La participation citoyenne fait toujours débat

Nous avons décidé de participer à la construction de ce monde que nous laisserons à nos enfants, base même d’une démocratie vivante. Ce sujet a été mis à l’ordre du jour des 17è rencontres citoyennes, alors parlons-en !

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Le terme de démocratie veut dire parole aux citoyens, un peuple oublié qui a peu d’opportunités pour poser une parole, faire des propositions, dialoguer avec ses mandants.

Nous avons décidé de changer la donne, en faisant de ces rencontres un moment de démocratie participative, en collectant vos propositions et en réalisant une synthèse de tous les apports. Cette synthèse a fait l’objet d’une table ronde qui a permis un dialogue fraternel et convivial avec les élus du territoire.

CR Rencontres 18

Le pari de tenir un débat respectueux entre élus et citoyens, peut être considéré comme réussi : point de paroles assassines, point de messages méprisants, ce fut un moment serein.

Mais, nous avons constaté une réelle inquiétude face à la demande exprimée d’être associés à la vie de notre cité.

Diverses positions sont exprimées :

Celle de la communauté de commune, le Président exprimant son accord avec la participation citoyenne et les difficultés à trouver des formules satisfaisantes pour tous, élus du territoire et habitants. Nous savons que les réticences de nombreux élus du territoire sont fortes, car ils ont souvent l’expérience des conflits plus que des échanges, et nous voudrions démontrer que le dialogue est possible et fructueux. Selon le Président, il existe des commissions ouvertes et nous en demandons les sujets, les dates d’ouverture aux habitants.

Réticences également chez les habitants qui se sentent parfois méprisés ou peu entendus quand ils formulent une demande et pensent que cette démarche de rapprochement et de travail partagé est impossible dans le contexte actuel, avec des élus bien trop loin de leurs mandants.

Quand à nous nous croyons le dialogue possible et souhaitable.

Les réticences exprimées pour refuser la participation citoyenne sont argumentés

D’une part la notion de représentativité est avancée : « vos groupes participatifs ne sont pas représentatifs« . C’est là l’argument le plus souvent avancé pour fermer la porte.

Or, la représentativité est le résultat d’uns système électoral que nous respectons : mais dans les faits, les élus représentent partout une minorité locale proche des 30% des inscrits.

Une démocratie vivante doit ouvrir des espaces pour entendre tous ceux qui le souhaient sur un sujet, quel que soit leur positionnement politique. Ce sera toujours un plus pour les élus d’un territoire car cela  permet d’étayer les décisions. Consulter, tenir compte de l’ensemble de la population en leur ouvrant des espaces de concertation et de dialogue est la seule solution pour en finir avec le désintérêt grave des habitants pour la politique, « l’art de gérer la cité »: quelques personnes ne peuvent pas dessiner seuls l’avenir de centaines d’habitants, sans leur demander le moindre avis, et c’est la raison principale de la désertion des conseils municipaux.

L’autre argument avancé est celui du dialogue quotidien avec les habitants.

Ceci est incontestable ! Les élus dialoguent avec des habitants.

Les commissions participatives sont différentes des échanges amicaux : il s’agit de la mise à l’étude d’un sujet, avec des documents de travail partagés, des partenaires divers, élus, citoyens, professionnels, qui s’inscrivent dans la démarche et sur la durée.

Le but est d’approfondir un sujet et de collecter les différentes propositions pour enrichir les décisions.

En conclusion :

Nous continuerons nos ateliers citoyens et transmettrons les conclusions ou propositions aux élus, espérant qu’ils sauront s’en saisir et qu’à termes, convaincus de la qualité de nos travaux, ils ouvriront les portes de la cité aux habitants qui souhaitent s’exprimer.
Nous sommes humbles, et ne pensons détenir aucune vérité, même si nos ateliers ont accueilli 480 personnes cette semaine. C’est juste un début d’engagement citoyen…

Nous voulons seulement redonner sens au mot politique, « l’art de gèrer la cité » en y associant le plus de monde possible, pour éviter que les idées nauséabondes qui envahissent l’Eutrope soient moins audibles que les idées citoyennes façonnées de  jolis mots ; LIBERTE, D’EGALITE FRATERNITE, CULTURE PARTAGEE.