Message aux poissons du Jabron. Fin du calvaire

Chers poissons, vous allez bientôt revivre !

Vous êtes malades de la pollution que vous imposent les hommes. 
Sachez que nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour venir à votre secours, mais aussi pour permettre à nos enfants de patauger dans la rivière sans risque.
Citoyens écologistes et engagés dans la protection de la nature, nous avons contribué à la mise en place d’un contrat rivière : aménagement des cours d’eau, dépollution, révision des stations d’assainissement sont nos combats depuis la création du Collectif Citoyen, il y a maintenant 20 ans.

Les experts qui se sont penchés sur votre cas ont proposé des solutions depuis 1985. Une lagune au Poët Laval, puis une lagune plantée de roseaux : échec. Deux ans d’études par de nouveaux experts, la direction de l‘eau, l’Etat, le département, le SIEA, (ses techniciens et ses élus auxquels a été transférée la compétence), ce n’est pas rien : toutes les solutions pour protéger votre rivière et notre territoire qui triple sa population l’été, ont été explorées. Les votes démocratiques des élus du territoire ont validé la solution qui sera prochainement signée : une unité de traitement qui fonctionne efficacement dans des cités du même type.

Mais voilà que certains élus de Dieulefit (pas tous heureusement) sont devenus experts en assainissement ! Ces élus n’ont pas suggéré de modification du projet étudié par le SIEA depuis plusieurs années dans le programme électoral qui nous fut proposé. Ils ne se sont pas même souciés du sujet alors que d’autres élus du territoire y travaillaient d’arrache-pied. Ces élus Dieulefitois n’ont pas la compétence « assainissement » et ne peuvent pas légalement dénoncer les décisions du SIEA prises démocratiquement. Ces quelques élus Dieulefitois se sont improvisés décideurs en assainissement, quelques mois avant la signature du projet final ! Réveil tardif, ils avaient juste oublié les enjeux de la biodiversité et la qualité des eaux…

Première fantaisie « d’écologistes » : quelques élus ont proposé, sans se soucier des avis des habitants, ni des poissons en détresse des solutions tellement fantasques et tellement incohérentes que cela a suscité des rires aussi nombreux que des inquiétudes : séparer les excréments, déposer les urines dans les champs, alors que c’est interdit en agriculture BIO, déposer ses selles au compost alors qu’une structure spéciale étanche est obligatoire en matière de santé et de lutte contre la pollution des nappes phréatiques par les pathogènes. ..Cette fantaisie coûta 11 000€ au SIEA en études nouvelles et se traduisit par un échec total : il faudrait retirer 75% des habitats reliés au tout à l’égout pour vous protéger, vous les poissons pour lesquels nous sommes inquiets !

Le 10 février 2021, alors que le projet de dépollution est en phase terminale ces quelques élus Dieulefitois devenus « spécialistes en assainissement » redécouvrent un autre projet. Cependant, il existe environ 50 techniques différentes à ce jour : caprice d’élus, c’est celui-là qu’on veut ! Quel est ce projet magique ? Les roseaux plantés aérés. Des unités ont été plantées de roseaux dans différentes communes du territoire : il y en a trois qui dysfonctionnent, mais juré, les élus devenus experts en la matière vont faire mieux ! Si on place une mécanique d’aération sous les roseaux (ce qui suppose un socle dur de 5000 m2, des tuyaux d’aération et une machine spéciale pour pulser de l’air) tout ira bien et ne coûtera presque rien ! Une station expérimentale existe mais ne donnera ses résultats que dans quelques années. 

Ce projet, n’est pas sot en soi, mais il a des inconvénients. Il a déjà été examiné par le SIEA quand il a fallu trouver une bonne solution pour la dépollution du Jabron.  Il a été abandonné. Il a maintenant un coût (2,5M d’euros dit l’expertise réalisée), et il n’est pas subventionné parce que ses performances ne sont pas encore établies pour des cités de plus de 5 000 habitants et qu’il est inadapté aux espaces qui subissent pas de fortes sécheresses. Il ne peut donc pas être validé par les instances administratives. Son efficacité, répétons-le, n’est pas garantie à ce jour puisqu’aucune étude de terrain n’est pas encore finalisée. Le cabinet d’expertise spécialisé dans la séparation à la source (INSAvalor) propose des solutions en cas d’échec : si ça ne fonctionne pas on peut augmenter la surface des filtres, donc augmenter son coût. Si ça ne fonctionne vraiment pas on peut compléter ce projet par la séparation à la source (le fameux retrait des excréments humains pour les mettre on en sait où !) afin de diminuer le nombre d’utilisateurs du réseau de tout à l’égout. Il consomme beaucoup d’espace alors que le projet du SIEA va permettre de récupérer 7ha de terrain. Enfin, ce projet arrive quand les élus du SIEA en charge de ce dossier sont en phase du choix des entreprises.

Alors nous, les protecteurs de la rivière pour nos enfants comme des poissons, faisons confiance à ces élus experts de la direction de l’eau et du territoire, du SIEA plutôt qu’a une poignée d’élus qui ne maitrisent pas leur dossier, proposent des solutions fantasques sans les travailler, ce qui a coûté des frais d’expertise (11 000€). Nous saluons le travail des élus de tous horizons politiques qui ont construit depuis plusieurs années un projet de dépollution et l’ont financé : qu’on en soit bien sûr et qu’on se le dise,LES MAIRIES de DIEULEFIT et du POËT LAVAL N’AURONT RIEN À PAYER et LA TARIFICATION RESTERA INCHANGÉE . 


Enfin, nous pensons que la démocratie ne s’accommode pas des comportements autoritaires et propos irrespectueux d’élus qui polluent ce dossier. 

Trois dispositions de la charte des élus sont à rappeler : 

L’élu local exerce ses fonctions avec impartialité, diligence, dignité, probité et intégrité.

 Dans l’exercice de son mandat, l’élu local poursuit le seul intérêt général, à l’exclusion de tout intérêt qui lui soit personnel, directement ou indirectement, ou de tout autre intérêt particulier. 

Le premier réflexe pour l’élu concerné est de s’abstenir de prendre part à tout processus décisionnel concernant le sujet où il se trouve en situation de conflit d’intérêt ou peut être suspecté de l’être. 

Nous demandons aux élus de respecter le droit et leurs partenaires 

 L’élu local doit donner une bonne image de la collectivité et préserver, ou restaurer, la confiance des citoyens dans leurs élus. 

L’appel à manifestation issu d’élus Dieulefitois contre les élus du territoire, les mots dévalorisants, les propos agressifs de certains élus concernant les personnes qui ne partagent pas leurs idées, sont inadmissibles. En voici quelques-uns parmi tant d’autres qui ont été publiés :

« Les mentalités traditionnelles et les cultures conservatrices sont difficiles à changer », frilosité devant l’innovation, chaine bureaucratique…

« L’écolobashing a toutes les audaces et trouve toujours des gens sans vergogne pour faire passer les projets les plus rétrogrades »

« Les Boomers savent de mieux en mieux mettre les autres dans la merde. »

Nous ne reconnaissons pas dans ces propos, la culture de tolérance, d’ouverture, le goût du débat d’idées et d’échange démocratique qui caractérise depuis longtemps le pays de Dieulefit.

Nous ne nous reconnaissons pas dans ce descriptif irrespectueux : depuis 20 ans nous agissons pour le climat, la protection de l’environnement, l’écologie, la culture, le soutien aux plus fragiles.

Et vous qui nous caricaturez, où étiez-vous ces dernières années ?

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