Retraite : il faut sortir de l’impasse


 
Le projet actuel va « mécaniquement » faire baisser toutes les pensions dans le public comme dans le privé:

L’ensemble de la carrière sera désormais prise en compte ce qui n’est pas le cas aujourd’hui (voir note 1) …y compris les premiers boulots, les périodes de chômage, ect…
Public, Privé, tout le monde va y perdre !
 
De même, le principe érigé selon lequel 14 % du PIB maximum financera les retraites s’oppose nettement à l’idée selon laquelle « il n’y aura pas de perdants ». En effet, le nombre de personnes de plus de 65 ans va augmenter de plus de 6 millions d’ici 30 ans : sanctuariser la part des retraites dans le PIB (note 2) revient à organiser la baisse future des pensions et l’appauvrissement des retraités. Cela va favoriser les retraites par capitalisation. 
 
La solidarité intergénérationnelle liée au système de répartition est aussi mise à mal : 

Le gouvernement divise arbitrairement la société en 3 groupes : celles et ceux né.es avant 1975, celles et ceux entre 1975 et 2004 et celles et ceux après 2004). On essaie d’opposer les classes d’âge entre elles.
On oppose aussi les catégories sociales entre elles, puisque ce sont bien les plus bas salaires, les précaires, les femmes (le bonus annoncé pour les femmes n’aura qu’un effet marginal) qui subiront de plein fouet cette réforme.
 
Concernant l’âge de départ en retraite, l’astuce du gouvernement est d’utiliser 2 notions : l’âge « légal » qui resterait à 62 ans mais avec un montant de pensions bien moindre et l’âge « pivot » à 64 ans à partir duquel on conserve une retraite à taux plein.

Bref, l’âge de la retraite est bel et bien repoussé de 2 ans. Et l’âge pivot ne sera pas fixe, il évoluera pour équilibrer le système par points.

Selon l’INSEE, en 2018, en France, l’espérance de vie en bonne santé est de 64,1 ans pour les femmes et de 62,7 ans pour les hommes. Ces deux chiffres se situent juste en-dessous de l’âge pivot voulu par le gouvernement. Cela signifie, notamment pour celles et ceux qui pratiquent des métiers pénibles, d’arriver à la retraite en mauvaise santé, et donc de ne pas pouvoir en profiter.
 
Enfin, dans le rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) de novembre 2019, on peut lire que le besoin de financement du système de retraite se situerait entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros par an à partir de 2025.

Il n’y a donc financièrement aucune urgence à réformer le système actuel de retraite.

D’autant qu’il faut rappeler que les réserves de l’ensemble des régimes de retraite actuels s’élèvent à 127 milliards d’euros ce qui rend le système tout à fait soutenable à moyen terme. De même, de nouvelles recettes pourraient même significativement augmenter les ressources comme une baisse du chômage (plus de cotisations = plus de ressources pour la retraite),  la fin des exonérations de cotisations sociales injustifiées ou la fin de l’austérité salariale dans la fonction publique (qui diminuent actuellement très fortement les ressources de l’assurance retraite).
 
Si nous avons bien conscience que le système de retraite actuel est loin d’être parfait, celui qui nous est proposé nous amène à un recul social sans précédent, notamment pour les droits des plus faibles.
 
Note 1 :actuellement, le calcul est basé sur  les 6 derniers mois pour les fonctionnaires et les 25 meilleures années pour les salariés du privé comme c’est le cas aujourd’hui.
 
Note 2 :en supposant que le PIB ne soit pas en décroissance…
 
 
 


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