Formation en permaculture Faisons le point

Bonjour à toutes et tous.

Nous venons de suivre notre 3me formation  en permaculture. Il me semble important de faire un premier bilan. Pour cela nous avons préparé un petit questionnaire auquel nous souhaitons vivement que vous répondiez. 

Tout d’abord un bref retour en arrière pour expliquer d’où vient cette initiative. 

Suite à une conférence que J’ai faite lors des dernières « Rencontres Citoyennes » sur la résilience alimentaire et des retours reçus, j’ai proposé à mes amis du Collectif Citoyen de créer une dynamique pour promouvoir la résilience alimentaire par la création de jardins potagers collectifs ou individuels et de créer un réseau de permaculteurs  pour s’entraider, mutualiser nos achats, partager semences et savoir faire. A la demande des intéressés par le projet, le Collectif citoyen a demandé à André Sieffert un cycle de formation permacole en agroforesterie . Ce cycle de formation a commencé en  Janvier  à Le Poet Laval au jardin partagé de Molans. La  seconde a eu lieu au jardin partagé de Cessonnet  et la troisième chez Alain et Pascale  à  « Graines d’orties »  à Dieulefit.

A la suite de cette dernière formation, après quelques échanges il est apparu la nécessité de passer à une autre étape et de fédérer le groupe que nous formons pour une interaction plus importante et plus structurée. D’où cette petite enquête  sous forme de questions que nous vous soumettons.

Merci de laisser le questionnaire sous format Word afin que nous puissions vous  faire une restitution remaniée. Seul le contenu du questionnaire sera restitué, pas le nom de ceux qui y auront répondu.

                                                                                              Mangal

Voici  le questionnaire à nous retourner, dûment rempli …

A l’avance, merci pour vos réponses.

D’abord faisons connaissance.

Nom/ Prénom/surnom :

Adresse :

Mail :

__________________________________________________________________

Votre activité de jardinier :

Êtes-vous intéressé par cette initiative de réseau de jardinier ?

Quelles compétences pourriez-vous apporter à la communauté ?

Quels projets aimeriez-vous  initier ou/et mener au sein de la communauté ?

Formation

Qu’avez-vous pensé de cette formation, de ce cycle de formation ?

Souhaitez-vous que ce cycle de formation continue sous cette forme ?

Sinon  que proposez-vous ?

Souhaitez-vous une autre formation ?

Si oui, avec quel contenu et sous quelle forme ?

Perspectives

Comment souhaitez-vous que ce projet évolue ?

Qu’attendez vous du Collectif Citoyen ?

Merci pour vos réponses.

La 2me formation en agroforesterie

« Les hommes ont inventé le labour et ont déclaré la guerre à la nature »  Philipp Forrer.

Ce mercredi 11 mars, nous avons eu notre 2 me après midi de formation avec André Sieffer. Cette rencontre à eu lieu au Cessonnet  route de Molans  à 1 km avant le domaine de Molans. Ce jardin en forme de Mandala  est un jardin collectif qui a été initié par les 5 familles du cessonnet  en septembre 2018.

Afin de nous montrer vers quel type de culture il va nous emmener lors de ce cycle de formation André nous a présenté  un film sur le jardin paradis de  Philipp Ferrer. https://youtu.be/Eh2Woo9A1HYLa technique de Philip Forrer pour faire ses buttes consiste à rassembler des troncs sur le sol, à combler les espaces vides avec des branchages, du feuillage, et du broyat de ligneux. En surface il ajoute du fumier frais et 20 cm de terre et enfin de la paille. 

Après ce film André nous a exposé  les points suivants :

  • Plusieurs options pour  démarrer un potager : En septembre, couvrir le sol de paille, de foin ou de tout autre matière végétale ou couvrir d’une bâche plastique (type bâche d’ensilage)  après avoir fauché les herbes. Ou bien après fauchage on procède au semis d’un mélange  de graminée (avoine, seigle, orge, blé ou triticale etc.) et de légumineuse (vesse, luzerne, trefle, sainfoin etc.), avec d’autres semences  (sorgho, tournesol, lin) faucher à maturité en tant que couvert végétal  qui sera restitué au sol en  engrais vert.
  •  Si la parcelle est plein de chiendent : seigle forestier  + lin et vesse sont un couvert qui permet  de diminuer la présence du chiendent, voire de l’éliminer sur un à deux ans. 

Dans les 2 cas attendre un an avant de démarrer son potager.

  • Pour faire des butes : poser des troncs sur le sol,  combler les espaces vides avec des branchages, couvrir de BRF, de fumier frais puis de terre et enfin de paille.
  • Débloquer les sols calcaires : beaucoup de  sols dans le territoire sont calcaire souvent  avec un PH8. Afin de débloquer les minéraux (manganèse, phosphore, bore, molybdène etc.).) il faut diminuer le pH de façon à permettre à l’activité biologique de fonctionner correctement et de libérer certains éléments bloqués par le calcaire (en particulier le phosphore qui est souvent présent en abondance, mais non assimilable par les plantes). L’apport de soufre élémentaire et de kiésérite (Soufre + Magnésium) permet de diminuer le pH du sol. C’est une opération, qui permettra d’obtenir une meilleure croissance des légumes ainsi qu’une meilleure assimilation des éléments nutritifs.
  • Analyse de sol.  Avant de démarrer son potager, il est nécessaire de connaitre le sol de  son jardin afin de, tout de suite connaitre les carences du sol et y palier sans attendre. Nous avons à bourdeau  un laboratoire d’analyse des sols : laboratoire Teyssier route des junchas 26460 BOURDEAU. Tel :  04 75 53 31 43. info@laboratoire-teyssier.com
  • Ration alimentaire des sols.  Beaucoup de sols exploités de longue date sans apports suffisants pour nourrir les sols, sont pauvres en matière organique. A l’extrême, on trouve beaucoup de sols qui sont descendus à des taux situés entre 1 et2% de matière organique. Pour augmenter le taux de matière organique (MO) de 1 % il faut apporter 40 tonnes de matière sèche(MS) par hectare. Cet apport peut se faire sur plusieurs années car il est difficile de l’apporter en une seule fois. Il faut également savoir que la ration alimentaire d’un sol pour assurer son fonctionnement de base, et permettre une activité normale des décomposeurs (microorganismes, vers de terre,…) est de 20 tonnes de Matière Sèche par hectare. Souvent les apports des jardiniers ou des maraichers pour conduire leurs cultures sont bien inférieurs à cette ration de base. Nous sommes donc souvent dans des cas où au mieux on nourri les plantes, sans nourrir le sol, et sans lui donner une chance d’augmenter son taux de MO. 
  • Un sol entre 1 et 2 % de MO ne fonctionne pas correctement et doit dans un premier temps recevoir beaucoup de MO à travers l’implantation de couverts végétaux, l’apport de fumier et si possible avec un apport de déchets ligneux. Ces derniers ont une dégradabilité faible et sont une source de MO pendant plusieurs années. L’augmentation du taux de MO peut prendre entre 3 et 5 années avant de pouvoir trouver un fonctionnement correct des sols. Lorsqu’un sol est déjà à un taux del’ordre de 4 % de MO, la dynamique est différente, le sol présente une activité biologique plus élevée qui lui permet de produire des légumes ou des fruits plus facilement. Certains sols ayant reçu beaucoup de MO peuvent être amené à des taux de MO situés entre 5 et 10 % de MO, voire plus, après quelques années.

NOTRE ANALYSE

Cette 2me journée de formation  avec André a confirmé notre intuition. Nous sommes confrontés à des défis pour mettre en place un potager  que chacun aura du mal à gérer seul sans quelques connaissances de base, Si nous voulons avoir des potagers suffisamment productifs pour aller vers la résilience, certaines étapes sont à maitriser :

  • L’achat de semences. Si vous n n’êtes pas agriculteur ou professionnel avec un SIRET,  Il est impossible pour un particulier d’acheter en  de la vesce, du seigle etc.  dans les coopératives agricoles. C’est-à-dire que vous serez contraints de l’acheter dans une jardinerie en sachet de 500g au prix fort alors qu’on peut l’acheter 1€ le kg par sac de 20kg .Si l’on se regroupe de façon organisé. Nous pourrons  l’acheter en groupe. Le Collectif citoyen qui a un Siret se propose de centraliser les demandes et d’acheter en gros chez les fournisseurs.
  • Pour nourrir le sol. s’il faut apporter au moins  20 tonnes de matières organiques sèches  par hectare et par an. Cela veut dire qu’il faut apporter 2kg/m², dans un jardin de 300m² (notre jardin collectif du Cessonnet) il faut 600kg de pailles ou de foin ou de divers végétaux, gazon etc.  . Cela représente  3 rounds de foin ou paille. Ce qui est impossible étant donné l’épaisseur de paille que cela représenterait. Le broyat ligneux  est une solution car 1cm d’épaisseur correspond à 3kg/m² avec une matière organique qui se dégradera  progressivement sur plusieurs années.  Pour collecter ces matériaux il serait utile de s’organiser collectivement.
  • Il y a bien d’autre  raison de se regrouper. Cela permettra de poursuive le cycle de formation  en agroforesterie avec André, d’organiser  l’achat et l’échange de semences, ainsi de plants de légumes. des coups de main ou des échanges d’expériences permettront à chacun d’avancer. Pour cela nous pensons que les formations sont des temps qui permettront  de constituer  notre groupe de jardiniers. Pour cela nous comptons sur vous pour faire venir vos amis, vos voisins et de venir approfondir au fur et à mesure les différentes connaissances pour conduire son jardin formation.

Participation aux frais : 10€ sont conseillés si vous le pouvez ou gratuité pour nos amis qui subissent des difficultés.


Créons une sécurité sociale de l’alimentation pour enrayer la faim

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Créons une sécurité sociale de l'alimentation pour enrayer la faim

Le collectif citoyen se saisit de ce sujet

En France, nous peinons encore à mettre à l’abri de la faim. Les auteurs de cette tribune proposent donc la mise en place d’une sécurité sociale de l’alimentation, pour plus d’équité sociale, pour transformer notre modèle agricole et prendre ainsi soin de l’environnement.

Les auteurs de cette tribune sont Ingénieurs sans frontières – Agricultures et Souveraineté alimentaire (ISF-Agrista), une association composée majoritairement d’agronomes qui œuvrent pour la souveraineté alimentaire et la mise en place de modèles agricoles respectueux des équilibres socioterritoriaux et écologiques, et le Réseau Civam, qui met en lien les agriculteurs, les ruraux et la société civile pour promouvoir une agriculture plus économe, autonome et solidaire visant à nourrir, préserver et employer dans les territoires.


L’épidémie de Covid-19 et les mesures prises pour l’endiguer sont venues percuter le traitement politique et médiatique de la crise sociale et économique préexistante. Les problèmes structurels qui caractérisent le modèle agricole et le système alimentaire construits ces soixante dernières années sont mis en lumière. La précarité alimentaireexplose : amputés d’une partie de leurs revenus, privés des cantines scolaires, beaucoup de personnes ont eu affaire pour la première fois à l’aide alimentaire.

Les associations auxquelles cette aide a été déléguée accueillent depuis plusieurs années déjà 5,5 millions de bénéficiaires réguliers. Et, loin d’être préparées à l’irruption d’une telle situation, contraintes de protéger leurs bénévoles souvent âgés, elles ont peiné à faire face. Dans l’urgence, des collectivités ont débloqué des aides financières, parfois importantes, et ont organisé, ou réorganisé, des distributions alimentaires, tandis que des collectifs citoyens ont déployé toutes les formes possibles d’actions de solidarité. Mais l’efficacité de ces interventions a été grandement diminuée par l’absence d’une politique nationale cohérente : deux mois pour débloquer un budget d’urgence à destination des associations d’aide alimentaire !

Un constat s’impose : en France, nous peinons aujourd’hui encore à mettre à l’abri de la faim, y compris en dehors de toute période de crise, alors que c’est du « droit à l’alimentation » dont il devrait être question dans une démocratie, c’est-à-dire du « droit d’avoir un accès régulier, permanent et non restrictif, soit directement ou au moyen d’achats financiers, à une alimentation quantitativement et qualitativement adéquate et suffisante, correspondant aux traditions culturelles du peuple auquel le consommateur appartient, et qui lui procure une vie physique et mentale, individuelle et collective, épanouissante et exempte de peur », selon les mots d’Olivier De Schutter, alors rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, en 2010.

Conjuguer agriculture et alimentation pour sortir de la doctrine libérale

À l’autre bout de la chaîne, une crise agricole profonde était déjà installée au point qu’il n’est plus légitime de l’appeler « crise ». En témoignent la baisse drastique du nombre d’exploitant.es en France, le nombre d’agriculteurs.trices au RSA ou le taux de suicide extrêmement fort dans la profession, sans compter les mauvaises conditions de travail des salarié.es de l’agroalimentaire et de la distribution.

Il n’y aura pas de réforme agricole sans une véritable politique alimentaire. Le spectre de la faim, le sort de ceux d’entre nous dont les budgets alimentaires sont contraints ont trop longtemps servi de justification à la surproduction. L’industrialisation de l’alimentation, la revendication du moins-disant social et écologique nous promettaient une alimentation accessible à tous et toutes ; et nous faisons face à l’augmentation de l’insatisfaction et des maladies alimentaires ! Les politiques publiques ne doivent plus se construire sur la croyance aux vertus du libre marché.

Dans une situation traumatisante, la tentation du recours au registre autoritaire existe. Nous pensons, au contraire, qu’il nous faut plus de démocratie, car, sans démocratie, il ne peut y avoir de droit à l’alimentation. Ce droit implique de pouvoir collectivement définir ce que nous voulons manger, comment le produire, et comment en assurer l’accès à tous.

Mettre en place une sécurité sociale de l’alimentation pour instituer une démocratie alimentaire

En 1945, dans une économie pourtant exsangue, des hommes et des femmes engagés pour des « jours heureux » [1] ont pensé un monde où toutes et tous pourraient se soigner sans distinction de classe. Ils ont bâti et défendu la sécurité sociale. À la place des politiques de réduction des inégalités ou des logiques de charité discrétionnaire chères aux libéraux, ils ont créé du droit, à partir d’un système universel. Quelques décennies plus tard, revendiquons le même engagement pour l’alimentation : que le droit soit le socle de toutes les politiques alimentaires et agricoles à venir.

Nous, paysan·nes, agronomes, citoyen.nes, précaires, chercheur.euses, entrepreneur.euses, commerçant.es, appelons à la création d’une sécurité sociale de l’alimentation. Nous proposons de sanctuariser un budget pour l’alimentation de 150 euros par mois et par personne et de l’intégrer dans le régime général de sécurité sociale. Tout comme pour la sécurité sociale à son origine, ce budget devra être établi par des cotisations garantes du fonctionnement démocratique de caisses locales de conventionnement. Chacune de ces caisses, gérées par les cotisants, aurait pour mission d’établir et de faire respecter les règles de production, de transformation et de mise sur le marché de la nourriture choisie par les cotisants.

Nous voulons collectivement définir ce que nous voulons manger, comment le produire, et comment en assurer l’accès à tous.

150 euros par mois vont permettre durablement aux ménages les plus précaires un bien meilleur accès à une alimentation choisie, de qualité. Une sécurité sociale de l’alimentation obligera les professionnels.les de l’agriculture et de l’agroalimentaire, s’ils veulent accéder à ce « marché », à une production alimentaire conforme aux attentes des citoyens.nes. Nous avons la conviction que tous, nous voulons bien manger, sans antibiotiques, sans pesticides, sans perturbateurs endocriniens dans nos assiettes. Aujourd’hui, certains ont accès à cette nourriture et beaucoup d’autres souhaiteraient certainement l’avoir s’ils en avaient les moyens, et s’il leur était donné l’occasion de choisir.

Cette proposition nous donne une puissance d’agir à même de répondre aux problèmes majeurs du système alimentaire français, mais également aux enjeux sociaux, climatiques et environnementaux liés à l’agriculture. Un cadre national imposé à chacune des caisses répondra au caractère global de certains enjeux : le changement climatique, l’accès garanti à des produits conventionnés quel que soit le régime alimentaire de chacun, le respect de la souveraineté alimentaire de tous les pays, la nécessité de conditions et rémunérations correctes de travail pour l’ensemble des travailleurs.ses du complexe agro-industriel, ou encore la socialisation du profit dans les filières conventionnées.

Tout comme les critères de conventionnement définis par les caisses, ce cadre national doit faire l’objet d’un débat démocratique. Nul ne peut préempter ce débat en définissant par avance la qualité d’un produit conventionné sans prendre le risque de voir s’en éloigner une partie de nos concitoyens. Nous savons qu’il n’y aura pas de réformes environnementales puissantes dans une société inégalitaire. Ce n’est qu’en prenant cela à bras-le-corps que nous pourrons modifier profondément le mode de production alimentaire actuel et éliminer les atteintes qu’il porte à notre environnement…

Vite, de la démocratie dans notre alimentation !

Contribution de Jean-rené

L’agriculture dans le « monde d’après« 

2 mots ont résonné particulièrement  à mes oreilles pendant ce confinement, 2 mots que je n’avais jamais entendus. 2 mots  expriment très bien la mobilisation indispensable pour ne pas se faire voler le « monde d’après «  que nous voulons solidaire juste et écologique.

Le KAIROS. (Le moment opportun)
Une vidéo est passée en boucle sur les réseaux socio au tout début du confinement. Un médecin de la pitié salpêtrière interpellai Macron et répéta à plusieurs reprise «  c’est le kairos, c’est le moment de donner tous les moyens nécessaire aux hôpitaux pour faire face à la crise du covid ».
Nous sortons du confinement dans une grande incertitude sur le devenir de nos structures sociales, économiques, financières et politique.  L’incertitude peut –être sujet d’angoisse de peur, de désespoir ou peut aussi être porteur d’espoir, saisir l’opportunité de l’événement pour poser des actes qui vont construire l’avenir que nous voulons tous : « les jours heureux ». Pour cela il faut comprendre et sentir  que nous venons d’entrer dans le kairos de la grande Histoire. C’est dans ces moments de troubles, d’instabilité ou les imprévus font tout chambouler, que les opportunités s’offrent à nous.  C’est maintenant qu’il faut poser les actes qui vont construire les jours heureux.
 Quels actes ?
Le terrain sur lequel  nous pouvons et devons agir et qui nous est vital, est le terrain économique.  Le cœur économique de notre survie est l’alimentation. Et c’est là qu’arrive ce deuxième mot  dont je parlais plus haut.

FOODSCAPING.

Le sens de ce mot n’a rien d’exceptionnel  (paysage alimentaire) mais surtout je vous invite à regarder  ou plutôt à plonger dans cette photo ci-dessous, voila ce que représente ce mot. Cela se passe au Michigan dans une banlieue de Detroit, ancien  fief de la General Motors, la ville est en faillite. Plus d’emplois, plus de service sociaux, plus de politique plus rien. Si, il reste des familles, des familles qui ont du faire face à un défi qui était insurmontable, VIVRE. Ils se sont rassemblé, ont, petit à petit, refait société, se sont organisé pour résoudre les problèmes les uns après les autres. SVP replongez encore dans cette photo, cette réponse unanimes et évidentes de toutes ces familles, des potagers solidaires ou chacun échangent  ses semences ses connaissances, se prêtent des outils, mutualisent leurs forces, leurs enthousiasmes, leurs achats, etc. Ils mutualisent, ils recréent un lien fondamental entre eux et aussi avec la nature.
Voilà, la résilience alimentaire est possible, chez nous aussi dans cette belle nature généreuse du pays de Dieulefit, d’autant plus que les équipes municipales élus ou en passe de l’être s’y sont engagé.  De notre coté au collectif citoyen, depuis l’automne dernier nous avons mis en place « les potagers solidaires ». Pour l’instant nous avons engagé  un cycle de formation en agroforesterie c’est-à-dire potager sous des plantations d’arbres fruitiers. Nous avons la chance Qu’André Sieffert fondateur de l’ADAF  ingénieur agronomes, docteur en biologie, spécialiste de l’agroforesterie ait bien voulu prendre en charge ce cycle de formation. Maintenant que le confinement est fini Ce cycle de formation reprend (voir le compte rendu de la dernière formation).  Nous vous invitons à nous rejoindre à la prochaine rencontre qui aura lieu le mercredi 10 juin  à 14h00 Chez Alain et Pascale à graines d’orties : 318 chemin de la francoise à Dieulefit . C’est important pour vous, pour nous, pour nous tous.

« La crise climatique ne sera elle pas réversible »

Dominique Bourg

Nicolas Hulot a mille fois raison : on peut lire ce qui nous arrive comme une forme d’avertissement. Le défi est de trouver une vitesse de croisière qui nous permette à terme d’avoir des émissions de gaz à effet de serre réduites. Et le problème avant cela, c’est la descente radicale et rapide avec laquelle on devrait procéder. Que ce soit le rapport du GIEC daté d’octobre 2018 ou le rapport 2019 de l’ONU, les deux disent la même chose : si on veut éviter d’exploser les 2 degrés d’ici la fin du siècle, cela signifie que l’on doit dans les dix ans réduire nos émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale de plus de 50%. D’ici 2030 !

Avec le coronavirus, on vit une crise sanitaire mondiale dont on ne sait pas si elle fera des dizaines ou des centaines de milliers de victimes. Ce qui est gigantesque en quelques mois et gravissime. Mais ça, c’est un moment. Avec le réchauffement climatique et l’effondrement des écosystèmes, ça va ensemble, c’est une dégradation au très long cours, sans qu’il y ait de réversibilité, sans qu’on puisse imaginer de sortie. Alors que l’on sortira un jour de la crise de coronavirus.À LIRE AUSSI

ACTUALITÉSCovid-19 : la santé publique, un argument massue à appliquer au changement climatique

Interrogé par une consoeur de France Culture, l’économiste et écrivain Jacques Attali fait le constat suivant : « L’humanité n’évolue significativement que lorsqu’elle a vraiment peur« . La crise sanitaire que nous traversons, la peur qu’elle suscite nous fera-t-elle fatalement évoluer vers une société plus résiliente ?

Il y a peur et peur. Evidemment, nous autres humains, on ne bouge pas si on n’a pas des émotions et la peur est une des émotions qui nous fait bouger. Mais attention, quand la peur se transforme en panique, cela peut nous figer ou alors on prend des décisions qui sont des décisions absurdes. Mais là on peut espérer – mais vous savez l’humanité est bizarre – que, pas simplement la peur mais la peur d’un côté et l’expérience d’un changement radical du quotidien de l’autre avec le coronavirus, c’est quelque chose qui devrait plutôt être un moteur pour nous amener enfin à concevoir la nécessité de devoir changer sur la longue durée nos comportements.

« S’attaquer à la crise climatique, c’est s’attaquer à du structurel et c’est une autre affaire »

D’autant que cet épisode du coronavirus montre que l’on peut prendre des mesures urgentes, très radicales et coûteuses aussi pour s’adapter à un danger qui nous menace. Pourquoi ne serait-ce pas possible face à l’urgence climatique ?

Parce que l’on s’attaque à du structurel. Trouver un nouvel équilibre de nos sociétés n’est pas une mince affaire. C’est toute la difficulté de ce qui est devant nous. C’est vraiment un changement de civilisation que l’on doit conduire de façon rapide, consciente et volontaire.

Les citoyens y sont-ils prêts selon vous ?

Absolument. Plusieurs sondages récents disent en gros qu’une majorité de la population française a déjà réalisé une sorte de bascule culturelle. Je dis bien seulement culturelle. Cela n’amène pas forcément les gens à changer leur comportement, ni même, c’est le plus facile, leur bulletin de vote. Mais en tout cas, ils ont compris que le monde consumériste sans limites était fini et que quelque chose comme une sobriété allait s’imposer. C’est quand même déjà très intéressant. 

Je pense donc qu’il y a une espèce de pédagogie de fond qui a connu un coup d’accélérateur extrêmement important avec l’été 2018, parce que c’est la première fois qu’on a vraiment senti en Europe ce qu’était le réchauffement climatique. La démission de Nicolas Hulot a dû jouer aussi son rôle. Voilà. Un mouvement est parti, une bascule des esprits qui est en cours et puis arrive évidemment cet événement gigantesque qui est ce coronavirus à l’échelle mondiale.

« Il va falloir se battre contre la tentation des politiques …de ne rien changer »

Qu’est-ce qui peut l’emporter entre des promesses de changement de modèle à l’avenir évoquées en France par Emmanuel Macron et « un énième sauvetage », disent les écologistes, du système économique actuel ? Avec actuellement dans le monde, des pays comme la Pologne, qui demandent déjà à remettre à plus tard les efforts à mener dans la lutte contre la crise climatique.

L’attitude de la Pologne ou de certaines multinationale sont intolérables, insupportables. Et là, il va falloir se battre. Dès maintenant et à la sortie de la crise du coronavirus. On sait que l’imaginaire des néo-libéraux est restreint, limité ! Ce sont les gagnants du système et ils n’ont aucune envie d’en changer. Les grands pétroliers, tous les grands acteurs économiques ne veulent pas changer. Et le gouvernement actuel a mené cette politique néo-libérale avec un certain talent depuis plus de deux ans. En détricotant les services publics avec une hypocrisie fondamentale sur la biodiversité et le climat. On a pu voir que rien n’avait bougé après la crise financière de 2008 et les promesses de Nicolas Sarkozy. Il n’y pas de raison de penser que ce qui existe déjà ne va pas être reproduit mais simplement ils vont devoir le faire dans un contexte très différent. Le coronavirus n’est pas la crise financière. La crise financière de 2008 a eu un impact économique non négligeable et un impact démocratique puisqu’elle a beaucoup contribué ensuite à la montée des populismes. Mais il s’agit là d’une crise de l’économie réelle. Le monde réel est affecté. Et si cette crise se prolonge dans un pays démuni face à l’événement, comme l’est la France, le pays ne sera plus seulement démuni mais ruiné.

Assiste-t-on à une réhabilitation de la parole scientifique avec cette crise du coronavirus ?

Déjà, le mépris affiché jusque là vis-à-vis des scientifiques vient des politiques et des économistes. Quand vous voyez que dans les articles des grandes revues d’économie néo-classique, il y en avait 0,07% qui concernent l’environnement, vous comprenez qu’il y a un petit problème. Et ces revues constituent la source d’inspiration de nos politiques. 

En revanche, regardez la jeunesse, la grève des jeunes pour le climat, le mouvement « Extinction Rebellion », etc., beaucoup mettent en avant nos connaissances scientifiques notamment sur le climat. 

Mais attention : les scientifiques interviennent sur le diagnostic mais beaucoup moins sur les solutions. Il y a une différence entre diagnostic et prise de décision. Avec le coronavirus, on a une interaction entre politiques et sciences qui est très différente de celle qui se passe quand on parle de climat.

« Vite, redonner des moyens aux services publics »

Quels changements appelez-vous de vos vœux à l’avenir dans le sens d’une société plus résiliente face aux crises ?

Je reste philosophe et comme le dit Hegel « Ce n’est qu’au début du crépuscule que la chouette du Minerve (déesse de la sagesse dans la mythologie romaine dont le symbole est la chouette) prend son envol« . Nous ne sommes donc pas sortis de cette affaire. Et là, on produit des analyses à chaud. Il faudra produire des analyses à froid et avec distance. Une analyse à chaud est toujours pleine de risques. 

En tout cas, cet événement et la façon dont on y fait face montrent et mettent vraiment en évidence l’absence et l’impuissance de l’Etat. De façon très claire. Ce ne sont pas les soignants qui diront le contraire. Quand on a à faire à une crise de cette ampleur là, les pouvoirs publics deviennent un agent décisif car le marché par définition ne va pas vous mettre de côté un milliard et demi de masques comme cela a été fait pour la crise du H1N1 par Roselyne Bachelot. Seul un Etat peut anticiper, veiller, garantir. Il doit être plus vigilant, voir plus loin, avoir un mode de raisonnement qui ne soit pas enfermé dans l’actualité mais qui tienne compte des crises précédentes et à venir. C’est le rôle de l’Etat pour assurer la sécurité de ses citoyens. Et le paramètre « santé » est le paramètre fondamental. On voit le résultat des politiques néo-libérales qui ont détruit plus de 17 000 lits d’hôpitaux, anéanti les réserves de masques et qui ont tout renvoyé à des agences locales. Tout cela dans un esprit « tchatchérien » ridicule, cinquante ans après. Faut vraiment être « con » passez-moi l’expression.

Notre modèle économique est mortière

TRIBUNE

Libre parole Pierre Khalfa Economiste

Pierre Khalfa : « La crise du coronavirus montre que le régime économique et social actuel est mortifère »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Pierre Khalfa réagit à celle publiée par le Prix Nobel d’économie français Jean Tirole et estime que c’est « le mode de développement induit par le capitalisme productiviste » qui est aujourd’hui responsable de la crise économique planétaire.

Tribune. Il semble que la crise sanitaire actuelle soit propice à des prises de position à première vue surprenantes. Après Emmanuel Macron, suivi par ses ministres, faisant l’éloge de l’Etat-providence et des services publics et affirmant que le jour d’après ne ressemblerait pas au jour d’avant, voici le Prix Nobel d’économie (2014) Jean Tirole qui, dans un point de vue dans Le Monde (« Allons-nous enfin apprendre notre leçon »Le Monde du 26 mars), appelle à un changement de comportement et de politique.

Pour quelqu’un qui avait soutenu sans faillir les politiques néolibérales, voilà une prise de position qui mérite attention. Jean Tirole serait-il sur son chemin de Damas ?

Tout d’abord, il faut remarquer qu’il évoque non pas l’économie, mais les sciences sociales. Assez curieux pour quelqu’un qui s’était vivement opposé à la création dans les universités d’une section « Institutions, économie, territoire et société », visant à intégrer l’économie au sein d’un ensemble plus vaste, au motif que cela serait « une catastrophe pour la visibilité et l’avenir de la recherche en sciences économiques dans notre pays ». Remords tardif, prise de conscience ?…

Mais l’essentiel n’est pas là. Jean Tirole dénonce le fait que « nous sous-investissons dans l’éducation et la formation continue ; nous négligeons le combat contre le changement climatique et diverses autres politiques qui limiteraient les dommages causés à la prochaine génération par le climat, l’intelligence artificielle, la dette, l’inégalité et autres défis imminents ».Article réservé à nos abonnés Lire aussi  « Le coronavirus est en train de faire vaciller le mythe déjà chancelant de la mondialisation heureuse »

Mais qui est donc ce « nous » ? Ce « nous », ce sont pour lui « les peuples [qui] ont une mémoire courte, ils apprennent rarement de l’histoire », ce sont aussi « les citoyens [qui] ne mettent pas systématiquement la vie au-dessus de l’argent et ne sont pas prêts à réduire considérablement leur consommation en échange d’un monde plus sûr ».

La cupidité des plus riches

Ce seraient donc les peuples qui ont décidé de démanteler le système de santé, de réduire drastiquement les moyens de l’hôpital public, de diminuer considérablement le nombre de lits, d’en finir avec les stocks de masques au motif que cela était trop coûteux, etc.

Ce ne serait donc pas la cupidité des plus riches qui s’accaparent la richesse créée, ce ne serait pas le fonctionnement du capitalisme financiarisé, avec les flux incessants de marchandises à travers la planète, qui serait une des causes majeures du réchauffement climatique, ce ne seraient pas les délocalisations opérées par les multinationales dans les pays à bas salaires et aux droits sociaux réduits, combinées à la logique du « zéro stock » et des flux tendus, qui auraient entraîné une dépendance vis-à-vis de quelques pays devenus les « ateliers du monde », en particulier la Chine.

Faire reposer sur les peuples des responsabilités qui ne sont pas les leurs a toujours été la rengaine des dominants

Non, tout ce qui nous arrive, ce serait la faute des peuples et des citoyens. Faire reposer sur les peuples des responsabilités qui ne sont pas les leurs a toujours été la rengaine des dominants.

La ficelle est quand même un peu grosse. Ainsi est mise de côté la responsabilité des gouvernements et des économistes néolibéraux qui les conseillent et est innocentée la logique d’un système qui fait du profit maximal son moteur. Le mode de développement induit par le capitalisme productiviste n’est même pas évoqué alors même que la dégradation accélérée des habitats des animaux, qui a détruit les barrières biologiques protectrices des êtres humains, est une des causes du passage des virus de l’animal à l’être humain.

Logique comptable et managériale

Ainsi, nous dit-il à propos de la santé, « nous ne pouvons pas échapper à la rationalisation de l’allocation des budgets existants ». Il propose donc de continuer d’appliquer la logique comptable et managériale qui a mené à la catastrophe présente. La seule solution qu’il envisage est « de repenser notre répartition collective des ressources entre les biens de consommation courante d’un côté, et la santé et l’éducation de l’autre ». En clair, cela signifie réduire la « consommation courante », c’est-à-dire le niveau de vie de toutes et tous, l’adjectif « courante » prenant ici toute sa signification.

Toutes celles et tous ceux qui ont du mal à boucler leur fin de mois apprécieront. Il ne s’agit donc pas de s’attaquer à la consommation ostentatoire des plus riches et encore moins de transformer radicalement le mode de consommation actuel induit par le capitalisme productiviste, qui fait de l’accumulation sans fin de marchandises le moteur de l’économie.

Concernant le changement climatique, il persiste dans la défense des « incitations financières » refusant toute réglementation et normes, alors même que les limites du « signal prix » sont manifestes en l’absence de contraintes fortes imposées aux entreprises.

La crise du coronavirus montre une fois de plus que le régime économique et social actuel est mortifère au premier sens de ce mot. Elle pourrait être l’occasion de prises de conscience salutaires. Mais elle peut être aussi l’occasion de discours en trompe-l’œil. Jean Tirole nous en offre un exemple patent.



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Nous ne vous laisserons plus nous voler notre vie

Libre parole Annie Ernaux écrivain

Monsieur le Président,

« Je vous fais une lettre/ Que vous lirez peut-être/ Si vous avez le temps ». À vous qui êtes féru de littérature, cette entrée en matière évoque sans doute quelque chose. 

C’est le début de la chanson de Boris Vian Le déserteur, écrite en 1954, entre la guerre d’Indochine et celle d’Algérie. 

Aujourd’hui, quoique vous le proclamiez, nous ne sommes pas en guerre, l’ennemi ici n’est pas humain, pas notre semblable, il n’a ni pensée ni volonté de nuire, ignore les frontières et les différences sociales, se reproduit à l’aveugle en sautant d’un individu à un autre. 

Les armes, puisque vous tenez à ce lexique guerrier, ce sont les lits d’hôpital, les respirateurs, les masques et les tests, c’est le nombre de médecins, de scientifiques, de soignants. 

Or, depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé et ce qu’on pouvait lire sur la banderole  d’une manif  en novembre dernier –L’état compte ses sous, on comptera les morts – résonne tragiquement aujourd’hui. 

Mais vous avez préféré écouter ceux qui prônent le désengagement de l’Etat, préconisant l’optimisation des ressources, la régulation des flux, tout ce jargon technocratique dépourvu de chair qui noie le poisson de la réalité. 

Mais regardez, ce sont les services publics qui, en ce moment, assurent majoritairement le fonctionnement du pays :  les hôpitaux, l’Education nationale et ses milliers de professeurs, d’instituteurs si mal payés, EDF, la Poste, le métro et la SNCF. 

Et ceux dont, naguère, vous avez dit qu’ils n’étaient rien, sont maintenant tout, eux qui continuent de vider les poubelles, de taper les produits aux caisses, de livrer des pizzas, de garantir cette vie aussi indispensable que l’intellectuelle, la vie matérielle.  

Choix étrange que le mot « résilience », signifiant reconstruction après un traumatisme. Nous n’en sommes pas là. 

Prenez garde, Monsieur le Président, aux effets de ce temps de confinement, de bouleversement du cours des choses. C’est un temps propice aux remises en cause. 

Un temps   pour désirer un nouveau monde. Pas le vôtre ! Pas celui où les décideurs et financiers reprennent déjà sans pudeur l’antienne du « travailler plus », jusqu’à 60 heures par semaine. 

Nous sommes nombreux à ne plus vouloir d’un monde dont l’épidémie révèle les inégalités criantes, Nombreux à vouloir au contraire un monde où les besoins essentiels, se nourrir sainement, se soigner, se loger, s’éduquer, se cultiver, soient garantis à tous, un monde dont les solidarités actuelles montrent, justement, la possibilité. 

Sachez, Monsieur le Président, que nous ne laisserons plus nous voler notre vie, nous n’avons qu’elle, et « rien ne vaut la vie » –  chanson, encore, d’Alain  Souchon. 

Ni bâillonner durablement nos libertés démocratiques, aujourd’hui restreintes, liberté qui permet à ma lettre – contrairement à celle de Boris Vian, interdite de radio – d’être lue ce matin sur les ondes d’une radio nationale.

Annie Ernaux

Coline Serreau

FRANCE INTER 23/03/2020

Le gouvernement gère l’épidémie comme il peut… mais les postures guerrières sont souvent inefficaces en face des forces de la nature. Les virus sont des êtres puissants, capables de modifier notre génome, traitons-les sinon avec respect, du moins avec modestie. Apprenons à survivre parmi eux, à s’en protéger en faisant vivre l’espèce humaine dans des conditions sanitaires optimales qui renforcent son immunité et lui donnent le pouvoir d’affronter sans dommage les microbes et virus dont nous sommes de toute façon entourés massivement, car nous vivons dans la grande soupe cosmique où tout le monde doit avoir sa place. La guerre contre les virus sera toujours perdue, mais l’équilibre entre nos vies et la leur peut être gagné si nous renforçons notre système immunitaire par un mode de vie non mortifère.

Dans cette crise, ce qui est stupéfiant c’est la rapidité avec laquelle l’intelligence collective et populaire se manifeste. 

En quelques jours, les français ont établi des rites de remerciement massivement suivis, un des plus beaux gestes politiques que la France ait connus et qui prolonge les grèves contre la réforme des retraites et l’action des gilets jaunes en criant haut et fort qui et quoi sont importants dans nos vies. 

Dans notre pays, ceux qui assurent les fonctions essentielles, celles qui font tenir debout une société sont sous-payés, méprisés. Les aides-soignantes, les infirmières et infirmiers, les médecins qui travaillent dans les hôpitaux publics, le personnel des écoles, les instituteurs, les professeurs, les chercheurs, touchent des salaires de misère tandis que des jeunes crétins arrogants sont payés des millions d’euros par mois pour mettre un ballon dans un filet.

Dans notre monde le mot paysan est une insulte, mais des gens qui se nomment « exploitants agricoles » reçoivent des centaines de milliers d’euros pour faire mourir notre terre, nos corps et notre environnement tandis que l’industrie chimique prospère. 

Et voilà que le petit virus remet les pendules à l’heure, voilà qu’aux fenêtres, un peuple confiné hurle son respect, son amour, sa reconnaissance pour les vrais soldats de notre époque, ceux qui sont prêts à donner leur vie pour sauver la nôtre alors que depuis des décennies les gouvernements successifs se sont acharnés à démanteler nos systèmes de santé et d’éducation, alors que les lobbies règnent en maîtres et arrosent les politiques avec le fric de la corruption.

Nous manquons d’argent pour équiper nos hôpitaux, mais bon sang, prenons l’argent où il se trouve, que les GAFA payent leurs impôts, qu’ils reversent à la société au minimum la moitié de leurs revenus. Car après tout, comment l’ont-ils gagné cet argent ? Ils l’ont gagné parce qu’il y a des peuples qui forment des nations, équipées de rues, d’autoroutes, de trains, d’égouts, d’électricité, d’eau courante, d’écoles, d’hôpitaux, de stades, et j’en passe, parce que la collectivité a payé tout cela de ses deniers, et c’est grâce à toutes ces infrastructures que ces entreprises peuvent faire des profits. Donc ils doivent payer leurs impôts et rendre aux peuples ce qui leur est dû.

Il faudra probablement aussi revoir la question de la dette qui nous ruine en enrichissant les marchés financiers. Au cours des siècles passés les rois de France ont très régulièrement décidé d’annuler la dette publique, de remettre les compteurs à zéro. 

Je ne vois pas comment à la sortie de cette crise, quand les comptes en banque des petites gens seront vides, quand les entreprises ne pourront plus payer leurs employés qui ne pourront plus payer les loyers, l’électricité, le gaz, la nourriture, comment le gouvernement pourra continuer à gaspiller 90% de son budget à rembourser une dette qui ne profite qu’aux banquiers. 

J’espère que le peuple se lèvera et réclamera son dû, à savoir exigera que la richesse de la France, produite par le peuple soit redistribuée au peuple et non pas à la finance internationale. Et si les autres pays font aussi défaut de leur dette envers nous, il faudra relocaliser, produire de nouveau chez nous, se contenter de nos ressources, qui sont immenses, et détricoter une partie de la mondialisation qui n’a fait que nous appauvrir. 

Et le peuple l’a si bien compris qu’il crie tous les soirs son respect pour ceux qui soignent, pour la fonction soignante, celle des mères, des femmes et des hommes qui font passer l’humain avant le fric. 

Ne nous y trompons pas, il n’y aura pas de retour en arrière après cette crise. 

Parce que malgré cette souffrance, malgré ces deuils terribles qui frappent tant de familles, malgré ce confinement dont les plus pauvres d’entre nous payent le plus lourd tribut, à savoir les jeunes, les personnes âgées isolées ou confinées dans les EHPAD, les familles nombreuses, coincés qu’ils sont en ville, souvent dans de toutes petites surfaces, malgré tout cela, le monde qui marchait sur la tête est en train de remettre ses idées à l’endroit. 

Où sont les vraies valeurs ? Qu’est-ce qui est important dans nos vies ? 

Vivre virtuellement ? Manger des produits issus d’une terre martyrisée et qui empoisonnent nos corps ? 

Enrichir par notre travail ceux qui se prennent des bonus faramineux en gérant les licenciements ?

Encaisser la violence sociale de ceux qui n’ont eu de cesse d’appauvrir le système de soin et nous donnent maintenant des leçons de solidarité ? 

Subir une médecine uniquement occupée à soigner les symptômes sans se soucier de prévention, qui bourre les gens de médicaments qui les tuent autant ou plus qu’ils ne les soignent ? Une médecine aux ordres des laboratoires pharmaceutiques ? 

Alors que la seule médicine valable, c’est celle qui s’occupe de l’environnement sain des humains, qui proscrit tous les poisons, même s’ils rapportent gros. Pourquoi croyez-vous que ce virus qui atteint les poumons prospère si bien ? Parce que nos poumons sont malades de la pollution et que leur faiblesse offre un magnifique garde-manger aux virus. 

En agriculture, plus on cultive intensivement sur des dizaines d’hectares des plantes transformées génétiquement ou hybrides dans des terres malades, plus les prédateurs, ou pestes, les attaquent et s’en régalent, et plus il faut les arroser de pesticides pour qu’elles survivent, c’est un cercle vicieux qui ne peut mener qu’à des catastrophes. 

Mais ne vous faites pas d’illusions, on traite les humains les plus humbles de la même façon que les plantes et les animaux martyrisés. 

Dans les grandes métropoles du monde entier, plus les gens sont entassés, mal nourris, respirent un air vicié qui affaiblit leurs poumons, plus les virus et autres « pestes » seront à l’aise et attaqueront leur point faible : leur système respiratoire. 

Cette épidémie, si l’on a l’intelligence d’en analyser l’origine et la manière de la contrer par la prévention plutôt que par le seul vaccin, pourrait faire comprendre aux politiques et surtout aux populations que seuls une alimentation et un environnement sains permettront de se défendre efficacement et à long terme contre les virus.

Le confinement a aussi des conséquences mentales et sociétales importantes pour nous tous, soudain un certain nombre de choses que nous pensions vitales se révèlent futiles. Acheter toutes sortes d’objets, de vêtements, est impossible et cette impossibilité devient un bonus : d’abord en achetant moins on devient riches. 

Et comme on ne perd plus de temps en transports harassants et polluants, soudain on comprend combien ces transports nous détruisaient, combien l’entassement nous rendait agressifs, combien la haine et la méfiance dont on se blindait pour se préserver un vague espace vital, nous faisait du mal. 

On prend le temps de cuisiner au lieu de se gaver de junk-food, on se parle, on s’envoie des messages qui rivalisent de créativité et d’humour. 

Le télétravail se développe à toute vitesse, il permettra plus tard à un nombre croissant de gens de vivre et de travailler à la campagne, les mégapoles pourront se désengorger.

Pour ce qui est de la culture, les peuples nous enseignent des leçons magnifiques : la culture n’est ni un vecteur de vente, ni une usine à profits, ni la propriété d’une élite qui affirme sa supériorité, la culture est ce qui nous rassemble, nous console, nous permet de vivre et de partager nos émotions avec les autres humains. 

Quoi de pire qu’un confinement pour communiquer ? Et pourtant les italiens chantent aux balcons, on a vu des policiers offrir des sérénades à des villageois pour les réconforter, à Paris des rues entières organisent des concerts du soir, des lectures de poèmes, des manifestations de gratitude, c’est cela la vraie culture, la belle, la grande culture dont le monde a besoin, juste des voix qui chantent pour juguler la solitude. 

C’est le contraire de la culture des officines gouvernementales qui ne se sont jamais préoccupées d’assouvir les besoins des populations, de leur offrir ce dont elles ont réellement besoin pour vivre, mais n’ont eu de cesse de conforter les élites, de mépriser toute manifestation culturelle qui plairait au bas peuple. 

En ce sens, l’annulation du festival de Cannes est une super bonne nouvelle. 

Après l’explosion en plein vol des Césars manipulés depuis des années par une maffia au fonctionnement opaque et antidémocratique, après les scandales des abus sexuels dans le cinéma, dont seulement une infime partie a été dévoilée, le festival de Cannes va lui aussi devoir faire des révisions déchirantes et se réinventer. Ce festival de Cannes qui déconne, ou festival des connes complices d’un système rongé par la phallocratie, par la corruption de l’industrie du luxe, où l’on expose complaisamment de la chair fraîche piquée sur des échasses, pauvres femmes porte-manteaux manipulées par les marques, humiliées, angoissées à l’idée de ne pas assez plaire aux vieillards aux bras desquels elles sont accrochées comme des trophées, ce festival, mais venez-y en jeans troués et en baskets les filles, car c’est votre talent, vos qualités d’artiste qu’il faut y célébrer et non pas faire la course à qui sera la plus à poil, la plus pute !

Si les manifestations si généreuses, si émouvantes des peuples confinés pouvaient avoir une influence sur le futur de la culture ce serait un beau rêve ! 

Pour terminer, je voudrais adresser une parole de compassion aux nombreux malades et à leurs proches, et leur dire que du fin fond de nos maisons ou appartements, enfermés que nous sommes, nous ne cessons de penser à eux et de leur souhaiter de se rétablir. Je ne suis pas croyante, les prières m’ont toujours fait rire, mais voilà que je me prends à prier pour que tous ces gens guérissent. Cette prière ne remplacera jamais les soins de l’hôpital, le dévouement héroïque des soignants et une politique sanitaire digne de ce nom, mais c’est tout ce que je peux faire, alors je le fais, en espérant que les ondes transporteront mon message, nos messages, d’amour et d’espoir à ceux qui en ont besoin. 

Coline Serreau

Eloge de la gratuité

Une des règles  centrale du  collectif citoyen est la gratuité.

C’est la manifestation concrète d’une valeur essentielle du collectif citoyen : la solidarité. C’est-à-dire faire en sorte que toute les activités et évènements proposés par le Collectif Citoyen soient accessibles à tous.  Ce choix ambitieux de la gratuité implique une participation consciente de chacun. Pour que cette gratuité puisse exister dans la réalité économique actuelle, il faut que cette règle fonctionne à l’équilibre, c’est-à-dire que les comptes de l’association soient équilibrés, alors que certains évènements nécessitent des investissements de plusieurs milliers d’euros.  Cet équilibre financier nous apporte une grande satisfaction : nos évènements sont accessible à tous et les personnes qui ont les moyens de participer financièrement le font avec discrétion, bienveillance et conscience des enjeux . C’est une grande victoire collective de citoyenneté. Merci à tous !