PENSER ET FAIRE LA TRANSITION

Après le forum « Climat » organisé en novembre dernier en présence d’un glaciologue, le collectif citoyen du pays de Dieulefit proposait ce samedi un forum « Penser et faire la transition ». L’invité, Michel Lepesant, philosophe, est à l’origine de plusieurs projets d’alternatives concrètes sur Romans : Amap, coopérative de production/consommation (Collines biO)…Il est aussi membre du Mouvement des Objecteurs de Croissance (M.O.C.), et co-fondateur de la monnaie locale La Mesure.

Il se définit comme décroissant, militant-chercheur.

Les nombreux participants du forum, des personnes engagées dans des projets alternatifs ou/et associatifs et aussi des jeunes mobilisés et attirés par le thème de la transition, étaient réunis à La Halle de Dieulefit. Ils ont d’entrée été appelés à livrer par écrit leurs désirs de projets sur divers thèmes de réflexion liés à la transition : énergie, habitat, jardins, monnaie locale, démocratie, économie autrement…

Avant de passer au débat, Mariette Cuvellier, Présidente du Collectif, rappela les nombreuses initiatives solidaires à Dieulefit, leur vitalité, leur créativité, et leur capacité à faire rêver d’un monde meilleur ; elle déplora d’autant plus la réduction drastique des subventions municipales et appela à un financement participatif.

Un dialogue se mit ensuite en place entre la salle et Michel Lepesant. Divers intervenants font part de leurs expériences où s’entendent de façon récurrente les notions de partage, d’action solidaire  ou encore d’économie circulaire; quelqu’un parle de « sobriété heureuse » : notre philosophe objecte que cette posture individuelle, morale, ne fait ni une politique, ni une économie.

A partir des expériences fort riches des uns et des autres, le débat peut alors s’orienter sur l’articulation du local et du global ; Mariette Cuvellier, à cet égard, exhorte les citoyens à faire part de leurs expériences aux élus, à participer aux instances politiques de concertation, et, à se mobiliser quand elles se ferment.

Michel Lepesant pose alors la question fondamentale de l’horizon de notre action : où voulons-nous aller ? Vers quel monde ? Sommes-nous prêts à changer nos modes de vie ? Les actions décrites changent souvent le monde autour de soi, mais qu’en est-il du global ? Il fait observer que toutes les utopies sociales depuis 1830 ont échoué à essaimer, et se demande comment rendre pérennes aujourd’hui ce qu’il appelle les « espérimentations », comment échapper au découragement, et à la pauvreté des résultats.

Divers intervenants refusent le pessimisme de cette analyse : le projet « Ecoravi » d’habitat groupé sur Dieulefit a ouvert ainsi durablement ses protagonistes au sens et au plaisir de l’action alternative, et, au sens propre, politique. Et partout dans le monde, fait-on remarquer, des expériences perdurent qui résistent au broyage de l’humain…

Michel Lepesant revient à la situation globale : désastre écologique annoncé en dépit de la Cop21 (l’accord du 12 décembre ? Comparé à ce que cela aurait pu être, c’est un miracle, comparé à tout ce que cela aurait dû être, c’est un désastre, titrait le journal anglais the Guardian) et croissance sans fin des inégalités (Statistiques de l’association Oxfam : le patrimoine des 1 % les plus riches dépasserait celui du reste du monde ; travaux de Piketty). Comment se restreindre au local ? Les alternatives locales en faisant abstraction du tout deviennent abstraites. Mariette Cuvellier fait cependant encore l’éloge de l’action locale : elle évoque le projet « Jardins solidaires », ainsi que l’aide au travail scolaire ; puis Stéphane Hammard, apiculteur, appelle à participer à « L’école de la ruche » pour sauver les abeilles.

Ce dernier exemple est, pour Michel Lepesant révélateur : on sait trouver des alternatives locales, mais s’est-on interrogé sur les causes globales et politiques de la disparition des abeilles ? Il importe, de façon générale, de faire un travail de réflexion sur l’articulation des symptômes et des causes, de « l’aval » et de « l’amont » ; il s’agit, à la fin, de changer la gouvernance, en en démontant (et remontant) les différentes strates : régionale, nationale, européenne et mondiale …. Un travail difficile, car Il nous manque encore les outils de pensée.

Ainsi, le forum aura permis de mettre en tension dialectique, et parfois de façon très vive, les bienfaits de l’action alternative locale et l’urgente nécessité d’un engagement plus global.

Goodyear : répression sociale d’une extrême violence !

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Rassemblement devant le tribunal à 17 heures le jeudi 4 février à Avignon

Bonjour,
Nous venons de signer la pétition « François Hollande: L’APPEL DES GOODYEAR » et nous souhaitons savoir si vous voudriez nous aider en ajoutant votre signature.
Notre objectif est d’atteindre 35 000 signatures et nous avons besoin de plus de soutiens. Pour en savoir plus et pour signer, c’est ici :

pétition

 

Militants écologistes assignés à résidence, syndicalistes poursuivis au pénal, la répression sociale n’aura jamais été aussi violente, renforcée par le contexte d’état d’urgence.

Et deux de plus ! Hier, alors qu’à Amiens (Picardie) huit salariés de Goodyear étaient condamnés à neuf mois de prison ferme, deux militants CGT d’ERDF-GRDF ont aussi été condamnés à 1 000 euros d’amende avec sursis « pour entrave concertée à la liberté de travail » par le tribunal correctionnel de Paris. Les faits reprochés aux deux syndicalistes ? Avoir raccompagné une salariée licenciée à son poste de travail en faisant beaucoup de bruit… Le 15 février 2008, ils étaient plus de 200 agents de l’énergie à soutenir leur collègue, non titulaire, injustement remerciée selon eux. Un large élan de solidarité, mais la direction n’aura retenu que huit têtes, toutes de responsables syndicaux, contre lesquelles elle portera plainte. Sur les huit mis en examen, trois manifestants avaient obtenu un non-lieu. Hier, le tribunal correctionnel a décidé d’en condamner deux. « On nous reproche le fait d’avoir manifesté nombreux, explique Cédric Liechti, secrétaire général CGT du syndicat de l’énergie de Paris, d’avoir interpellé de façon bruyante la direction. Et d’avoir empêché les non-grévistes de travailler. Or, la plupart des agents étaient en grève et on a toujours refusé de nous donner les plannings de production pour savoir qui travaillait effectivement. »

Même si cette condamnation n’a pas de commune mesure avec celle des ex-Goodyear, « ce jugement est important en termes de jurisprudence », s’inquiète Cédric Liechti : « Toute action collective en nombre, à l’intérieur d’une entreprise, pourra être attaquée au nom de la liberté de travail. On devra revendiquer à l’extérieur de l’entreprise. Les deux décisions d’aujourd’hui ont une résonance politique et auront un impact négatif sur le procès des salariés d’Air France. Les syndicalistes sont de plus en plus poursuivis au pénal comme des voyous. »

Chez Goodyear, l’employeur avait retiré sa plainte. Mais le procureur a décidé de poursuivre. Concernant ERDF-GDRF, le parquet avait requis 1 500 euros d’amende, contre 1 euro pour la partie civile. Le climat se durcit pour les militants qui défendent les droits des salariés. Le 4 décembre 2015, un ancien salarié de Tefal a été condamné après avoir communiqué à l’inspectrice du travail des documents de la direction prouvant qu’elle voulait écarter la fonctionnaire gênante. Celle-ci en a informé les syndicats de son ministère et, pour cela, a été reconnue coupable de « recel » et de « violation du secret professionnel ». Un jugement scandaleux. Cinq procédures de licenciement ont été 
enclenchées, mi-novembre, envers des salariés d’Air France, à la suite de l’affaire « de la chemise déchirée » du DRH. Leur procès aura lieu fin mai devant le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis), pour « violences » sur des cadres et des vigiles en marge du comité central d’entreprise du 5 octobre. D’autres plaintes ont été déposées auprès du parquet de Bobigny, pour « violences » et « dégradations ». Le parquet de Lyon, lui, s’obstine à attaquer en cassation deux syndicalistes CGT pour diffusion de tracts sur l’autoroute en 2010. Le motif ? L’action militante n’aurait pas été déclarée en préfecture. Les syndicalistes ont déjà été relaxés deux fois, mais le procureur s’acharne.

Restriction des manifestations sous couvert d’état d’urgence, militants écologistes assignés à résidence pendant la COP21, bourses du travail menacées… la répression de la contestation sociale n’a jamais été aussi violente : faut-il bientôt craindre une proposition de déchéance de la citoyenneté pour les militants ?

Les pistes d’économistes pour faire baisser le chômage

LE MONDE ECONOMIE |   • Mis à jour le  |Par  Béatrice 

Le président de la République doit présenter, lundi 18  janvier, de nouvelles mesures pour, enfin, « inverser la courbe du chômage », comme il s’y était engagé. Une fois de plus, pourrait-on dire, tant les plans se succèdent depuis plusieurs décennies pour lutter contre ce fléau  : politiques de relance de la demande par la dépense, augmentation du niveau d’études, emplois aidés, emplois jeunes, aides aux entreprises sous la forme d’une diminution des charges, formation des chômeurs, développement de l’apprentissage…

Et pourtant, malgré ce déploiement considérable de moyens, avec 10,6  % de sa population active sans emploi en janvier, la France ne parvient pas à résorber le chômage. Parmi les grands pays occidentaux, c’est aujourd’hui l’un des seuls à ne pas avoir réussi à le faire baisser durablement. Alors, que se passe-t-il  ? De nombreux économistes se sont penchés sur le sujet pour tenter de comprendre d’où vient cette spécificité française.

Lire aussi : Emploi : les patrons réclament un « électrochoc »

La démographie n’est pas étrangère à la situation  : « Le chômage en France est élevé de manière structurelle  », affirme Stéphane Carcillo, professeur associé au département d’économie de Sciences Po. « Le maximum a été atteint en 1997, avec 10,8  % de chômage, et là on est à 10,6  %. On est très rarement descendus au-dessous de la barre des 8  %. » Pourquoi  ? « En France, il arrive chaque année 30  % de jeunes de plus sur le marché du travail qu’en Allemagne  », souligne Michel Abhervé, professeur associé à l’université de Paris-Est-Marne-la-Vallée. Ce phénomène se double d’un autre élément majeur  : les Français partent – ou devraient partir – à la retraite de plus en plus tard. Au-delà, les experts sont globalement d’accord pour dire qu’il ne sert à rien de dépenser « plus  », mais qu’il faut dépenser « mieux  », et qu’il est possible d’agir sur certains leviers.

 Abaisser le coût du travail

« Aujourd’hui, en France, le coût du travail au niveau du salaire minimum est encore ennemi de l’emploi  », tranchent Pierre Cahuc et André Zylberberg, respectivement directeur du laboratoire de macroéconomie du Centre de recherche en économie et statistique (Crest) et directeur de recherche émérite au CNRS. Selon l’OCDE, le salaire minimum brut était, en 2013, le plus élevé des pays membres après le Luxembourg  : 10,6 dollars (9,7 euros) l’heure contre 7,85 au Royaume Uni et 9,69 en Allemagne. Certes, de très nombreux dispositifs sont déjà venus alléger le coût du travail pour les entreprises  : exonérations de charges, crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), pacte de responsabilité… N’en déplaise à ceux qui dénoncent les « cadeaux » ainsi faits aux entreprises, les allégements de charges « doivent être poursuivis et amplifiés tant que le salaire minimum détruit des emplois », ajoutent les deux chercheurs.

Autres pistes : « Subventionner certaines embauches  »créer un impôt négatif sur les bas salaires ou redistribuer du revenu par le biais du RSA (revenu de solidarité active). Faute de quoi, le smic peut avoir des conséquences opposées à celles recherchées, puisqu’il accroît les inégalités en empêchant l’accès à l’emploi, notamment pour les chômeurs les moins qualifiés (50  % des demandeurs d’emploi n’ont pas le bac).

LE SMIC PEUT AVOIR DES CONSÉQUENCES OPPOSÉES À CELLES RECHERCHÉES, PUISQU’IL ACCROÎT LES INÉGALITÉS EN EMPÊCHANT L’ACCÈS À L’EMPLOI.

Yannick L’Horty, professeur d’économie à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée, va plus loin  : non seulement le coût du travail est un frein à l’embauche, mais il s’ajoute « à l’insécurité sur le coût d’une éventuelle séparation  ». A cet égard, la volonté manifestée par le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, d’encadrer le montant des indemnités prud’homales va plutôt dans le bon sens. Notons d’ailleurs que la complexité juridique du contrat de travail – y compris des conditions de sa rupture – reste un obstacle à l’accès à l’emploi.

Mieux cibler la formation

Former 500 000 chômeurs, comme le prévoit François Hollande  ? Si tant est que ce soit réalisable, les économistes sont sceptiques sur l’efficacité d’une telle mesure. Jamais, pointent-ils en effet, le niveau global d’éducation d’une génération n’a été aussi élevé, et pourtant le chômage n’a jamais été aussi fort.

JAMAIS LE NIVEAU GLOBAL D’ÉDUCATION D’UNE GÉNÉRATION N’A ÉTÉ AUSSI ÉLEVÉ, ET POURTANT LE CHÔMAGE N’A JAMAIS ÉTÉ AUSSI FORT.

Certes, le lien est établi entre le niveau d’études et la capacité à entrer sur le marché du travail. Mais encore faut-il que les formations correspondent à un besoin, ou encore qu’elles répondent à l’évolution des métiers, ce qui est loin d’être toujours le cas en France, comme le démontre l’économiste Mathilde Lemoine dans son rapport pour la fondation Terra Nova (Entrer et rester dans l’emploi, un levier de compétitivité, un enjeu citoyen, juin 2014, Fondation Terra Nova).

Stéphane Carcillo, lui, fait le constat que la formation coûte extrêmement cher : 30 milliards d’euros, trois fois plus que le budget total de l’emploi. Pour quel résultat  ? « On ne sait pas très bien où va cet argent, le système n’est pas du tout évalué  », souligne le chercheur. « Il est généralement plus efficace d’intégrer ces personnes dans l’emploi en réduisant le coût de leur travail  », jugent MM. Cahuc et Zylberberg.

Les préconisations vont toutes dans le même sens  : réorienter les dépenses publiques de formation vers les très jeunes enfants, dans les populations les plus défavorisées, en interaction avec le milieu familial ; et ensuite vers les programmes ciblés, avec un suivi long et coûteux des bénéficiaires, ce qui suppose d’en finir avec le saupoudrage des aides. Et, pourquoi pas, « laisser les entreprises former les gens en fonction de leurs besoins, comme aux Etats-Unis  », comme le remarque Stéphane Carcillo.

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Réellement valoriser l’apprentissage

Depuis Raymond Barre, le premier à l’avoir mis au menu en 1979, rares sont les gouvernants qui n’ont pas mis en avant l’apprentissage comme l’une des clés de l’emploi des jeunes. Effectivement, l’apprentissage se révèle relativement efficace  : il permet d’améliorer d’environ 10 % l’insertion et l’intégration des jeunes sur le marché du travail.

Mais la comparaison avec l’Allemagne, sans cesse montrée en exemple, trouve ses limites. D’abord parce que les tensions sur le marché du travail et le vieillissement de la population outre-Rhin font que les entreprises y ont besoin d’embaucher et de former des apprentis. Ensuite parce que, dans les pays où l’apprentissage fonctionne bien, les référentiels de diplômes et les formations sont organisés par les entreprises et plus tournées vers les aspects techniques qu’en France.

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Les professionnels sont beaucoup plus impliqués dans le processus et, d’ailleurs, les jeunes passent trois fois plus de temps dans l’entreprise qu’en France. Ainsi, «  en Allemagne, le jeune est un investissement pour l’entreprise, alors qu’en France, quand ils pensent apprentissage, beaucoup de patrons pensent en réalité coût du travail  », déplore Bertrand Martinot, économiste, ancien délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle.

L’image de l’apprentissage en France, malgré les coûteux efforts déployés pour en faire la promotion, reste mauvaise  : il continue à résulter d’une orientation par l’échec, alors qu’en Allemagne ce sont plutôt des bons élèves qui sont amenés dans cette voie. Le rôle de l’éducation nationale est ainsi pointé du doigt  : peu soucieuse de valoriser l’apprentissage, l’institution préfère investir dans les lycées professionnels.

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Laisser plus de place aux nouveaux acteurs

Les files de taxis bloquant le périphérique parisien pour s’opposer à l’arrivée de nouveaux acteurs en est un exemple frappant : lorsqu’il s’agit d’économie, la France est malthusienne. « Les entreprises installées empêchent les entreprises jeunes de se créer et de croître  », constate Francis Kramarz, directeur du Crest, professeur de sciences économiques à l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique et à Polytechnique.

LE PROBLÈME N’EST PAS CELUI DE L’INITIATIVE, MAIS CELUI DE LA CROISSANCE

Pourtant, la France regorge de start-up. Le problème n’est donc pas celui de l’initiative, mais celui de la croissance. « Or, poursuit Francis Kramarz, ce ne sont pas les toutes petites entreprises qui créent des emplois, mais les entreprises jeunes appelées à grossir ou à mourir. » Le manque de concurrence participe de cet assèchement  : « Un certain nombre de métiers souffrent de blocages corporatistes, ce qui réduit les emplois potentiels  », constate Stéphane Carcillo, qui souligne qu’« augmenter la concurrence ne coûte rien  ». Des progrès sont accomplis dans ce domaine depuis quelques années, mais il reste encore beaucoup à faire dans certains secteurs.

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Rendre l’assurance-chômage plus incitative

Au risque de soulever l’ire des syndicats, plusieurs experts n’hésitent pas à avancer l’hypothèse que l’assurance-chômage est l’une des causes du maintien d’un chômage élevé en France. Non seulement la durée maximale d’indemnisation (24 mois sans dégressivité, 36 mois pour les seniors) est l’une des plus élevées au monde, mais encore n’encourage-t-elle pas assez la reprise d’activité. « Il apparaît que la France n’a pas un système de sanctions particulièrement sévère en cas de refus d’offre d’emploi ou de formation, notamment en comparaison des pays d’Europe du Nord  », conclut Pierre Cahuc.

« Les gens ne devraient pas pouvoir tout refuser  », affirme de son côté Francis Kramarz, qui estime que ce problème « a été résolu en Allemagne avec les lois Hartz [adoptées entre 2003 et 2005] ». Quant à l’arsenal de mesures (prévention, accompagnement…) qui doit permettre d’amortir les plans sociaux, l’économiste le trouve « plus néfaste qu’autre chose, car ces mesures nuisent à la pro-activité des salariés  ».

L’IDÉE N’EST PAS DE DÉMANTELERL’ASSURANCE-CHÔMAGE MAIS DE MIEUX L’ORGANISER ET LA RÉPARTIR

L’idée n’est pas de démanteler l’assurance-chômage mais de mieux l’organiser et la répartir. En effet, elle ne bénéficie aujourd’hui qu’à un chômeur sur deux, car elle exclut les jeunes qui n’ont jamais travaillé et les seniors arrivés en fin de droits. Le dispositif pourrait aussi tenir compte du contexte global, par exemple en raccourcissant la durée d’indemnisation quand la situation économique s’améliore.

Simplifier et évaluer les dispositifs

Au fil des années et des plans, les dispositifs de lutte contre le chômage forment un système d’une extrême complexité, illisible. Et malgré l’existence du Conseil d’analyse économique, du Conseil d’orientation pour l’emploi, du Conseil économique social et environnemental et autres institutions chargées d’évaluer les politiques publiques, « on assiste, depuis quarante ans, à un va-et-vient de mesures sans aucune évaluation digne de ce nom  », affirment Pierre Cahuc et André Zylberberg.

« ON ASSISTE, DEPUIS QUARANTE ANS, À UN VA-ET-VIENT DE MESURES SANS AUCUNE ÉVALUATION DIGNE DE CE NOM  », AFFIRMENT LES ÉCONOMISTES PIERRE CAHUC ET ANDRÉ ZYLBERBERG

C’est d’autant plus regrettable que certaines mesures peuvent se révéler contre-productives. Comme le cas des emplois aidés dans le secteur non marchand, in fine « catastrophiques  » pour les jeunes  : deux ans après, les bénéficiaires ont moins de chances d’être dans l’emploi que les autres !

Les acteurs eux-mêmes (y compris les quelque 30 000 conseillers de Pôle emploi) s’y perdent. « Aujourd’hui, reconnaît Bertrand Martinot, pourtant ancien délégué à l’emploi et à la formation professionnelle, si un patron vient me voir, je suis incapable de lui donner le coût de son apprenti. » Une simplification drastique des aides s’impose, de même qu’un « arrêt sur image  » pour analyser les dispositifs existants, conserver ou généraliser ceux qui fonctionnent et supprimer les autres.

Alors, va-t-on, en France, prendre le problème du chômage à bras-le-corps et s’attaquer, enfin, aux vraies difficultés ? Les experts ne semblent pas entrevoir le bout du tunnel. « On a trouvé un équilibre social qui peut durer encore quelques années, constate Bertrand Martinot. La preuve, la société n’a pas explosé. » Francis Kramarz va plus loin  : « Les gens se bougeront quand on aura 20  % de chômage. D’ici là, il n’y a pas de raison que les élites ou la classe politique, qui ne sont pas touchées, sortent de leur indifférence. » Yannick L’Horty, lui, estime qu’« on n’a pas encore atteint le fond de la piscine  » et rappelle qu’il a fallu que l’Irlande atteigne, en 1987, un taux de 20 points de chômage environ pour mettre sur pied un « pacte national ».

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L’avenir de notre alimentation se joue à l’Assemblée nationale !

 

La proposition de loi visant à favoriser l’ancrage territorial de l’alimentation, portée par Brigitte Allain et signée par l’ensemble du groupe écologiste sera examinée jeudi 14 janvier en séance publique.

Après une adoption comportant peu de changements en Commission des affaires économiques fin décembre, Brigitte Allain compte sur tous les groupes politiques pour voter une loi exigeante et porteuse d’avenir pour les générations futures.

La proposition de loi est conduite dans la lignée de la Loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, qui fait de l’ancrage territorial un des piliers de la politique alimentaire. De nombreuses collectivités sont déjà engagées dans une démarche responsable.

Elle traduit aussi en actes les engagements du Président de la République pris lors de la Conférence environnementale en 2014 de porter à 40% les produits bio et locaux dans les cantines de notre pays en 2017. Ces promesses répondent à une exigence de la société. Selon une enquête de juillet 2014 de l’Agence bio, 68% des parents et 53% des salariés veulent voir plus d’aliments biologiques dans l’école de leurs enfants ou sur leur lieu de travail.

A travers 5 articles, le texte cherche à créer une dynamique de production agricole durable et de consommation locale. Elle joue sur la demande en contraignant les restaurants collectifs publics (cantines, hôpitaux, restaurants de collectivités, etc.) à se fournir à hauteur de 40% en produits durables (locaux, bio, de qualité). Mais elle traite aussi de l’offre de produits durables, en posant l’alimentation comme composante d’une politique régionale. Les élus avec les agriculteurs, citoyens, parents d’élèves, sont appelés à construire ensemble des projets alimentaire territoriaux pour une meilleure gouvernance alimentaire locale.

Pour plus d’informations

Retrouvez l’infographie qui explique la loi en quelques mots, en cliquant ici.

Retrouvez le dossier législatif ici :

http://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/ancrage_territorial_alimentation.asp

La proposition de loi :

http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/ta-commission/r3355-a0.pdf

 

Les biens communs, un « nouveau narratif » pour le XXIe siècle

Les biens communs, un « nouveau narratif » pour le XXIe siècle

 

Les biens communs : un thème à la mode dans les milieux universitaires et intellectuels. Mais en plus d’être un concept porteur d’espoir, les biens communs s’incarnent déjà dans des pratiques concrètes que des militants, des élus et des entrepreneurs font vivre chaque jour. Lors de la dernière Rencontre de Reporterre, un débat animé a eu lieu pour comprendre en quoi ce concept et ces pratiques constituent un nouveau chemin pour le XXIe siècle. Le voici restitué en vidéo.

Niché en haut de la rue Ménilmontant dans le 20e arrondissement de Paris, le bar-restaurant le Lieu dit nous a accueilli une nouvelle fois pour une rencontre en musique afin de conclure notre enquête sur les biens communs. Rien de tel pour commencer le débat que de sonder le public. Alors pour savoir ce qu’évoque le thème du débat chez chacun, un petit quizz distribué dans la salle demandait : pour vous qu’est-ce que les biens communs ?

En tête du classement ce sont les semences qui ont été désignées : 39 voix. En deuxième position : l’eau, les connaissances et la biodiversité avec 36 voix. Puis en troisième position les informations : 35 voix. (Classement complet à la fin de l’article). Enfin, vous n’avez pas hésité à proposer vos propres idées de biens communs : l’amour, le chocolat, la tolérance ou encore… le silence…

Les « communs » : une organisation ancienne

Pour lancer le débat, Benjamin Coriat, professeur de sciences économiques à l’université Paris 13 et membre du Collectif des économistes atterrés, a tenu à marquer la distinction théorique entre les biens communs et les communs. Ces derniers désignent une ressource gérée par une communauté qui en est la seule bénéficiaire, avec des règles qu’elle établit elle-même. A l’inverse, les biens communs constituent une ressource qui n’est pas encore gérée en communauté et selon des règles précises. L’enjeu est donc de les reconnaître comme tels afin que des ressources comme la terre ou l’eau soient gérées de manière soutenable.

Et pour Coriat, c’est selon la logique des communs que s’est organisée naturellement la campagne anglaise du XIV au XIXe siècle : avec les commonors. Mais cette époque heureuse n’a duré qu’un temps : les manufacturiers, l’armée, et le Parlement anglais ont favorisé « l’enclosure », la pose de barrières dans les champs, une séparation symbolique pour mettre fin à ce système.

Cette privatisation massive des terres s’est accompagnée d’une dégradation de la productivité agricole et de la qualité des sols. Ce sont des études réalisées dans les années 1980 par Elinor Ostrom, économiste récompensée par le prix Nobel en 2009 pour ses travaux sur les communs, qui l’ont mis en évidence (voir ici un aperçu de ses travaux).

Depuis 2003, Terre de liens ravive l’esprit des communs dans le monde agricole. « Nous faisons des communs sans le savoir » s’amuse Philippe Cacciabue, gérant chez Terre de liens. L’association est une « machinerie », explique-t-il, qui consiste à acheter des terres pour les louer à des paysans en installation. Une foncière au fonctionnement complexe, qui doit passer par le marché (en achetant) et par l’Etat (avec des subventions) pour confier la terre à ceux qui en prendront soin.

L’espace public et numérique à se réapproprier

Quelle est la place de l’Etat dans le processus de reconstitution des communs ? Laurence Comparat, adjointe au maire de Grenoble en charge de l’accès à l’information estime qu’il doit accompagner tout en restant ouvert aux initiatives citoyennes. A la mairie de Grenoble, les élus ont pris plusieurs mesures allant dans le sens d’un retour aux communs : la mise en place de jardins publics, la remunicipalisation de l’eau… La suppression de la publicité dans les rues de la ville est la mesure qui a fait le plus grand bruit, ce qui a étonné les élus. « Quand on parle de libérer l’espace public de la publicité, du monde marchand, ça n’est pas anodin », en conclut Laurence Comparat.

S’il y a un espace qui bouleverse les formes traditionnelles de propriété, c’est bien Internet. Pour Benjamin Coriat, il permet de re-créer des communautés, et présente un espoir pour l’idéologie des communs. Le savoir et la connaissance sont au centre du réseau connecté. Christophe Henner est responsable de Wikimédia France, et plaide pour un accès à tous à la culture. Une volonté qui va à l’encontre des sociétés chargées de gérer la propriété intellectuelle et les droits d’auteur. Pour Christophe Henner, il s’agit aussi de bousculer l’idée qu’un sachant donne son savoir à un apprenant, et affirmer que les apprenants échangent dans une interaction positive.

Logiciels libres, quantités d’objets de consommation en accès libre… pour Benjamin Coriat si les « communs » se sont multipliés dans le domaine de l’information et de la culture c’est en réponse à « folie d’extension de la propriété intellectuelle » opérée à partir des années 1970 : gènes humains, algorithmes mathématiques, droits d’images des monuments parisiens ont été appropriés. Cette tendance a généré une forte 
contestation de la part des artistes, chercheurs et intellectuels.

La loi, l’Etat et les citoyens pour construire la société des communs

Le développement des communs ne se fait pas sans une structure juridique. D’ailleurs en France, la catastrophe juridique, selon Coriat, c’est le code civil de 1804, parce qu’il fait l’apologie de la propriété privée, exclusive, pleine et entière comme seule forme de propriété possible. Ne subsistent que deux formes de choses communes : « Celles qui sont inappropriables par nature : l’océan, le ciel etc., et celles qui sont communes parce qu’elles n’ont pas encore été appropriées ».

Des outils juridiques, mais aussi des citoyens engagés et impliqués dans la transformation de la société. Chacun à leur manière Benjamin Coriat, et Laurence Comparat valorisent le travail de la société civile et des individus face au chantier des communs.

Mais l’élaboration et l’identification d’une propriété commune restent extrêmement complexes. Philippe Cacciabue revient sur l’étymologie du mot commun, et prend l’exemple de la forêt amazonienne pour l’illustrer : doit-elle appartenir au Brésil ? Aux peuples indigènes ? A certains Etats du pays ?

Complexes et menacés à travers le monde, les communs doivent cependant constituer le « nouveau narratif » affirme Benjamin Coriat, avec l’approbation des autres invités ; la nouvelle feuille de route vers une société qui a pris sérieusement en compte la gestion de ses ressources.


Le classement biens communs selon les participants à la rencontre :

1. Semences : 39 voix.
2. Eau, connaissances, biodiversité : 36
3. Information : 35
4. Air : 34
5. Atmosphère : 33
6. Logiciels, génome : 28
7. Modes de vie : 21


Lire aussi : Avec les biens communs, les citoyens reprennent la main


Source : Mathilde Gracia pour Reporterre.

Vidéo : Thomas Baspeyras.

Cette rencontre a été organisée avec le soutien de la Fondation pour une terre humaine.

 DOSSIER    Biens communs

12 janvier 2016
Face à l’obsession sécuritaire, dessiner un avenir souhaitable
 Tribune

11 janvier 2016
La belle histoire de l’installation de onze jeunes paysans sur une ferme du Limousin
 Alternative

12 janvier 2016
Notre-Dame-des-Landes : opération escargot menée mardi matin à Nantes et ailleurs
 Reportage

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Danger : validation du permis ‪‎gaz de schiste‬ de Montélimar accordé à Total ?

Coup de tonnerre : peut-être l’annulation de l’abrogation du permis ‪‎gaz de schiste‬ de Montélimar accordé à Total ‪!

 

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Bonjour,

Les conclusions du rapporteur public à l’audience du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 8 janvier préconisent de ré-octroyer le permis de recherche de Montélimar à Total. Les conclusions du rapporteur public sont généralement suivies par le TA.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
du 16 janvier 2016
DES COLLECTIFS ANTI GAZ DE SCHISTE
IMPACTES PAR LE PERMIS DE MONTELIMAR
Les collectifs des 5 départements impactés par le permis de Montélimar (Ardèche,
Drôme, Gard, Vaucluse et Hérault), se sont réunis ce samedi 16 janvier 2016.
Ils invitent la population et les élus à se mobiliser le dimanche 28 février 2016, à
Barjac (Gard), face au risque de réattribution du permis détenu par Total.
Ce rassemblement sera l’occasion de rappeler au gouvernement notre exigence de
rejeter toute possibilité de réattribution de ce permis.
De même, nous exigeons du gouvernement qu’il interdise définitivement toute
exploration et exploitation de gaz et pétrole de schiste et autres hydrocarbures non
conventionnels.
Ceci conformément aux engagements du Président de la République lors de la COP
21 et, plus récemment, de la ministre de l’écologie à l’Assemblée nationale.
Contact presse : Paul Reynard 06 85 55 00 63
LES GAZ ET PETROLES DE SCHISTE ET DE COUCHE
NI ICI, NI AILLEURS, NI AUJOURD’HUI, NI DEMAIN !

https://www.facebook.com/bassindales/posts/1009082309129890

Des collectifs concernés par ce permis ont peut-être été oubliés dans cet envoi, merci de faire suivre à ceux concernés.

Pour le Collectif 07

La politique des transports accélère le réchauffement climatique

 

En France, la politique des transports accélère le réchauffement climatique

GÉRARD LE PUILL
Trains

Les chiffres contenus dans le rapport sur « les comptes des transports en 2014 » sont préoccupants et montrent que la route continue de gagner des parts de marchés au détriment du rail tandis que la baisse du prix du pétrole risque d’accentuer cette tendance.

Trois semaines après l’accord non contraignant de la Conférence de Paris sur le climat, l’année 2016 débute dans une ambiance de total oubli des enjeux climatiques chez les décideurs politiques et économiques en France comme dans le monde. Tout se passe comme si aucun Etat n’était concerné par ce qu’il a promis de signer et de respecter pour contenir le réchauffement à moins de + 2°C par rapport à la période préindustrielle de la fin du XIXème siècle. En France, aucun décideur ne semble se soucier des modifications profondes qu’il faudra introduire dans nos manières de produire et de consommer pour atteindre un tel objectif.

J’ai profité de la « trêve de confiseurs » pour lire le tome 1 du « 52ème rapport à la commission des comptes de la nation » sur « les comptes des transports en 2014». L’utilité de ce rapport provient des chiffres qu’il contient, beaucoup plus que des commentaires faits par les gens qui l’ont écrit. Il commence par nous dire que dès l’année 2014 « la baisse du prix des carburants à la pompe favorise le développement de la circulation routière des véhicules particuliers (75% de la circulation routière), des bus et des cars interurbains, ce qui s’accompagne d’une augmentation des accidents de la route ». Voilà qui augure mal du bilan carbone de l’année 2015 et peut-être l’année 2016 si le prix du pétrole reste durablement bas.

Car, nous dit ce rapport, en 2014 « le transport individuel, qui représente 83% du transport de voyageurs, augmente de 1,2%, deux fois plus vite qu’en 2013».

Qui dit transport individuel dit aussi et surtout voiture particulière. « En 2014, la circulation routière augmente de 0,8%, à un rythme un peu plus élevé que se moyenne annuelle depuis 2008 (+ 0,5%). La circulation des voitures particulières, 75% de la circulation totale, s’accroît de 1%, celle des véhicules utilitaires légers de 0,6%, sans doute en lien avec le développement électronique et des services aux personnes », dit le rapport. Plus les Français passent des commandes sur internet, plus on utilise des montagnes de cartons pour faire des petits colis individuels et plus on met des camionnettes sur la route et dans les villes déjà encombrées pour livrer ces marchandises le plus vite possible.

Là encore le bilan carbone ne va pas s’améliorer dans les transports sur route. Or, selon ce même rapport, « les transports sont, en 2014, responsables de 29,6% des émissions de gaz à effet de serre (39% des émissions de CO2, mais 17% des autres GES) ». Après avoir précisé que le transport routier dans sa globalité « émet à lui seul 94,6% du CO2 des transports », le rapport donne les précisions suivantes : « Les voitures particulières émettent plus de la moitié des émissions du transport routier (56% en 2013, 59% en 1990). Leurs émissions ont augmenté de 2,7% entre 1990 et 2013 au total, accroissement limité grâce sans doute, à la diésélisation du parc».Surprenante a priori, cette dernière affirmation nous indique que le diesel émet moins de CO2 qu’un véhicule à essence. Cela est vrai mais n’enlève rien à la dangerosité des particules fines émises par le diesel.

Enfin, alors que la lutte contre le réchauffement climatique impliquerait une plus grande place donnée au rail au détriment de la route, le contraire a été observé en 2014, avant même l’arrivée des cars Macron destinés à concurrence le train grâce à des prix plus attractifs. Le rapport fait état d’une quasi stabilité du transport collectif ajoutant qu’elle est « due à l’augmentation du transport collectif par la route (+1,9%) compensant la diminution du transport aérien (-2,3%) et celle du transport collectif ferré (-0,3%). On apprend aussi que dans l’augmentation des transports collectifs par la route, la part des autocars augmente de 0,9%. Ce qui semble indiquer que le covoiturage de ville à ville a augmenté davantage. Et le rapport de conclure ainsi : « le transport ferroviaire longue distance (trains à grande vitesse et trains interurbains classiques) diminue pour la troisième année consécutive (- 0,5% en 2014 après -1,2% en 2013 et – 2,7% en 2012). Cette évolution cumule une légère diminution du transport des lignes à grande vitesse (-0,1% après -0,5% en 2013) et la poursuite de la baisse des grandes lignes hors train à grande vitesse (-3,6% après – 5,8% en 2013) ».

Alors que le transport d’un voyageur par le train émet huit fois moins de GES que par la route, c’est le train qui perd des voyageurs au profit de la route ! Voilà qui augure mal du respect par la France de l’accord obtenu à Paris sur le climat.

pétition : interdisons les pesticides néonicotinoïdes

Monsieur le Ministre Stéphane Le Foll: Protégeons la pollinisation, interdisons les pesticides néonicotinoïdes

pétition 

On savait les pesticides néonicotinoïdes dangereux pour les abeilles, on sait maintenant qu’ils menacent le processus de pollinisation. En effet, une nouvelle étude (1) de la Royal Holloway University of London publiée le 18 novembre 2015 vient de démontrer pour la première fois un impact direct d’un pesticide de la famille des néonicotinoïdes (classe de pesticides qui agit sur le système nerveux des insectes) sur la pollinisation des pommiers par les bourdons, l’un des pollinisateurs essentiels de l’arbre fruitier en question.Selon les résultats de cette étude, les colonies de bourdons exposées à un pesticide néonicotinoïde butineraient beaucoup moins régulièrement les fleurs des pommiers. Les chercheurs qui ont réalisé ce travail nous alertent aussi sur le fait que les pommiers pollinisés par des bourdons exposés à des pesticides néonicotinoïdes contenaient 36% moins de graines que ceux pollinisés par des abeilles non exposées.

Le 19 mars 2015, l’Assemblée nationale a voté l’interdiction à compter de janvier 2016 des produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes tant leur toxicité sur les insectes hyménoptères (abeilles, bourdons) a été démontrée à plusieurs reprises. Malheureusement, cette proposition avait été retoquée par le Sénat le mois suivant.

Pourtant, se débarrasser de ces pesticides néonicotinoïdes doit rester une priorité. Les interdire, c’est d’abord protéger l’agriculture en général car les cultures qui dépendent des pollinisateurs assurent plus d’un tiers de la production mondiale de nourriture selon l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique). Mais prohiber ces substances nocives c’est aussi protéger la santé des agriculteurs et agricultrices, qui connaissent déjà de nombreux soucis économiques.

Monsieur Le Foll, c’est grâce au travail que vous aviez effectué au niveau européen que la Commission européenne avait décidé en décembre 2013 d’interdire pour une période d’au moins deux ans l’utilisation de trois néonicotinoïdes dans certaines circonstances.

Si cette décision était un premier pas dans la bonne direction, elle ne suffit plus aujourd’hui en 2015 considérant la littérature scientifique dont cette étude la Royal Holloway University of London.

Si votre gouvernement n’a pas soutenu le vote de l’Assemblée nationale du 19 mars 2015, vous avez aujourd’hui tous les éléments scientifiques en mains pour interdire définitivement le recours aux pesticides néonicotinoïdes en France et faire pression sur la Commission européenne dans le cadre de la réévaluation de certaines de ces substances au cours des prochaines semaines.

Après enquête : le collectif Citoyen n’a pas financé la campagne départementale

Communiqué

 Les subventions du collectif 2015 

Nous souhaitons la fin de cette polémique

Les subventions du collectif citoyen concernant les rencontres citoyennes et les activités 2015 du Collectif Citoyen, ont été supprimées par la mairie de Dieulefit, au motif que le collectif citoyen aurait mis ses ressources au service de la campagne de la liste alternative dont les candidats étaient :

Mariette Cuvellier – Pascaline Chambart – Gérard Triaire – David Peyremorte

 Cela est confirmé par les propos relevés dans le compte rendu du conseil municipal du 13 mai 2015

Madame la Maire s’exprime ainsi :

« L’association a adressé au nom du collectif citoyen une invitation à voter à une liste de candidats. cela pose un problème majeur quand une association perçoit des subventions de la commune ou d’autres collectivités… « une association financée par des fonds publics n’a pas à appeler à voter pour un candidat à une élection. »

 Le collectif citoyen a subi de graves préjudices 

La suppression par la mairie de Dieulefit des subventions au Collectif Citoyen, fut une première conséquence pénalisante.

Mais, le plus grave est que cela a terni l’image de notre association, qui se veut ouverte, plurielle, et n’a pas pu communiquer avec les habitants via le journal municipal.

 

Le collectif citoyen a été également remis en cause sur dénonciation anonyme, concernant son éventuelle implication dans la campagne électorale, au profit de la liste alternative.

La commission nationale des comptes de campagne a mené une enquête :

Tous les documents réalisés ou publiés pendant cette campagne ont été expertisés : aucune intervention illégale du Collectif Citoyen n’a été trouvée, aucune charge n’a été retenue. 

Le collectif citoyen avait bien eu un rôle de neutralité, en invitant les habitants à participer à TOUTES les réunions des listes, Citoyennes, Socialistes, UMP, comme il le fait à toutes les élections. Il a été prouvé que le collectif citoyen n’avait pas participé financièrement à la campagne.

 A l’issue de l’enquête de la commission nationale des comptes de campagne, le Collectif Citoyen a été totalement blanchi concernant une implication éventuelle et partiale dans la campagne départementale de la liste alternative. 

 Aussi, le collectif citoyen souhaite clore ce débat et retrouver la confiance des habitants et de la municipalité.

 Nous demandons le rétablissement des subventions pour les activités solidaires, notre seul et unique objet, et qui sont reconnues par tous de grand intérêt pour la collectivité.

 Nous voulons retrouver notre droit d’expression dans le journal municipal et bénéficier des mêmes règles d’accès aux salles que l’ensemble des associations.

 Nous demandons que les conclusions de ce communiqué soient inscrites au procès verbal du Conseil Municipal.

 Pour rappel :

Aux HLM des Reymonds : soutien scolaire tous les soirs de 17h à 19h

Ateliers : Arts plastiques – informatique – échecs, le mercredi APM 14h-17h

A Espace public Internet : accueil et connexions tous les jours 10h -12h à Dieulefit et dans les villages du canton – Atelier à l’hôpital de Dieulefit – Atelier informatique et handicap – formation collective ou individuelle à la demande

Cinécitoyen : projections de films sur la citoyenneté, le bien vivre ensemble, le climat, les pièges d’Internet, dans les écoles du canton

Ateliers citoyens : débats sur des thèmes d’actualité

Congrès annuel des Rencontres citoyennes : 7/8/9 octobre 2016

 

Nous voulons retrouver notre droit d’expression dans le journal municipal et bénéficier des mêmes règles d’accès aux salles que l’ensemble des associations.

 

Contacts

Collectif citoyen 04 69 26 68 91 45 rue du Bourg 26220 Dieulefit

Site Internet www.collectifcitoyen.org

45 rue du Bourg à Dieulefit

Premiers projets 2016 

Calendrier-janvier-2016 programme à télécharger

Le collectif citoyen est un facilitateur d’initiatives solidaires : tous les projets seront gérés de façon autonome, par votre groupe de travail après inscription

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Le projet jardins solidaire est soutenu par la CAF avec deux possibilités :

 1 Partage de jardin : Des habitants possédant un jardin, le partagent avec des jardiniers occasionnels. Inscription au Collectif Citoyen 45 rue du bourg ou par TEL, précisant si vous offrez un jardin à partager ou si vous souhaitez devenir « jardinier solidaire ».

 2 Jardins solidaires aux HLM des Reymonds Un espace est mis à disposition des habitants pour créer des jardins solidaires. 6 familles sont inscrites à ce jour et ce projet est soutenu par la Caisse d’Allocation Familiale avec plusieurs partenariats : Communauté de Communes, l’association « Jardins Partagés ». Visite de jardins en permaculture et formation (date à venir)

Inscription au Collectif Citoyen 45 rue du bourg ou par TEL, précisant si vous souhaitez accompagner cette initiative, partager des savoirs-faire ou jardiner vous-même.

 Soutien scolaire aux HLM des Reymonds :

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les inscriptions nouvelles doivent être prises auprès du Collectif citoyen 45 rue du Bourg ou par TEL. Vous souhaitez être bénévoles ou inscrire vos enfants : le Collectif ouvre les inscriptions pour d’autres quartiers pour une aide aux devoirs et un soutien scolaire.

 L’école de la ruche 

Suite aux rencontres citoyennes un projet de formation autour de l’apiculture et de mise en place de ruches dans notre contrée est né : Stéphane Hammard en est l’initiateur et vous accompagnera pendant cette année.

Inscription au Collectif Citoyen 45 rue du bourg ou par TEL, précisant si vous voulez bénéficier de cette formation ou offrir un terrain pour les ruches

Pièce-jointe

 

Atelier citoyen autour de films et de débats :

 Jeudi 21 janvier, 18h -20h au local 45 rue du Bourg :

Comment régénérer la démocratie et le débat public ? ….

– Déchéance de nationalité de concitoyens nés en France,

– Inscription de l’état d’urgence dans la Constitution ….

Les initiatives actuelles ne nous semblent pas être des solutions.

La déchéance de nationalité – mesure symbolique – risque bien de stigmatiser une partie des français contre les autres en raison de leurs origines. Quant à la prolongation de 3 mois de l’état d’urgence, elle confère aux préfets et aux forces de police des pouvoirs spéciaux au détriment

du pouvoir judiciaire.

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Solutions locales pour protéger le climat :

Lors du forum climat qui a été suivi par 300 habitants nous avons pris l’engagement de travailler sur les solutions locales à mettre en œuvre pour protéger le climat : habitat, transports, énergie…

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Découvrez le film qui parle de ces sujets essentiels

DEMAIN Le film sera projeté au Labor 22, 23, 24 Janvier 2016

Extrait-d’image-copie « Et si montrer des solutions, raconter une histoire qui fait du bien, était la meilleure façon de résoudre les crises écologiques, économiques et sociales, que traversent nos pays ? Cyril Dion et Mélanie Laurent sont partis avec une équipe de quatre personnes enquêter dans dix pays pour comprendre ce qui pourrait provoquer cette catastrophe et surtout comment l’éviter. »

 Samedi 30 Janvier, 16h- 19h à la Halle :

Conférence de Michel Lepensant :

Propositions pour Penser et Faire la Transition ».

Michel Lepesant, habite dans la Drôme, il enseigne la philosophie, et produit des ouvrages sur la décroissance, le revenu inconditionnel, la monnaie.

Il est à l’origine de plusieurs projets d’alternatives concrètes : une AMAP, une association de producteurs-consommateurs, et surtout il est l’un des trois cofondateurs d’une monnaie locale complémentaire, la Mesure.

Il se définit comme un « décroissant » et anime le Mouvement des objecteurs de croissance, ainsi que le réseau français des Monnaies Locales Complémentaires.

Contacts et activités en cours 

Collectif citoyen 04 69 26 68 91

Site Internet www.collectifcitoyen.org

Courrier : 45 rue du Bourg à Dieulefit (boite à lettre à la porte de droite)

HLM des Reymonds : soutien scolaire tous les soirs de 17h à 19h

Ateliers : Arts plastiques – informatique – le mercredi APM 14h-17h

Espace public Internet : tous les jours 10h-12h à Dieulefit et dans les villages du canton – Atelier à l’hôpital de Dieulefit – Atelier informatique et handicap – formation collective ou individuelle à la demande

Cinécitoyen : projections de films sur la citoyenneté le climat les pièges d’Internet

Rencontres citoyennes : 7/8/9 octobre 2016