisions économiques et sociales, non seulement elles ont, elles aussi tardé, mais elles sont toujours motivées par l’obsession de nos dirigeants à vouloir encore protéger, même dans les heures les plus sombres leurs amis, grands patrons et groupes financiers. Ils consentent à saupoudrer quelques miettes à nous tous, salariés, chômeurs, vieux… pour tenter de nous calmer et de faire taire  » ceux qui voudraient fracturer le pays ou qui n’auront pas été à la hauteur »comme a osé le dire Macron sans honte!

Leur plan d’urgence sanitaire qui détricote encore un peu plus les droits des travailleurs n’aurait été élaboré que pour sauver l’économie du pays, se justifient-ils et n’aurait qu’une durée limitée. Sauf que Le Maire a dû pourtant avoué que ce sera jusqu’au 31 Décembre 2020! Pourquoi si longtemps, si ce n’est pour tenter de le pérenniser quand, ils l’espèrent, les Français en auront peut-être oublié les reculs importants?

Mais, à l’opposé, les entreprises petites ou grandes bénéficieront, elles de reports voire de l’annulation de remboursements de prêts, des factures d’eau, d’électricité ou de gaz. Rien d’analogue pour les plus fragiles d’entre nous qui, s’ils parviennent à survivre au virus, croupiront faute d’aides indispensables de la collectivité nationale.

Ah si ! Macron évoque sans vergogne mais sans échéance, le versement d’une prime de 1000 euros, une, aux agents hospitaliers soit 80 euros (!) par mois pendant une année à venir! Quel mépris pour celles et ceux qui auront risqué leurs vies durant des semaines et des mois pour sauver les notres. Mais ce ne sont pas des primes ponctuelles que ces professionnels demandent. C’est une reconnaissance décente de la part de la Nation qu’ils réclament par une revalorisation conséquente de leurs salaires ! Ils veulent que le gouvernement les entende enfin pour l’amélioration nécessaire de leurs conditions de travail pour eux et les malades que nous sommes toutes et tous potentiellement.

A côté de cela, la BCE inonde les banques de 750 Milliards d’euros de liquidités, le G20 de 5000 Milliards, oui cinq mille!!!!!!!!!! Pour qui? Pour quoi? Sauver l’ordre ultra-libéral d’une mondialisation financiarisée et capitalistique qu’il faut à tout prix épargner et même conforter.

L’Europe, elle, est plus prompte à fliquer les citoyens grâce à des bornes permettant la traçabilité des portables des porteurs du virus, parait-il, qu’à investir massivement dans les services publics de nos pays.

Le foutage de gueule continue! C’est insupportable! Pendant ce temps, les malades agonisent, les vieux meurent dans les EHPAD, les soignants s’épuisent et se contaminent faute de protection, les éboueurs s’exposent aussi aux pires dangers, les caissières affrontent en permanence le coronavirus, les travailleurs du nucléaire, déjà confrontés aux risques majeurs de contamination nucléaire, continuent à travailler sans les protections élémentaires pourtant rappelées par l’ASN, les policiers contaminent et se contaminent faute de masques eux également!!

Il va donc falloir que nos dirigeants rendent quand-même des comptes au pays. Il va falloir qu’ils soient, pour beaucoup d’entre eux, traduits puis éventuellement punis par la Justice pour leur incompétence ou pire pour leur volonté délibérée de protéger les lois du marché au profit des intérêts de quelques-uns ou de grands groupes privés mondialisés et au détriment du bien public pendant cette période terrible de crise sanitaire!

Coline Serreau

FRANCE INTER 23/03/2020

Le gouvernement gère l’épidémie comme il peut… mais les postures guerrières sont souvent inefficaces en face des forces de la nature. Les virus sont des êtres puissants, capables de modifier notre génome, traitons-les sinon avec respect, du moins avec modestie. Apprenons à survivre parmi eux, à s’en protéger en faisant vivre l’espèce humaine dans des conditions sanitaires optimales qui renforcent son immunité et lui donnent le pouvoir d’affronter sans dommage les microbes et virus dont nous sommes de toute façon entourés massivement, car nous vivons dans la grande soupe cosmique où tout le monde doit avoir sa place. La guerre contre les virus sera toujours perdue, mais l’équilibre entre nos vies et la leur peut être gagné si nous renforçons notre système immunitaire par un mode de vie non mortifère.

Dans cette crise, ce qui est stupéfiant c’est la rapidité avec laquelle l’intelligence collective et populaire se manifeste. 

En quelques jours, les français ont établi des rites de remerciement massivement suivis, un des plus beaux gestes politiques que la France ait connus et qui prolonge les grèves contre la réforme des retraites et l’action des gilets jaunes en criant haut et fort qui et quoi sont importants dans nos vies. 

Dans notre pays, ceux qui assurent les fonctions essentielles, celles qui font tenir debout une société sont sous-payés, méprisés. Les aides-soignantes, les infirmières et infirmiers, les médecins qui travaillent dans les hôpitaux publics, le personnel des écoles, les instituteurs, les professeurs, les chercheurs, touchent des salaires de misère tandis que des jeunes crétins arrogants sont payés des millions d’euros par mois pour mettre un ballon dans un filet.

Dans notre monde le mot paysan est une insulte, mais des gens qui se nomment « exploitants agricoles » reçoivent des centaines de milliers d’euros pour faire mourir notre terre, nos corps et notre environnement tandis que l’industrie chimique prospère. 

Et voilà que le petit virus remet les pendules à l’heure, voilà qu’aux fenêtres, un peuple confiné hurle son respect, son amour, sa reconnaissance pour les vrais soldats de notre époque, ceux qui sont prêts à donner leur vie pour sauver la nôtre alors que depuis des décennies les gouvernements successifs se sont acharnés à démanteler nos systèmes de santé et d’éducation, alors que les lobbies règnent en maîtres et arrosent les politiques avec le fric de la corruption.

Nous manquons d’argent pour équiper nos hôpitaux, mais bon sang, prenons l’argent où il se trouve, que les GAFA payent leurs impôts, qu’ils reversent à la société au minimum la moitié de leurs revenus. Car après tout, comment l’ont-ils gagné cet argent ? Ils l’ont gagné parce qu’il y a des peuples qui forment des nations, équipées de rues, d’autoroutes, de trains, d’égouts, d’électricité, d’eau courante, d’écoles, d’hôpitaux, de stades, et j’en passe, parce que la collectivité a payé tout cela de ses deniers, et c’est grâce à toutes ces infrastructures que ces entreprises peuvent faire des profits. Donc ils doivent payer leurs impôts et rendre aux peuples ce qui leur est dû.

Il faudra probablement aussi revoir la question de la dette qui nous ruine en enrichissant les marchés financiers. Au cours des siècles passés les rois de France ont très régulièrement décidé d’annuler la dette publique, de remettre les compteurs à zéro. 

Je ne vois pas comment à la sortie de cette crise, quand les comptes en banque des petites gens seront vides, quand les entreprises ne pourront plus payer leurs employés qui ne pourront plus payer les loyers, l’électricité, le gaz, la nourriture, comment le gouvernement pourra continuer à gaspiller 90% de son budget à rembourser une dette qui ne profite qu’aux banquiers. 

J’espère que le peuple se lèvera et réclamera son dû, à savoir exigera que la richesse de la France, produite par le peuple soit redistribuée au peuple et non pas à la finance internationale. Et si les autres pays font aussi défaut de leur dette envers nous, il faudra relocaliser, produire de nouveau chez nous, se contenter de nos ressources, qui sont immenses, et détricoter une partie de la mondialisation qui n’a fait que nous appauvrir. 

Et le peuple l’a si bien compris qu’il crie tous les soirs son respect pour ceux qui soignent, pour la fonction soignante, celle des mères, des femmes et des hommes qui font passer l’humain avant le fric. 

Ne nous y trompons pas, il n’y aura pas de retour en arrière après cette crise. 

Parce que malgré cette souffrance, malgré ces deuils terribles qui frappent tant de familles, malgré ce confinement dont les plus pauvres d’entre nous payent le plus lourd tribut, à savoir les jeunes, les personnes âgées isolées ou confinées dans les EHPAD, les familles nombreuses, coincés qu’ils sont en ville, souvent dans de toutes petites surfaces, malgré tout cela, le monde qui marchait sur la tête est en train de remettre ses idées à l’endroit. 

Où sont les vraies valeurs ? Qu’est-ce qui est important dans nos vies ? 

Vivre virtuellement ? Manger des produits issus d’une terre martyrisée et qui empoisonnent nos corps ? 

Enrichir par notre travail ceux qui se prennent des bonus faramineux en gérant les licenciements ?

Encaisser la violence sociale de ceux qui n’ont eu de cesse d’appauvrir le système de soin et nous donnent maintenant des leçons de solidarité ? 

Subir une médecine uniquement occupée à soigner les symptômes sans se soucier de prévention, qui bourre les gens de médicaments qui les tuent autant ou plus qu’ils ne les soignent ? Une médecine aux ordres des laboratoires pharmaceutiques ? 

Alors que la seule médicine valable, c’est celle qui s’occupe de l’environnement sain des humains, qui proscrit tous les poisons, même s’ils rapportent gros. Pourquoi croyez-vous que ce virus qui atteint les poumons prospère si bien ? Parce que nos poumons sont malades de la pollution et que leur faiblesse offre un magnifique garde-manger aux virus. 

En agriculture, plus on cultive intensivement sur des dizaines d’hectares des plantes transformées génétiquement ou hybrides dans des terres malades, plus les prédateurs, ou pestes, les attaquent et s’en régalent, et plus il faut les arroser de pesticides pour qu’elles survivent, c’est un cercle vicieux qui ne peut mener qu’à des catastrophes. 

Mais ne vous faites pas d’illusions, on traite les humains les plus humbles de la même façon que les plantes et les animaux martyrisés. 

Dans les grandes métropoles du monde entier, plus les gens sont entassés, mal nourris, respirent un air vicié qui affaiblit leurs poumons, plus les virus et autres « pestes » seront à l’aise et attaqueront leur point faible : leur système respiratoire. 

Cette épidémie, si l’on a l’intelligence d’en analyser l’origine et la manière de la contrer par la prévention plutôt que par le seul vaccin, pourrait faire comprendre aux politiques et surtout aux populations que seuls une alimentation et un environnement sains permettront de se défendre efficacement et à long terme contre les virus.

Le confinement a aussi des conséquences mentales et sociétales importantes pour nous tous, soudain un certain nombre de choses que nous pensions vitales se révèlent futiles. Acheter toutes sortes d’objets, de vêtements, est impossible et cette impossibilité devient un bonus : d’abord en achetant moins on devient riches. 

Et comme on ne perd plus de temps en transports harassants et polluants, soudain on comprend combien ces transports nous détruisaient, combien l’entassement nous rendait agressifs, combien la haine et la méfiance dont on se blindait pour se préserver un vague espace vital, nous faisait du mal. 

On prend le temps de cuisiner au lieu de se gaver de junk-food, on se parle, on s’envoie des messages qui rivalisent de créativité et d’humour. 

Le télétravail se développe à toute vitesse, il permettra plus tard à un nombre croissant de gens de vivre et de travailler à la campagne, les mégapoles pourront se désengorger.

Pour ce qui est de la culture, les peuples nous enseignent des leçons magnifiques : la culture n’est ni un vecteur de vente, ni une usine à profits, ni la propriété d’une élite qui affirme sa supériorité, la culture est ce qui nous rassemble, nous console, nous permet de vivre et de partager nos émotions avec les autres humains. 

Quoi de pire qu’un confinement pour communiquer ? Et pourtant les italiens chantent aux balcons, on a vu des policiers offrir des sérénades à des villageois pour les réconforter, à Paris des rues entières organisent des concerts du soir, des lectures de poèmes, des manifestations de gratitude, c’est cela la vraie culture, la belle, la grande culture dont le monde a besoin, juste des voix qui chantent pour juguler la solitude. 

C’est le contraire de la culture des officines gouvernementales qui ne se sont jamais préoccupées d’assouvir les besoins des populations, de leur offrir ce dont elles ont réellement besoin pour vivre, mais n’ont eu de cesse de conforter les élites, de mépriser toute manifestation culturelle qui plairait au bas peuple. 

En ce sens, l’annulation du festival de Cannes est une super bonne nouvelle. 

Après l’explosion en plein vol des Césars manipulés depuis des années par une maffia au fonctionnement opaque et antidémocratique, après les scandales des abus sexuels dans le cinéma, dont seulement une infime partie a été dévoilée, le festival de Cannes va lui aussi devoir faire des révisions déchirantes et se réinventer. Ce festival de Cannes qui déconne, ou festival des connes complices d’un système rongé par la phallocratie, par la corruption de l’industrie du luxe, où l’on expose complaisamment de la chair fraîche piquée sur des échasses, pauvres femmes porte-manteaux manipulées par les marques, humiliées, angoissées à l’idée de ne pas assez plaire aux vieillards aux bras desquels elles sont accrochées comme des trophées, ce festival, mais venez-y en jeans troués et en baskets les filles, car c’est votre talent, vos qualités d’artiste qu’il faut y célébrer et non pas faire la course à qui sera la plus à poil, la plus pute !

Si les manifestations si généreuses, si émouvantes des peuples confinés pouvaient avoir une influence sur le futur de la culture ce serait un beau rêve ! 

Pour terminer, je voudrais adresser une parole de compassion aux nombreux malades et à leurs proches, et leur dire que du fin fond de nos maisons ou appartements, enfermés que nous sommes, nous ne cessons de penser à eux et de leur souhaiter de se rétablir. Je ne suis pas croyante, les prières m’ont toujours fait rire, mais voilà que je me prends à prier pour que tous ces gens guérissent. Cette prière ne remplacera jamais les soins de l’hôpital, le dévouement héroïque des soignants et une politique sanitaire digne de ce nom, mais c’est tout ce que je peux faire, alors je le fais, en espérant que les ondes transporteront mon message, nos messages, d’amour et d’espoir à ceux qui en ont besoin. 

Coline Serreau

Eloge de la gratuité

Une des règles  centrale du  collectif citoyen est la gratuité.

C’est la manifestation concrète d’une valeur essentielle du collectif citoyen : la solidarité. C’est-à-dire faire en sorte que toute les activités et évènements proposés par le Collectif Citoyen soient accessibles à tous.  Ce choix ambitieux de la gratuité implique une participation consciente de chacun. Pour que cette gratuité puisse exister dans la réalité économique actuelle, il faut que cette règle fonctionne à l’équilibre, c’est-à-dire que les comptes de l’association soient équilibrés, alors que certains évènements nécessitent des investissements de plusieurs milliers d’euros.  Cet équilibre financier nous apporte une grande satisfaction : nos évènements sont accessible à tous et les personnes qui ont les moyens de participer financièrement le font avec discrétion, bienveillance et conscience des enjeux . C’est une grande victoire collective de citoyenneté. Merci à tous !

Retraite : il faut sortir de l’impasse


 
Le projet actuel va « mécaniquement » faire baisser toutes les pensions dans le public comme dans le privé:

L’ensemble de la carrière sera désormais prise en compte ce qui n’est pas le cas aujourd’hui (voir note 1) …y compris les premiers boulots, les périodes de chômage, ect…
Public, Privé, tout le monde va y perdre !
 
De même, le principe érigé selon lequel 14 % du PIB maximum financera les retraites s’oppose nettement à l’idée selon laquelle « il n’y aura pas de perdants ». En effet, le nombre de personnes de plus de 65 ans va augmenter de plus de 6 millions d’ici 30 ans : sanctuariser la part des retraites dans le PIB (note 2) revient à organiser la baisse future des pensions et l’appauvrissement des retraités. Cela va favoriser les retraites par capitalisation. 
 
La solidarité intergénérationnelle liée au système de répartition est aussi mise à mal : 

Le gouvernement divise arbitrairement la société en 3 groupes : celles et ceux né.es avant 1975, celles et ceux entre 1975 et 2004 et celles et ceux après 2004). On essaie d’opposer les classes d’âge entre elles.
On oppose aussi les catégories sociales entre elles, puisque ce sont bien les plus bas salaires, les précaires, les femmes (le bonus annoncé pour les femmes n’aura qu’un effet marginal) qui subiront de plein fouet cette réforme.
 
Concernant l’âge de départ en retraite, l’astuce du gouvernement est d’utiliser 2 notions : l’âge « légal » qui resterait à 62 ans mais avec un montant de pensions bien moindre et l’âge « pivot » à 64 ans à partir duquel on conserve une retraite à taux plein.

Bref, l’âge de la retraite est bel et bien repoussé de 2 ans. Et l’âge pivot ne sera pas fixe, il évoluera pour équilibrer le système par points.

Selon l’INSEE, en 2018, en France, l’espérance de vie en bonne santé est de 64,1 ans pour les femmes et de 62,7 ans pour les hommes. Ces deux chiffres se situent juste en-dessous de l’âge pivot voulu par le gouvernement. Cela signifie, notamment pour celles et ceux qui pratiquent des métiers pénibles, d’arriver à la retraite en mauvaise santé, et donc de ne pas pouvoir en profiter.
 
Enfin, dans le rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) de novembre 2019, on peut lire que le besoin de financement du système de retraite se situerait entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros par an à partir de 2025.

Il n’y a donc financièrement aucune urgence à réformer le système actuel de retraite.

D’autant qu’il faut rappeler que les réserves de l’ensemble des régimes de retraite actuels s’élèvent à 127 milliards d’euros ce qui rend le système tout à fait soutenable à moyen terme. De même, de nouvelles recettes pourraient même significativement augmenter les ressources comme une baisse du chômage (plus de cotisations = plus de ressources pour la retraite),  la fin des exonérations de cotisations sociales injustifiées ou la fin de l’austérité salariale dans la fonction publique (qui diminuent actuellement très fortement les ressources de l’assurance retraite).
 
Si nous avons bien conscience que le système de retraite actuel est loin d’être parfait, celui qui nous est proposé nous amène à un recul social sans précédent, notamment pour les droits des plus faibles.
 
Note 1 :actuellement, le calcul est basé sur  les 6 derniers mois pour les fonctionnaires et les 25 meilleures années pour les salariés du privé comme c’est le cas aujourd’hui.
 
Note 2 :en supposant que le PIB ne soit pas en décroissance…
 
 
 


La sociale : film / débat

Un film de Gilles Perret

Date vendredi 14 février salle des fêtes du Poët Laval

Les créations sociales qui ont construit la société solidaire d’aujourd’hui sont menacées.
Retraites, sécurité sociale, ces deux œuvres solidaires exceptionnelles sont les plus menacées. Parlons-en !

En 1945, les ordonnances promulguant les champs d’application de la sécurité sociale étaient votées par le Gouvernement provisoire de la République. Elles prennent origine dans le programme du Conseil National de la Résistance qui intègre « un plan complet de sécurité sociale […] avec gestion appartenant aux représentants des intéressés » Un vieux rêve des peuples à vouloir vivre sans l’angoisse du lendemain voyait enfin le jour. 

Le principal bâtisseur de cet édifice des plus humaniste qui soit se nommait Ambroise Croizat. 

70 ans plus tard, il est temps de raconter cette belle histoire de « la sécu» D’où elle vient, comment elle a pu devenir possible, quels sont ses principes de base, qui en sont ses bâtisseurs et qu’est-elle devenue au fil des décennies ? 

Surtout comment protéger ces œuvres solidaires quand nos élus les détruisent pour les confier aux financiers : les fonds de pension, les assurances privés sont à l’affut près à récupérer ces richesses qui nous appartiennent et à nous projeger dans l’enfert qu’ont vécu les Américains lors de la dernière crise.

ADOLESCENCE ET ADDICTION

Conférence / débat

Robert Brès psychiatre

Date samedi 18 avril 15h

salle des fêtes du Poët Laval

Voilà deux notions qui à priori s’opposent : l’adolescence renvoie à l’éclosion d’un sujet, à une ouverture sur un avenir certes encore incertain, l’addiction renvoie à une « inclosion », à une fermeture sur un devenir aliéné.

Pourtant, c’est à l’adolescence que les addictions souvent débutent comme une réponse à des bouleversements divers et c’est l’adolescence qui nous éclaire sur les addictions de l’adulte

Comment être prévenant auprès d’un ado, comment l’aider à imaginer le meilleur quand il frôle le pire?

Docteur Robert BRES

Président de l’ANPAA 34 (Association Nationale de Prévention de l’Alcoolisme et des Addictions)

Psychiatre à la Maison des Adolescents 34 et à Aventures Nomades (dispositif pour adolescents dits « incasables »)

Auteur de « Fragments d’Adolescence » et de « Quatre petites histoires d’Adolescents racontées par un psychiatre »