Logement : ça va mal !

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Prochaine réunion l’habitat et le climat samedi 30 janvier à la Halle à Dieulefit

Signez la pétition : http://stopexpulsions.wesign.it/fr

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 Nous faisons  le constat suivant : 

– Des dizaines de milliers de personnes sont expulsées de leur logement ou menacées de l’être dans toute la France;
– La dégradation des conditions de logement s’accélère pour les ménages aux revenus modestes, du fait de la cherté du logement et du climat spéculatif et des menaces sur le logement social;
– 1,8 millions de familles sont inscrites souvent depuis des années sur les listes de demandeurs de logement social,
– 2,6 millions de logements sont vacants en France et  sans compter les locaux et bureaux  inoccupés ;

400 CHAMBRES SONT LIBRES A DIEULEFIT AU CLUB MEDITERRANNEE :  le nouvel acheteur se comporte en souverain qui possède le plus bel espace de notre commune. Il ruine impunément notre économie, et laisse à l’abandon des centaines de logements, quand de enfants vivent dehors au pays des droits de l’homme. Les plus riches que riches n’ont plus beaucoup d’éthique. Et si on réquisitionnait ces lieux pour les rendre à la collectivité ?

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– Baisse et insuffisance des moyens financiers publics pour construire les HLM dont notre pays a besoin;

– La volonté du Gouvernement de réduire les APL à de nombreux ménages modestes.

L’urgence :

Mettre en place une politique climatique offensive : construire pour répondre aux besoins

Permettre l’isolation des logements et protéger, par cela même, le climat

Nos élus refusent de parler des entreprises qui ne paient pas d’impôts…

http://www.lerevenu.com/breves/optimisation-fiscale-lassemblee-rejette-le-reporting-pays-pas-pays-apres-un-deuxieme-vote


L'Assemblée nationale a rejeté mardi l'obligation de rendre publics les activités et impôts payés pays par pays pour les grandes entreprises, après un premier vote favorable, le gouvernement ayant demandé une deuxième délibération sur cette mesure à laquelle il était opposé.

Paris, 16 déc 2015 (AFP) -  L'Assemblée nationale a rejeté mardi l'obligation de rendre publics les activités et impôts payés pays par pays pour les grandes entreprises, après un premier vote favorable, le gouvernement ayant demandé une deuxième délibération sur cette mesure à laquelle il était opposé.
Les députés avaient dans un premier temps adopté des amendements socialistes et écologistes en faveur de ces mesures destinées à lutter contre l'optimisation et la fraude fiscales, par 28 voix contre 24, mais le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert a aussitôt demandé une suspension de séance en vue d'une seconde délibération.
Après quelque 40 minutes de suspension de séance, un nouveau vote a eu lieu. Cette fois, les députés ont rejeté le dispositif par 25 voix contre 21.
La mesure, saluée par des ONG, avait été adoptée en première lecture début décembre, mais avait été supprimée au Sénat.
Dans l'hémicycle, M. Eckert a souligné que la France était "volontariste et moteur" pour faire avancer l'Europe "vers plus de transparence". Mais il a estimé que la mesure qui concernerait 8.000 entreprises était "prématurée" et comportait "quelques risques en matière de compétitivité".
Le député Pascal Cherki (PS) a souligné au contraire que "personne" n'entendait affaiblir les entreprises françaises dans la compétition internationale, relevant que la question était de savoir si la France souhaitait être "moteur" en la matière en Europe.
Yann Galut (PS) a aussi souligné que les parlementaires avaient voté le même amendement sur la transparence pour les banques. "On avait dit à l'époque que cela remettrait en cause la compétitivité pour les banques, cela n'a pas été le cas. Et dès qu'on a voté cet amendement, ça a été repris par d'autres Parlements et ça a permis aux autres Etats d'aller de l'avant", a-t-il fait valoir.
Les sociétés concernées par les amendements étaient celles cotées et celles qui remplissent deux parmi trois critères: bilan supérieur à 20 millions d'euros, chiffre d'affaires net supérieur à 40 millions d'euros et plus de 250 salariés.
Les amendements prévoyaient que les informations sur les activités et les impôts payées par ces entreprises dans chaque Etat ou territoire d'implantation seraient publiées en ligne, en format de données ouvertes, centralisées et accessibles au public.
© 2015 AFP

Rencontres citoyennes : les ateliers citoyens

Les ateliers citoyens sont les espaces de réflexion offerts aux citoyens et aux experts locaux : car des experts locaux sont nombreux et de grande compétence.
Antoine Morinay et  André Sieffert ingénieurs agronomes ont fasciné leur auditoire, et les habitants furent tellement nombreux que nous avons du refuser l’entrée à des participants faute de place.

Cette rencontre n’est que le début de l’aventure car nous construisons ensemble les jardins solidaires : donc à suivre !

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L’Asti, association de soutien à tous les immigrés est aujourd’hui au centre de nos préoccupations :

Eux qui prennent en charge l’accueil et l’accompagnement des personnes immigrées sont indispensables à la bonne intégration de nos amis du monde qui doivent quitter leur pays, pour se protéger, pour survivre et donner vie à leurs enfants.

Ces associations sont malheureusement dans l’oeil du cyclone, comme nous le constatons à Valence où la mairie leur retire leur local au nom des économies à réaliser : faire des économies sur les plus pauvres et les populations immigrées, c’est vraiment incroyable !

Bravo aux acteurs de l’ASTI pour leur travail et nous les soutenons cette année : chaque année le Collectif Citoyen soutient une association solidaire et cette année, c’est L’ASTI que nous accompagnerons et nous leur offrons aujourd’hui  un chèque de 300 euros.PA1101531PA1101491

Rencontres citoyennes : réflexions partagées

Les rencontres citoyennes sont de beaux moment d’échange : on réfléchit le monde de demain ensemble et les citoyens ont beaucoup à dire !

Les experts qui ont consacré une partie de leur Wenk-end à venir décrire le monde qui nous entoure et inventer le monde de demain, nous ont apporté des informations essentielles. Les perspectives sont  inquiétantes, si on lit le roman prospectif de Laurent Cordonnier… et il faut lire car il est passionnant  !

Hervé Kempf nous a donné des pistes pour en finir avec ces oligarchies qui ont pris possession de notre monde sans laisser de place aux plus pauvres. Gardons espoirs, on peut s’en sortir, mais  les oligarchies et les médias possédées dans leur grande majorité par les oligarques  sont des adversaires redoutables . A nous d’inventer d’autres façons de faire société.

Jean Claude Boual nous a parlé de l’Europe et nous a surpris par sa connaissance exceptionnelle des traités : lui qui a voté OUI  lors de la dernière consultation, nous a ouvert des interrogations. Il nous a montré que ce rêve d’Europe est un beau rêve, qu’il est dénaturé : mais que la cause n’est pas perdue : on peut encore changer : on va s’y attacher ! chiche !

Et finalement ils sont nombreux nos concitoyennes à rêver d’un monde meilleur , et ils étaient comme chaque année au rendez-vous !

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PA1001411Pièce-jointe!

Rencontres citoyennes 1 : de beaux moments partagés.

Les rencontres 2015 ont été comme les précédentes, chaleureuses, magnifiques, pleine de richesses tant pour les grands que pour les petits.

Le film réalisé par le Conseil Local de Développement a permis de découvrir des acteurs du territoire qui se relèvent les manches pour créer, innover et construire le territoire de demain. Tous ont montré la même détermination, les mêmes difficultés liées au partenariat financier  et aux difficultés budgétaires…Mais tous ont la même volonté de continuer car leurs actions sont importantes pour l’avenir du territoire.

Regarder ce film : lien……

Vieillir sans être vieux

Ce sont les personnes âgées qui vivent à l’Hôpital de Dieulefit qui ont animé cette rencontre. Que bonheur d’entendre leur message : pas de plainte, pas de récrimination : tous ont souligné bonheur de de vivre dans un espace rassurant et surtout riche en activités culturelles et sociales. Un bel hommage pour l’animatrice Clothilde Daublain qui fait en sorte de lutter contre l’isolement? Nous avons rappelé quelle collectif citoyen organise des ateliers informatique à l’hôpital. PA090077PA090062PA090029PA0900231

Abeilles cherchent parrains

Nous avons tout appris sur la vie des abeilles comme sur les prédateurs qui mettent leur vie en péril :

Ces hommes qui ont pourtant tant besoin des abeilles, sans lesquelles la plupart des fruits et des légumes disparaitraient faute de pollinisation.

Les bactéries, les frelons… nos abeilles sont menacés et elles n’ont que les apiculteurs pour parler en leur nom : Stéphane Hammard a été un avocat de grande qualité et sa plaidoirie nous a convaincus

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Les actions solidaires sont menacées partout à gauche comme à droite

 

Pétition contre la fermeture des locaux de l’ASTI à Fontbarlettes

 Pour des raisons budgétairesla mairie de Valence a décidé de retirer le prêt des locaux dont bénéficie l’ASTI (Association de Solidarité avec Tous les Immigrés) depuis 1981, dans le quartier de Rossini à Fontbarlettes.

 Ceci est inquiétant : nous sommes dans une période ou les élus craignent davantage les mouvements citoyens, qui ont une forte insertion dans la cité, alors qu’ils ont déserté ce terrain depuis longtemps. Le but est de reconquérir ces espaces en commençant par les détruire.
Nous devons résister ensemble, car toutes ces associations font un vrai travail solidaire et nos concitoyens ont besoin de leur présence en période de crise.
Nous préfèrerions que les élus de tous bords mettent leur énergie à combattre le ##############, dont ils ne parlent guère, car ils souhaitent l’utiliser comme repoussoir pour retrouver des électeurs.
Nous préférerions qu’ils soutiennent ceux qui aident les plus fragiles et mettent en place des activités culturelles pour tous.
Tous cela n’est pas correct et commençons par être solidaires entre associations en soutenant l’action de l’ASTI.
Faites suivre la pétition ci- jointe à vos contacts.
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Communiqué de l’ASTI :

Dans un esprit de tolérance et de laïcité, depuis plus de 30 ans l’ASTI propose des activités socioculturelles aux enfants et aux adultes du quartier :

  • Accompagnement scolaire
  • Apprentissage de la langue française
  • Ateliers d’expression et ateliers artistiques (Théâtre, arts plastiques, films d’animation etc.)
  • Collectif d’habitants pour améliorer la qualité de vie et le vivre ensemble dans le quartier

Les habitants se mobilisent actuellement pour empêcher la fermeture de ces locaux. Apportez-nous aussi votre soutien en signant la pétition en ligne grâce au lien ci-dessous :

http://www.petitions24.net/contre_la_fermeture_des_locaux_de_lasti_a_fontbarlettes

Vous pouvez aussi transférer cet appel à vos amis qui croient aux valeurs de l’éducation populaire. Plus il y aura de signatures, plus cette pétition retiendra l’attention des décideurs.

Merci d’avance à toutes et tous

Cordialement,

L’ASTI et le collectif des habitants de Rossini

L’union européenne et le cas grec.

Pièce-jointeLa conférence de Jean Claude Boual a vivement intéressé les participants : ils vous offre une analyse complémentaire qui répond aux questions posées par la salle.

                                 L’union européenne et le cas grec.

Jean Claude BOUAL

Le 25 janvier 2015, le peuple grec élit un gouvernement de gauche anti-austérité, pragmatique et fermement décidé à appliquer son programme de réorientation de l’économie grecque dans le cadre de l’Union européenne. Il s’ensuivit une négociation qui dura six mois pendant laquelle ce gouvernement fit preuve d’une certaine naïveté face à ses interlocuteurs, l’oligarchie européenne, qui elle fit preuve d’un cynisme incommensurable et d’une volonté sans faille pour faire tomber ce gouvernement nouvellement élu et en définitive lui faire accepter un accord léonin et inique.

L’oligarchie européenne.

Dès avant les élections les principaux représentants de cette oligarchie avaient exprimé les bases de leur politique. « Nous espérons revoir des têtes connues à Bruxelles » avait déclaré Jean Claude Juncker président de la Commission européenne, sous entendu votez pour le parti conservateur au pouvoir dont nous connaissons les dirigeants à Bruxelles, qui appliquent les politiques néolibérales alors que les dirigeants de Syriza y sont inconnus et veulent mettre en oeuvre une politique anti- austérité dont nous ne voulons pas. Devant le tollé suscité par cette déclaration d’ingérence dans les élections d’un Etat membre de la part des oligarques européens, et après beaucoup d’autres déclarations de même nature, le discours avait été un peu infléchi sans changer sur le fond antidémocratique. En substance les nouvelles déclarations des oligarques européens peuvent se résumer dans la formule : « oui le peuple grec a le droit de choisir les dirigeants qu’il souhaite. C’est la démocratie. Mais les politiques d’austérité, elles, ne se discutent pas et doivent se poursuivre quoi qu’il arrive. » Position moult fois confirmée au cours des six mois de « négociations » « On ne peut pas laisser des élections changer quoi que se soit »[1] répliquait Wolfgang Schäuble, ministre des finances allemand à une invitation timide du ministre des finances de la France, Michel Sapin de trouver une solution, le peuple grec ayant donné un mandat à son gouvernement pour renégocier des pans importants des mémorandums imposés par la « troïka » et acceptés par les précédents gouvernements grecs. Au terme des négociations, Alexis Tsipras, premier ministre grec signait un accord « auquel il ne croit pas »[2] le 13 juillet 2015, instaurant un nouveau programme d’austérité au peuple grec[3]. Mais les créanciers ne s’en satisfirent pas et pour signer l’accord final et technique, exigeaient de nouvelles mesures préalables encore plus dures, comme si les négociations étaient un tonneau des Danaïdes d’austérité sans fonds.[4]

Le but de l’oligarchie européenne et financière n’était pas, bien évidemment, de négocier un nouvel accord avec le gouvernement grec nouvellement élu lui permettant de mettre en œuvre une politique rompant avec l’austérité, donc avec les mantras de la politique communautaire imposée par les gouvernements conservateurs et lâchement acceptée par les gouvernements sociaux démocrates, mais de démontrer aux peuples européens qu’il « n’y a pas d’alternative » à la politique d’austérité, quels que soient les résultats des élections, quels que soient les gouvernements qui en découlent. Cet impératif était d’autant plus important qu’en Espagne des élections générales étant prévues en novembre 2015, les sondages faisant état d’une possible victoire des forces de gauche de Podémos issues notamment des mouvements des indignés, il fallait régler la question grecque avant la « contagion » espagnole, voire à d’autre pays par la suite. Il fallait donc soit mettre à genoux le gouvernement grec, soit l’obliger à démissionner, d’où la volonté et la stratégie d’humiliation, la hargne dans les négociations. Toute sorte d’arguments fut utilisée, le 29 juin par exemple Jean Claude Juncker, président de la Commission européenne déclarait pour justifier que la Grèce devait se plier à la politique de l’oligarchie : « En Europe, aucune démocratie ne vaut plus qu’une autre. Et dans la zone euro, il y a dix-neuf démocraties. Non pas une contre dix-huit, et non pas dix-huit contre une. Pour chacune des démocraties, un vote est un vote, un peuple est un peuple, un citoyen pris individuellement est un citoyen. Ce n’est pas un jeu de poker menteur. Il n’y en a pas un qui gagne et un autre qui perd. Soit on est tous gagnants, soit on est tous perdants. » Certes toutes les démocraties en Europe sont égales en dignité, mais la démocratie c’est justement de respecter le vote des peuples et pas d’imposer à un au prétexte que son vote ne vaut pas plus que celui de son voisin une politique qu’il ne veut pas. Or c’est exactement ce que fait la troïka, organisme hors sol et a-démocratique pour qui la démocratie n’a pas lieu d’être. Pour elle un vote démocratique d’un peuple n’a pas d’existence s’il n’accepte pas sa philosophie. Il y a à s’interroger sur une démocratie européenne, les élections se font dans chaque pays sur les enjeux nationaux et souvent politiciens. Les enjeux européens sont rarement présents dans les campagnes électorales. Quand ils sont dans les débats c’est pour rendre l’UE responsable de toutes les difficultés que rencontrent le pays, rarement pour expliquer les interdépendances, les rapports de force au sein de l’UE. Tous les gouvernements des Etats de l’UE sont issus du suffrage universel. Mais sauf pour les élections au Parlement européen[5], les élections nationales se font en ordre dispersées, dans l’UE, il y a toujours une élection quelque part, toujours sur les enjeux nationaux, souvent présentés comme antagoniques à ceux de l’Union (c’est la faute à Bruxelles, ou c’est Bruxelles qui nous l’impose) alors que se sont les gouvernements ensemble qui décident. Cette situation permet une dilution des enjeux européens et favorise les forces néolibérales et les oligarchies au détriment des forces populaires, car elle permet toutes les démagogies sur la base du rétrécissement des analyses et propositions strictement nationales avec des politiques de « boucs émissaires », la faute des autres. Cela permet aussi à l’oligarchie et à la technocratie européenne d’imposer par le haut des politiques et des règles économiques et juridiques qui s’appliquent sans discernement et sans distinction de la même façon. Nous pouvons nous interroger si pour créer un espace public européen indispensable pour construire une Union européenne démocratique,  il ne conviendrait pas de faire les élections nationales (pour les parlements nationaux) en même temps que les élections pour le Parlement européen, le même jour. Cela permettrait de débattre enfin des interdépendances, des différences et donc aussi des enjeux des politiques européennes.

Il convient aussi de s’interroger pourquoi les peuples votent conservateur et mettent en place des gouvernements néolibéraux, et surtout pourquoi la gauche n’arrive pas à renverser la tendance même si quelques pays font de temps en temps dissidence ? Pourquoi les néolibéraux arrivent à avoir une idéologie et une politique ultra-majoritaire et partagée malgré les conséquences sociales, environnementales, morales et politiques de ces politiques ; pourquoi la gauche n’arrive pas à une analyse et une stratégie cohérente pour les contrer  et pourquoi quand elle arrive au gouvernement elle se range aux politiques d’austérité? Pourquoi la gauche n’arrive pas à convaincre ? Les raisons ne sont pas seulement à rechercher à l’extérieur mais aussi dans des raisons intrinsèques (ses analyses, ses propositions qui en découlent, ses divisions) qui sont des causes évidentes de sa faiblesse.

Il n’est pas question ici de rappeler tous les épisodes de cette saga des « négociations » entre le gouvernement grec et les instances communautaires mais simplement de constater que les exigences des créanciers, Commission européenne, Banque centrale européenne ((BCE) et Fonds mondial d’investissement (FMI) étaient toujours les mêmes : réforme des retraites, réforme du code du travail avec suppression de toute garantie pour les salariés y compris en violant les conventions internationales sur le travail dont les Etats membres de l’UE et l’UE elle même sont signataires, réduction des rémunérations pour les salariés, augmentation de la TVA, privatisations, dégager un excédent primaire pour le budget de l’Etat (collectivités locales comprises) afin de pouvoir rembourser la dette, et bien évidemment refus de renégocier cette dette. De plus dans une espèce de répartition des rôles chaque créancier avait ses exigences prioritaires à des moments différents de sorte que les négociations sur un sujet ne pouvaient jamais se terminer et étaient toujours sur le chantier.

L’oligarchie européenne, ce n’est pas que les institutions européennes, Commission et Banque centrale en l’occurrence, se sont aussi les gouvernements des Etats membres réunis en Conseils ou dans l’Eurogroupe. Dans le cas présent, deux instances ont participé à ce jeu de dupe auprès du gouvernement grec. Le Conseil européen, composé des chefs d’Etat et de gouvernements chargé de traiter la question politique, mais qui a toujours renvoyé la solution du problème à l’Eurogroupe composé des ministres des finances de la zone euro. Alors que la question grecque était une question politique qui en dernier ressort c’est réglée au Conseil européen, le jeu a consisté à confiner les négociations sur le plan technocratique dans des « réunions de la dernière chance » toujours renouvelées permettant de faire pression sur le gouvernement grec et de l’acculer financièrement pour l’amener « à Canossa ». Un « poker menteur » permanent dix-huit contre un, s’est alors instauré pour faire céder le gouvernement grec en menaçant la Grèce de la sortie de l’euro, alors que celle-ci n’est pas possible légalement sans la demande explicite du pays concerné, Wolfgang Schäuble jouant au sein de l’Eurogroupe le rôle du méchant et Michel Sapin le rôle du gentil, mais seulement vers la fin, les deux étant parfaitement d’accord pour le faire céder et accepter la politique d’ajustement dans la suite des précédents gouvernements grecs ou de l’obliger à partir.

Dans cette opération, la France, le gouvernement français c’est aligné systématiquement sur l’Allemagne pour plusieurs raisons. Premièrement, il lui faut se montrer bon élève de la politique d’ajustement et de l’équilibre des finances publiques, donner des gages à l’Allemagne véritable centre de décision dans le contexte actuel qui considère que la France ne va pas assez vite et ne fait pas assez d’efforts dans la mise en place des politiques d’austérité et aux instances communautaires chargées de veiller à la bonne application de ces politiques. En ce sens le gouvernement français se comporte en vassal de l’Allemagne, au moins depuis l’entrevue de Deauville entre la Chancelière Angéla Merkel et le Président Nicolas Sarkozy. Deuxièmement, le gouvernement et l’oligarchie français souhaitaient à tout prix stopper « l’expérience Syriza » qui risquait de remettre en cause les fondements des choix économiques du gouvernement Walls et démontrer ainsi que d’autres choix politiques étaient possibles même dans le cadre des traités européens actuels. La réussite de Syriza, aurait aussi démontré la capitulation de François Hollande, son renoncement à « renégocier le traité budgétaire » mis au point entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy (le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire-TSCG) comme il l’avait promis pendant sa campagne électorale, au Conseil européen les 28 et 29 juin 2012, moins de deux mois à peine après son investiture. Le gouvernement français n’a jamais essayé durant les six mois de négociation entre le gouvernement grec et ses débiteurs de briser la stratégie du gouvernement allemand. Les autorités françaises n’auraient pu le faire qu’en imposant une discussion au niveau politique, en ôtant les discussions des mains de l’Eurogroupe, chose inenvisageable en raison même de la capitulation de juin 2012. A chaque rencontre au niveau politique, les représentants du gouvernement français ont suivi la position allemande de renvoyer le dossier à l’Eurogroupe. Michel Sapin a été étonnamment discret à l’Eurogroupe, y compris à la séance du 21 juin 2015, de laquelle Yanis Varoufakis, ministre des finances grec a été illégalement exclu.

La presse conservatrice néolibérale, proche du patronat ne s’y est pas trompée : « L’accord du 13 juillet avec la Grèce prouve avec éclat que l’ajustement d’un pays dans la zone euro ne peut se faire que par une logique récessive. Et plus un pays montrera une volonté d’échapper à ce destin, plus le coup de massue sera violent. Or la France a indubitablement besoin d’ajuster davantage dans le cadre de la zone euro. Face aux gains de compétitivité prix des espagnols ou des italiens sur les mêmes types de produits et sur les mêmes marchés que les français, il faudra que la France abaisse encore ses coûts internes », écrit Romani Godin dans « La Tribune », repris par Euractive du 4 août 2015. Nous voilà averti, l’accord imposé par la ruse et la violence diplomatique à la Grèce, n’est pas seulement une mauvaise nouvelle pour le peuple grec, mais une mauvaise nouvelle pour l’ensemble des peuples de l’Union européenne et notamment pour le peuple français qui est dans la ligne de mire de l’oligarchie européenne. La presse conservatrice allemande, ainsi que la française ne cessent de proclamer « le besoin de réformes » de la France, ces réformes étant toujours plus d’ajustements austéritaires pour devenir compétitif, notamment en abaissant toujours plus « le coût du travail ». Comme si le travail était un coût alors qu’il est le seul créateur de richesses. Dans une interview au journal espagnol « El Pais », Yanis Varoufakis affirme que : « la destination finale de la troïka est Paris ».

Dans ces conditions les « propositions » de François Hollande de créer un « gouvernement économique de la zone euro » avec « un ministre des finances », un budget spécifique contrôlé par un parlement pour lui conférer un verni démocratique est de la poudre aux yeux. Pour être efficace une telle solution demande aussi de véritables transferts financiers, en créant un budget de l’ordre de 20% au moins du PIB de la zone considérée (c’est environ le niveau du budget fédéral des Etats-Unis d’Amérique), ce que refusent farouchement en cœur la France et l’Allemagne. En 2012, 2013, dans le cadre de la préparation du budget pluriannuel 2014/2020 de l’UE, ces deux pays avec notamment le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Luxembourg se sont battus pour limiter le budget de l’UE en dessous de 1% du PIB de l’UE. Le rapprochement de ces deux chiffres permet de mesurer le sérieux de la proposition. Dans le cadre du fonctionnement intergouvernemental actuel de l’UE, ce ne sont pas les solidarités qui sont à l’ordre du jour comme de démontre aussi la position des gouvernements des Etats membres sur les migrants au sein de l’UE, laissant supporter le poids de cette situation à la Grèce, et l’Italie pour l’essentiel[6]. Ensuite cette proposition n’est pas nouvelle, elle est sur la table depuis une quinzaine d’années sans jamais avoir été discutée. Wolfgang Schäuble, la défend, en même temps qu’il propose de réduire les prérogatives de la Commission européenne, afin de mieux assurer l’hégémonie de l’oligarchie allemande sur l’UE. Ces deux propositions sont parfaitement contradictoires.

Les gouvernements les plus hostiles au gouvernement grec furent ceux de l’Allemagne dominé par les conservateurs mais comprenant dans le cadre d’une « grande coalition » des sociaux démocrates dont le président du Parti social-démocrate(SPD) par ailleurs vice-chancelier, Sigmar Gabriel fit pour des motifs électoraux, des déclarations indignes : « Nous ne permettrons pas que les travailleurs allemands et leurs familles paient les promesses excessives d’un gouvernement en partie communiste »[7] ; le gouvernement finlandais composé d’une coalition de partis conservateurs et d’extrême droite fascisante, eurosceptique, anti-immigrés dont le président, Timo Soini est ministre des affaires étrangères ; le gouvernement slovaque avec des sociaux-démocrates au pouvoir qui considérait que les retraites grecs étaient plus importantes que les retraites slovaques et que par conséquent il n’y avait pas lieu de solidarité envers les grecs ; les gouvernements des trois pays baltes, Estonie, Lettonie Lituanie, qui « troïkés » ont imposé des politiques d’austérité drastiques à leurs peuples et n’acceptent pas que le gouvernement grec veuillent sortir de ces politiques, par exemple, le ministre de l’éducation estonien à déclaré à son homologue grec : « Vous avez fait trop peu, trop lentement et infiniment moins que l’Estonie. Nous avons souffert bien davantage que la Grèce. Mais nous ne nous sommes pas arrêtés pour gémir, nous avons agi.[8] » ; le gouvernement conservateur espagnol qui fait une politique d’austérité sous la vigilance de la troïka et qui voyait dans la politique anti-austérité soutenue par Syriza un danger mortel en perspectives des élections de novembre 2015 pour lesquelles Podemos qui a déjà conquis plusieurs grandes villes espagnoles lors des élections municipales de ce printemps, risque de bousculer la donne électorale ; les gouvernements portugais de centre droit et irlandais formé d’une coalition de centre droit et de travaillistes qui également « troïkés », ayant soumis leur peuples à des politiques d’austérité fortes exigeaient que le nouveau gouvernement grec poursuivent les politiques de ses prédécesseurs, au nom des souffrances de leurs propres peuples. Une anecdote qu’a colporté dans la presse, avec beaucoup de délectation Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques et financières, particulièrement évanescent tout au long de ces négociations, à propos du gouvernement socialiste de la Lituanie est significative du manque de solidarité entre pays de la zone euro et de la prégnance de l’idéologie punitive de type religieux : « Lors d’une réunion de l’Eurogroupe un ministre socialiste lituanien a dit à M.Varoufakis : ‘’C’est très sympathique que vous vouliez l’augmenter le smic de 40%, mais votre smic est déjà deux fois supérieur au notre. Et vous voulez l’augmenter avec l’argent que vous nous devez, avec la dette !’’. Et bien ça, c’est un argument assez fort »[9]. Inutile de préciser que M. Moscovici est également socialiste et ancien ministre du budget du premier gouvernement de François Hollande. Cet argument est fort que lorsque l’on a totalement intégrer culturellement la doxa néolibérale et les politiques d’ajustement et d’austérité. Mais il n’est pas venu à l’esprit « socialiste » de M. Moscovici que l’argument du ministre socialiste lituanien aurait été beaucoup plus fort s’il avait dit. « Vous voulez augmenter votre smic de 40% et rompre avec les politiques d’austérité imposées par la troïka. Je soutiens totalement votre position. L’augmentation de votre smic facilitera l’augmentation du notre et nous permettra de desserrer l’austérité que nous ont imposée les institutions composant la troïka, FMI, BCE et Commission européenne. »  L’argument aurait été bien plus fort dans l’intérêt des travailleurs et des peuples européens.

Les institutions européennes, comme la majorité des gouvernements des Etats membres ont pris la décision d’Alexis Tsipras, de convoquer un référendum sur les propositions des créanciers de la Grèce comme une provocation remettant en cause leurs décisions qui ne se discutent pas. Le rejet à 61,2% de ces propositions alors que toutes les forces conservatrices ainsi que les institutions européennes, le FMI, la presse qui appartient au capital en Grèce, appelaient à les approuver fut ressenti par eux comme une humiliation, une violence insupportable, un affront inexpugnable. La vengeance était alors la seule solution possible, un peuple n’a pas le droit de s’opposer à l’oligarchie. Il fallait donc mettre le gouvernement grec à genoux, ce qui explique le durcissement des propositions début juillet suite au référendum du 5 juillet, le chantage à l’exclusion de la zone euro, la suppression des liquidités aux banques grecques par la BCE, obligeant le gouvernement à fermer les banques, rétablir le contrôle des capitaux, fermer la bourse etc. Le respect de la volonté d’un peuple n’a rien à voir avec les intérêts de l’oligarchie. La démocratie n’est envisageable pour elle que dans la mesure ou elle sert ses intérêts ou au pire ne les dessert pas.

En fin de compte un accord, maintenant l’austérité contre la promesse d’un nouveau prêt de 86 milliards d’euros dont l’essentiel servira à rembourser les prêts antérieures est trouvé, accord que chacun sait irréaliste, parfaitement inique et ne résolvant pas la question de la dette qui augmente encore. Cependant, l’accord signé entre les autorités grecques et l’UE après le sommet de la zone euro des 12-13 juillet est sensiblement différent du texte soumis à référendum le 5 juillet, avec des plus et des moins. Certes il porte sur les mêmes enjeux exprimés en des termes généraux qui peuvent être compris différemment : « restaurer la souveraineté budgétaire » du pays, de « sauvegarder la stabilité financière », de soutenir « la croissance, la compétitivité et l’investissement », de promouvoir « un Etat et une administration publique modernes ».Nombres de dispositions sont identiques, réforme des retraites, restructuration du secteur bancaire, libéralisation des produits , lutte contre la corruption et l’évasion fiscale. Si la réforme des retraites est manifestement une mesure d’austérité car il s’agit de les réduire, la lutte contre la corruption, le népotisme, la fraude fiscale ne sont pas de mauvaises choses si elles sont bien mises en œuvre, ce que semble disposé à faire Syriza, contrairement aux gouvernements précédents qui tous vivaient sur ces pratiques. Le mémorandum soumis au vote était le prolongement du deuxième plan d’aide à la Grèce et portait sur neuf mois, le « mémorandum of understanding » signé le 13 juillet porte sur un troisième programme et un horizon de trois ans, ce qui desserre les contraintes pour le gouvernement grec. La TVA dans les hôtels d’abord fixée à 23% est ramenée à 13% ; la baisse des dépenses militaires prévue est de 100 millions en 2015 et 400 millions en 2016 contre 400millions dans l’accord initial ; l’accord final prévoit l’extinction programmée du traitement fiscal préférentiel dont bénéficient les armateurs, ce qui n’était pas prévu dans l’accord initial rejeté par référendum ; si l’objectif d’un excédent primaire de3, 5% du PIB pour l’année 2018 et au-delà est toujours fixé, la trajectoire est beaucoup moins exigeante, 0,25% au lieu de 1% en 2015, 0,50% au lieu de 2% en 2016 et 1,75% au lieu de 3% en 2017, donnant un peu d’air à la Grèce et laissant attendre que les 3,5% en 2018 pourrait aussi être revus. La renégociation de la dette est prévue alors qu’elle était exclue de l’accord initial. Par contre les privatisations sont accentuées, un « fonds de privatisation » d’un montant de 50 milliards d’euros (contre 6,3 milliards dans l’accord initial) doit être mis en place, avec 50% des recettes qui seront affectés à la recapitalisation des banques, 25% à la réduction de la dette et 25% à l’investissement en Grèce. En fait il semble qu’en signant cet accord auquel il ne croyait pas, Aléxis Tsipras ait surtout voulu gagner du temps et desserrer l’étau financier dans lequel se trouvait son pays depuis que les créanciers et la BCE avaient décidé de limiter les liquidités aux banques grecques. Plus qu’au chantage au Gréxit, impossible sans son accord et qui n’était qu’une façon de faire pression sur lui, c’est à l’étranglement monétaire qu’il a du céder. Syriza ainsi que la majorité des grecs n’ont jamais voulu quitter ni l’UE ni la zone euro, ça ne faisait pas parti des objectifs de la campagne électorale des élections législatives de janvier, ni des objectifs du référendum du 5 juillet, ni de la campagne législative de septembre. D’ailleurs les « dissidents » de Syriza qui présentèrent une liste pour les législatives du 20 septembre sur cette position ont recueilli moins de 3 % des voix.

Enfin, constatons qu’une fois adopté avec l’aval du gouvernement allemand, tous les gouvernements quel que soit le niveau d’hostilité au gouvernement de Syriza, ont approuvé l’accord imposé au gouvernement grec, et pour ceux qui devaient le faire adopter par leur parlement national, l’ont fait approuver.

Le rapport de force, le gouvernement de Syriza, la gauche européenne.

Beaucoup d’illusions se sont greffées sur le résultat des élections grecques du 25 janvier 2015, en croyant que la victoire d’un gouvernement décidé à lutter contre les politiques d’austérité dans un pays en crise économique et humanitaire suffirait à renverser les rapports de force au sein de l’UE en faveur des peuples, et que l’oligarchie financière et technocratique serait obligée de respecter ce vote. Il y a manifestement dans les analyses des forces de gauche au niveau européen, insuffisance quant à l’acharnement dont est capable l’oligarchie pour conserver son pouvoir et ses privilèges. Quelques exemples, l’ « Humanité Dimanche » du 29 janvier au 4 février 2015, au lendemain du vote donnant la victoire à Syriza titrait en gros : « MERCI AU PEUPLE GREC ! » et en sous titre : « Enfin une gauche radicale décidée à tourner la page de l’austérité, a pris le pouvoir dans un pays de l’Union européenne. Partout, les espoirs soulevés parmi les peuples sont immenses. Comme en Espagne, en Italie, en Irlande, au Portugal et en France ». « Libération » titrait à coté de la photographie d’Alèxis Tsipras : « Grèce le nouveau visage de l’Europe » avec en sous titre : « la large victoire d’Alèxis Tsipras et de Syriza ouvre au pays de nouvelles perspectives et laisse espérer une inflexion dans les politiques d’austérité européennes » et Cécile Duflot dans une interview affirmait : « Il est l’heure d’une alternance européenne ». De leur côté les dirigeants européens, qui tentent de détourner le succès de la formation grecque, préparent en réalité l’épreuve de force. Que cette victoire ait soulevé des espoirs est sans doute vrai, mais il était illusoire de croire que la « gauche radicale » au gouvernement, mais pas au pouvoir économique, dans un seul pays sur 28 pour l’UE et sur 19 pour la zone euro, de 10 millions d’habitants sur 510 au niveau de l’UE pourrait à elle seule renverser les rapports de force, si une mobilisation massive des peuples européens ne soutenait pas ce gouvernement anti-austérité. Hors cette mobilisation n’a pas eu lieu. A-t-elle même était sérieusement envisagée ? Si c’est le cas elle n’a pas été possible. Il conviendrait d’en rechercher les causes, pas seulement à l’extérieur des forces de gauche, mais en leur sein. Pourquoi n’ont-elles pas pu mobiliser en soutien au peuple grec ?

Deuxièmement, le gouvernement grec s’est battu avec acharnement pour obtenir un accord conforme à ses promesses rompant avec l’austérité, mais était-il bien préparé à la négociation qui inévitablement devait s’engager dans le cadre d’une « épreuve de force » ? N’a-t-il pas trop surestimé ses capacités de négociation ? Etait-il bien préparé à celle-ci et n’a-t-il pas fait preuve de manque de compétence et d’expérience des négociations européennes et d’une certaine naïveté ?

Tous les gouvernements des Etats membres de l’UE sont issus du suffrage universel. Tous ont donc le même niveau de légitimité au regard de leurs homologues. Les dirigeants européens et notamment Jean Claude Juncker se sont fait fort de le rappeler à plusieurs occasions aux négociateurs grecs. La démocratie européenne s’ancre dans les démocraties nationales. Le fonctionnement habituel des institutions européennes – la méthode Monet avec ses rituels- ne suffit pas à un développement de la démocratie dans laquelle les peuples pourraient réellement intervenir. L’élection d’un parlement européen qui représente les peuples n’est pas non plus suffisante. Cette élection s’effectue aussi sur des bases nationales et l’intérêt général européen y est trop absent.

Il était possible aux institutions européennes et aux Etats membres de la zone euro d’aider le gouvernement grec à faire une politique rompant avec l’austérité, politique que même les économistes libéraux reconnaissent qu’elle ne marche pas, en l’aidant à créer un cadastre afin de pouvoir faire payer des impôts aux riches propriétaire fonciers, notamment l’église orthodoxe, à mettre en place un système fiscal juste et une administration fiscale moderne pour faire rentrer les impôts et en faire payer aux armateurs grecs qui n’en payent pas un centime. Il leur était possible d’orienter les réformes vers des investissements plutôt que l’équilibre budgétaire par des coupes dans tous les services publics et les privatisations massives. Cela aurait d’ailleurs était plus conforme aux traités de l’UE, qui prévoient une solidarité entre Etats membres et interdit par exemple à la Commission européenne d’exiger des privatisations. Pour que cette exigence soit possible, il a fallu faire un tour de passe-passe juridique et annoncer que les négociations s’effectuaient avec les créanciers, la Commission européenne devenant un créancier à côté de la BCE et du FMI et plus l’institution chargée de faire respecter les traités de l’UE.

Le fait que des réformes structurelles (créer un cadastre, une administration fiscale et une fonction publique moderne et efficace, une réforme fiscale, une modernisation de l’économie, la séparation de l’Etat et des Églises et en priorité de l’église orthodoxe) que n’ont jamais été engagées les précédents gouvernements qui se contentèrent d’appliquer les recettes néolibérales imposer par la troïka et d’imposer l’austérité au peuple au bénéfice des banques mondialisées et notamment des banques allemandes et françaises, a aussi pesé dans le rapport de force. Les précédents gouvernements n’ayant fait aucune réforme sérieuse, la propagande de l’oligarchie européenne s’est déchainée en accusant les grecs d’être fainéants, peu fiables, de vouloir profiter des européens, les invitant à vendre leurs iles, ce qui a aussi pesé sur le rapport de force. Il fallait décrédibiliser aux yeux des européens le nouveau gouvernement grec. Les partis et forces de gauche dans les pays de l’Union n’ont pas été capables ou n’ont pas pu combattre cette propagande et soutenir avec suffisamment de vigueur le gouvernement Syriza. Il y a eu peu de manifestations de soutien et aucune n’a réuni un nombre significatif de personnes pour faire contrepoids et assurer un rapport de force.

Pour ne pas reproduire (peut-être avec Podémos dans quelques semaines) la dictature oligarchique que nous avons connue avec la Grèce, mais surtout à plus long terme la gauche européenne doit sortir de la récrimination, penser la politique européenne, et pour la gauche française dépasser l’épisode du 25 mai 2005 pour offrir des alternatives aux politiques néoconservatrices et néolibérales. Elle doit proposer un fonctionnement de l’UE qui ne repose pas sur le retour aux nations (c’est le rôle de la droite extrême et de l’extrême droite), mais sur une véritable articulation des démocraties nationales toutes égales en dignité et en légitimité et une démocratie européenne faisant « écosystème », elle doit proposer des politiques sociales et économiques qui rompent avec l’austérité et les dogmes néolibéraux de la concurrence parfaite.

Dans le rapport de force, le rôle de la presse conservatrice, appartenant, au niveau européen et en particulier en Grèce à l’oligarchie financière s’est mobilisée pour expliquer que les promesses de Syriza étaient démagogiques, « populistes »[10], inapplicables et que le nouveau gouvernement grec n’avait pas d’autre solution que de poursuivre la politique d’austérité imposée par la troïka. La presse française conservatrice (et elle est aujourd’hui largement majoritaire et appartenant aussi aux grands groupes multinationaux), les grands médias, télévision et radio ne furent pas les derniers à développer ces thèses, y compris en expliquant que si ce n’était pas les grecs qui payaient ce serait les contribuables français car la France avait prêté 60 milliards à la Grèce, sans décortiquer à quoi avait servi ces milliards et dans quelles escarcelles ils avaient en définitives atterri. L’Allemagne et dans une moindre mesure la France ont bien profité de la crise grecque. Selon des calculs de l’Institut Leibnitz de recherche économique, l’Allemagne a pu réaliser des économies budgétaires de l’ordre de 100 milliards d’euros depuis le début de la crise grecque en 2010, soit 3% de son PIB. Dans une période de crise les investisseurs effectuent le plus possible des placements sûrs et « On en vient à des taux sur les emprunts d’Etat allemands qui en moyenne entre 2010 et aujourd’hui, sont 3% plus élevés à ce qu’il ont été dans la réalité » et« durant la crise européenne de la dette, l’Allemagne a profité de cet effet de manière disproportionnée » dit l’Institut. « Ces économies dépassent le coût engendré par la crise et ce même si la Grèce ne rembourse pas entièrement sa dette », ajout-il. Par ailleurs les entreprises allemandes ont raflé d’importants contrats lors des privatisations menées tambour battant par les gouvernements grecs avant janvier 2015, en échange de l’aide financière. Par exemple la société Fraport, associée à un entrepreneur grec a décroché le contrat de rachat de 14 aéroports régionaux grecs, dont certains très touristiques comme celui de Corfou, pour environ un milliard d’euros.[11]

Après les élections législatives du 25 janvier, le référendum du 5 juillet, les élections législatives anticipées du 20 septembre ont confirmé Aléxis Tsipras et Syriza. La partie n’est pas terminée, ni en Grèce ni au niveau européen. Le sera-t-elle un jour dans la mesure où il s’agit d’intérêts qui s’affrontent au sein de sociétés très différentes mais qui doivent vivre de plus en plus en commun et qui sont de plus en plus interdépendantes.

La géopolitique et l’histoire.

L’aspect géopolitique du maintien ou de l’exclusion de la Grèce dans l’Union européenne et dans la zone euro a été peu traité. Il est pourtant essentiel. Un retrait de la Grèce de l’UE en raison de sa position géographique serait un affaiblissement de l’UE et de ses capacités d’intervention dans une zone (le proche et moyen orient) en pleine effervescence et profondément déstabilisée par les politiques et intervention des « occidentaux » auxquelles plusieurs Etats de l’UE ont participé pour préserver des intérêts impérialistes évidents. Dans ce domaine géopolitique, la géographie et l’histoire sont trop souvent ignorées et sont pourtant primordiales.

La Grèce se trouve géographiquement à l’orient de l’Union européenne, avec une frontière avec la Turquie dont elle a dépendu au sein de l’empire ottoman durant cinq siècles, dont la séparation s’est fait dans la violence, ce qui explique l’importance du budget militaire grec qui se prépare toujours à un affrontement avec la Turquie bien que ces deux Etats soient membre de l’OTAN, ou peut être à cause de cela.[12]

La Grèce est avec Chypre, la Bulgarie et la Roumanie un pays de religion et de culture à dominante chrétienne orthodoxe, l’église orthodoxe y joue un rôle important au plan social, politique et culturel. L’Eglise orthodoxe orientale est la religion dominante reconnue par la Constitution. Celle-ci débute par « Au nom de la Trinité sainte, consubstantielle et indivisible… » Le Mont Athos y bénéficie de privilèges constitutionnels (article 105 de la Constitution). Sa religion orthodoxe la rapproche de la Russie dont le gouvernement Tsipras a recherché dans cette période des relations particulières. Elle a connu une occupation allemande nazie particulièrement dure pendant la seconde guerre mondiale. Une résistance très forte avec une forte implantation communiste et une répression très dure ont marqué cette période. A la libération en 1945, elle a connu une guerre civile extrêmement violente entre les forces progressistes républicaines à forte dominante communiste et les forces conservatrices appuyées par le Royaume-Uni qui a été une quasi deuxième vague d’occupation qui a duré trois ans et s’est terminée par la victoire des forces réactionnaires. La droite est resté au gouvernement jusqu’en 1963, suivie d’un gouvernement centriste entre 1963 et 1965, les élections législatives de 1965 annonçaient une victoire de la gauche. Elles furent interrompues par un coup d’Etat militaire, les colonels imposant une dictature dure et sanglante jusqu’en 1974. Ce qui explique comme l’exprime les grecs : «  l’esprit de résistance » du peuple grec. Elle est membre du Conseil de l’Europe depuis 1949, et de l’OTAN depuis 1951 et a adhéré aux Communautés européennes (aujourd’hui Union Européenne) en 1981.

En 1974, la Garde nationale chypriote soutenue par la dictature grecque en perte d’influence, organise un coup d’Etat contre le président de la République chypriote, Makarios III dans le but de rattacher l’ile à la Grèce ; la Turquie envahit le nord de Chypre, et l’ile reste divisée depuis. L’Union européenne n’a pas été capable d’aider à solutionner ce problème malgré l’adhésion du sud le l’ile et la candidature à l’adhésion de la Turquie. Cette question pendante est une des causes des difficultés de la candidature de la Turquie à son adhésion à l’UE. Chypre indépendante depuis 1960 était une colonie britannique jusqu’à cette date (le Royaume-Uni conserve des enclaves militaires à Chypre qui sont toujours sous la souveraineté de la couronne) ; Chypre est membre du Conseil de l’Europe depuis 1961, et a adhéré à l’Union Européenne en 2004. Elle est majoritairement (80% d’orthodoxes et 18% de musulmans) de culture et de langue grecque. La division de l’ile chypriote perdure à ce jour, même si depuis un an un processus de négociations pour une réunification est en cours entre les deux parties de l’ile. Chypre demeure donc une source de conflit entre la Grèce, qui avec Chypre s’opposent à l’adhésion de la Turquie à l’UE et la Turquie, et une source de difficultés pour l’UE.

La Turquie aussi est une source de difficultés. Depuis plus de dix ans le Premier ministre turque aujourd’hui président de la République, Recep Tayyip Erdogan s’évertue à radicaliser et islamiser la société turque. Bien que toujours candidat à l’adhésion à l’UE, il s’en éloigne par des politiques de plus en plus autoritaires et répressives. Après les élections du 7 juin 2015 qu’il a perdu, il a repris la guerre contre les kurdes turques afin d’essayer de resserrer les rangs des ultranationalistes en vue des élections anticipées qu’il a convoquées pour le mois de novembre. La Turquie aux portes de l’UE est un pays où l’effervescence sociale et politique risque d’aboutir à sa déstabilisation. Or l’UE et la Turquie on besoin l’une de l’autre, le parlement européen dans sa séance de mercredi 7 octobre vient de rappeler que la coopération entre l’UE et la Turquie était non seulement nécessaire, mais que la Turquie avait un intérêt stratégique pour les Européens, « Notre accès au monde arabe sera amélioré si nous prenons conscience de l’importance de cette relation » ; et notamment pour « gérer la crise migratoire » actuellement.

Le conflit en Palestine jamais résolu, avec une position très ambigüe de l’UE qui soutient politiquement Israël et financièrement l’Autorité palestinienne, les guerres en Syrie, Irak, Lybie, Afghanistan font de cette région proche de l’UE une région non seulement instable, mais aussi une source d’insécurité dont l’UE et certains de ses Etats membres –France, Royaume-Uni, Allemagne notamment- ont leur part de responsabilités.

Dans un contexte géopolitique complexe au sein de l’Union européenne, auquel s’ajoutent les conflits du moyen orient que la Grèce tangente géographiquement, les relations avec des pays tiers à l’Union européenne tels la Russie, la Turquie les pays du Caucase et du moyen orient, l’UE n’avait pas intérêt à affaiblir sa présence dans cette région et à déstabiliser un pays adhérent. C’est pourquoi le « gréxit » a toujours été un moyen de pression et de chantage vis-à-vis du gouvernement et du peuple grecs qui ne souhaitent sortir ni de l’euro, ni de l’UE.

 

Pour résumer.

« Le nationalisme c’est la guerre » avait dit François Mitterrand dans un célèbre discours au Bundestag. Les gouvernements nationaux des Etats membres avec l’apport des institutions européennes et du FMI ont mené une guerre économique au peuple grec qui avait osé se révolter. Une guerre économique mais une guerre ! Il revient aux peuples européens d’imposer par la démocratie des politiques de solidarité, écologiques tournées vers l’intérêt général et pas le profit, le lucre et les privilèges d’une oligarchie ultra-minoritaire prête à tout pour conserver ses profits et sa position sociale dominante.

 

Paris le 8 octobre 2015

 

 

                                                           ANNEXE   I

Chaque fois qu’un peuple ne vote pas comme le souhaite l’oligarchie, celle-ci avec la quasi-totalité des médias et des experts, sociologues, politistes, économistes s’empresse de qualifier les réactions du peuple de populiste, sans définir le terme, mais avec une connotation toujours péjorative voire souvent insultante pour les peuples en question, d’où ce billet en septembre 2014 dans le cadre de débats sur les élections en Europe.

 

A propos du terme « populisme ».

 

Jean Claude BOUAL

Le mot populisme est utilisé par commodité et paresse, sans définition claire en amalgamant des courants politiques forts divers, développant souvent des thématiques politiques divergentes voire opposées. Qu’ont de commun l’extrême droite comme le ############## en France, les Vrais finlandais, le Jobbik hongrois, le PVV aux Pays –Bas, le DF au Danemark avec le Front de gauche en France, Podemos en Espagne, l’UKIP au Royaume-Uni ou même le Mouvement 5 étoiles en Italie (pour n’en citer que quelques uns) ? Amalgamer ainsi des courants très différents évite d’engager une véritable analyse en profondeur des phénomènes politiques qui traversent nos sociétés ainsi que des politiques qui sont mises en œuvre par les partis politiques dit de gouvernement alors qu’ils nous disent qu’il n’y a pas d’autre solution que la politique qu’il mènent, le fameux « TINA ». En fait populisme est utilisé chaque fois que le peuple ne vote pas comme le souhaite les « élites » pour disqualifier le vote et le peuple lui-même. Brecht avait dit à propos de la RDA que quand le peuple votait mal, il fallait le dissoudre, nous sommes dans la même configuration démocratique avec l’utilisation intempestive du terme populisme sans plus de précision. Les journalistes, pressés par les raccourcis et professionnels des approximations utilisent avec complaisances et parfois délectation ce terme croyant avoir tout dit et résumé une analyse profonde alors qu’ils ne sont que dans la vacuité, il est regrettable que les sociologues, les politologues ou politistes l’utilisent aussi à tout bout de champ rejoignant ainsi la vacuité des analyses et n’expliquant rien alors que ça devrait être leur rôle et leur travail.

De plus cela permet des raccourcis inexacts, se sont bien entendu les couches populaires qui votent mal, qui votent populiste, mais se sont elles pourtant qui ont fait la différence pour le vote François Hollande au second tour des présidentielles. Un seul exemple, Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis a voté à 72% pour F. Hollande au second tour. Aujourd’hui ils disent « nous n’avons pas voté pour la politique que fait le gouvernement », « nous n’avons pas voté pour ça », où sont les causes profondes du « populisme » ? L’emploi de ce terme marque une condescendance et un mépris vis-à-vis du peuple. Pourtant, théoriquement c’est bien de lui que vient le pouvoir dans nos démocraties. En fait nous sommes dans un système oligarchique qui méprise le peuple, celui-ci devant se satisfaire d’être gouverné et apporter ses voix quand il le faut. Or, ça ne marche pas (ou plus) alors on l’insulte en le qualifiant de populiste, mais c’est un pléonasme (voir le Robert), et le Roi est nu. L’histoire nous démontre (nous enseigne pour ceux qui veulent bien) que ces situations sont dangereuses et peuvent conduire à des catastrophes. Certes, le peuple (ou plutôt le peuple réduit à la foule manipulée, même électoralement, cf le référendum sur les minarets en Suisse pour prendre un exemple récent) est capable du pire, raison de plus pour ne pas céder à l’air du temps (même dans le vocabulaire) et aux analyses sommaires, d’autant que le peuple a aussi des ressorts, les 2/3 des français pensent par exemple que le ############## n’est pas en capacité de gouverner la France.

Certes la démagogie est une des caractéristiques des mouvements dit populistes, mais n’est-ce pas aussi une pratique courante des partis dits de gouvernement.

Si nous revenons aux définitions du terme, les ambiguïtés apparaissent, ainsi que les amalgames. Le Robert donne comme définition : «Populisme : du latin « peuple ». Ecole littéraire qui cherche, dans les romans, à dépeindre avec réalisme la vie des gens du peuple ».

Wikipédia, nous dit : politique : « Le populisme désigne un type de discours et de courants politiques, prenant pour cible de ses critiques « les élites » et prônant le recours au « peuple ». », et donne comme définition : -sens 1- Tendance politique démagogique visant à défendre les intérêts du peuple ;

-sens 2- Courant littéraire, pictural ou cinématographique s’attachant à l’expression de la vie des milieux populaires. »

Une remarque sur le sens 1, la défense des intérêts du peuple exige t’elle toujours et forcément la démagogie ? Bref, je pense que pour analyser les courants qui tiraillent nos sociétés tant au niveau national qu’au niveau européen il faut être un peu plus rigoureux sous peine de ne pas faire un diagnostic qui permette d’agir pour sortir des impasses dans lesquelles nous enferment des politiques dites sans alternatives.

Enfin wikipédia donne comme synonyme : « ouvriérisme », tout un programme, significatif et inadmissible. Pour mémoire je rappelle la définition du mot ouvriérisme du Robert « ouvriérisme, du mot ouvrier ; système selon lequel le mouvement syndical, la gestion socialiste de l’économie, doivent être dirigés par les mouvements ouvriers ».

Populisme=ouvrier et voilà à nouveau « les classes dangereuses » la peur et le mépris des travailleurs, des ouvriers et de la classe ouvrière, bref je ne recommence pas.

Paris le 14 septembre 2014.

 

 

                                                         ANNEXE   II

Les principales réformes que doit faire le gouvernement grec.

  • Demande de soutien suivi du Fonds monétaire international après l’expiration du programme existant au début de l’année 2016.
  • Augmentation de la taxe à la consommation et élargir l’assiette d’imposition afin d’augmenter les revenus. Les lois à ce sujet doivent être approuvées mercredi 15 juillet par le Parlement.
  • Réformes multiples du système des retraites, afin de le rendre plus économiquement viable. Les réformes initiales doivent voir le jour mercredi 15 juillet, les autres d’ici le mois d’octobre.
  • Garantie de l’indépendance des agences statistiques du pays.
  • Introduction d’ici mercredi de lois qui assureraient des « coupes budgétaires quasi-automatiques » si le gouvernement n’atteint pas ses objectifs d’excédent budgétaire.
  • Modernisation du système de justice civile, afin de le rendre plus efficace et moins coûteux, d’ici le 22 juillet.
  • Réforme du marché des produits, comprenant notamment l’ouverture des magasins de dimanche, l’allongement des périodes de soldes, des modifications du régime des pharmacies, des changements des marchés du lait et de la boulangerie, l’élargissement de l’accès aux professions protégées, notamment le transport en ferry.
  • Privatisation de l’exploitant du réseau de transport de l’électricité, ou d’autres mesures ayant le même impact.
  • Réforme du marché du travail. Ce point inclut notamment la révision des règles sur les conventions collectives, les grèves et les licenciements collectifs.
  • Renforcement de la gouvernance bancaire et élimination des prêts non performants.
  • Augmentation considérable du programme de privatisation, notamment avec le transfert de 50 milliards d’euros d’actifs grecs vers un fonds indépendant à des fins de privatisation.
  • Modernisation, renforcement et réduction des coûts de l’administration grecque. Une première proposition doit avoir été faite d’ici le 20 juillet.

 

[1] Cité par Yanis Varoufakis, ministre grec dans le gouvernement de Syrisa, chargé des négociations avec les instances communautaires et le FMI, débiteurs de la Grèce dans « le Monde diplomatique» Aout 2015, article « Leur seul objectif était de nous humilier ».

[2] Déclaration d’Alexis Tsipras devant le parlement grec, lors de son discours pour la ratification de l’accord le vendredi 10 juillet 2015 ?

[3] Voir en annexe II les principales dispositions de cet accord.

[4] « Le Monde » du 4 août 2015

[5] Et encore, l’élection se fait sur une semaine et pas le même jour sur tout le territoire de l’UE.

[6] 510957 migrants sont arrivés en Europe entre le premier janvier et fin septembre d’après le HCR, dont 387520 en Grèce et 131000 en Italie. L’essentiel de l’accueil et de l’hébergement reposant sur les pays d’arrivée. Sur ce sujet aussi le gouvernement Syriza veut rompre avec les politiques des gouvernements grecs précédents et réorienter les aides communautaires « Les précédents gouvernements avaient dépensé tout l’argent européen à construire à la frontière terrestre avec la Turquie ou à construire des camps de rétention. Nous, on veut pouvoir certes surveiller les frontières mais aussi accueillir décemment les réfugiés » déclarait un responsable du ministère grec de l’immigration confirmant un point important du gouvernement’- sources : « Le Monde » Dimanche 9-Lundi 10 août 2015.

[7] Le Monde, mardi 14juillet 2015 p3 article intitulé : «L’intransigeance de Sigmar Gabriel répond à celle des électeurs du SPD. Les sociaux-démocrates allemands refusent de nouvelles concessions. »

[8] Le Wall Street Journal, 13 juillet 2015.

[9] France inter, 1er mars 2015.

[10] Voir ci-dessous annexe « A propos du terme populiste »

[11] La Montagne, mardi 11 août et La Montagne mercredi 12 août 2015.

[12] N’oublions pas dans cette région de l’Europe la situation de Chypre toujours coupé en deux suite à l’invasion turque en 1974, séparation que l’UE n’a pas été capable de régler lors de l’adhésion de Chypre alors que la Turquie était aussi candidate à l’adhésion à l’UE.

Pas de numérique sans accompagnement dit la secrétaire d’état

Aussi, nous sommes fiers d’avoir su anticiper et créer l’Espace Public Internet quand personnes n’y croyait. 

Axelle Lemaire : « Pas de numérique sans accompagnement » Intervention aux Assises nationales de la médiation numérique (Caen)

lemaireDans le cadre des Assises nationales de la médiation numérique à Caen autour de la Jeunesse (du 30 septembre au 3 octobre 2015), Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat au numérique a fait une intervention le 1er octobre en fin d’après-midi sur l’actualité et l’avenir de la structuration en France du secteur de la médiation numérique.

« Pas de numérique sans accompagnement »

A cette occasion, Mme Axelle Lemaire a réaffirmé le rôle des lieux d’accompagnement au numérique dont les EPNet a donné le lancement du site Mediation-Numérique.fr (réseau national de la médiation du numérique), une intervention à retrouver en vidéo à la fin de cet article (à 9 mn du début de la séquence), avec des propos liminaires de Laurent Beauvais, Président de la Région Basse-Normandie, organisatrice des assises.

Mme la Secrétaire d’Etat a précisé qu’il y n’a « pas de numérique sans accompagnement » tout en réaffirmant que le« numérique pour tous » est une exigence et une préoccupation réelle de l’Etat.

10 000 EPN en France

En amont de cette venue, Axelle Lemaire s’est exprimée dans l’édition nationale du quotidien Ouest-France (édition du 1er octobre 2015) – une interview dans laquelle elle indique qu’il existe 10 000 EPN (espaces publics numériques) en France : « Des médiateurs pour mieux se servir d’Internet« .

A la fin de cette allocution, il a été annoncé que la Lozère organisera les Assises nationales de la Médiation numérique 2016.

A propos des Assises nationales de la Médiation numérique 2015 à Caen

Vous pouvez retrouver les contenus vidéo des Assises dans la rubrique Média du site officiel de ces rencontres.

Intervention d’Axelle Lemaire aux Assises nationales de la médiation numérique 2015 (Caen)


AssMedNum_Conférence plénière Axelle Lemaire 01… par RegionBasse-Normandie

Contrat rivière : la dépollution des eaux est en marche

Les citoyens  sont ravis de l’existence d’un contrat rivière qui s’attaque au douloureux problème de la pollution des eaux.
Le cabinet d’étude confirme l’existence de pollutions d’origines diverses et qui nous concernent tous, jardiniers, agriculteurs, mairies …

Ce qui nous a impressionnés dans cette étude, c’est la différente criante entre les espaces qui composent notre territoire : plus on va vers l’Est, plus les eaux sont limpides et pauvres en polluants et plus on s’approche de l’Ouest, plus les eaux sont polluées voire même gravement polluées en certains lieux.

Les responsabilités sont diverses : l’urbanisation peu soigneuse, le jardinage , l’agriculture qui a recours à des intrants chimiques, les activités industrielles, les traitements des espaces verts sont les principales sources de pollutions.

Les pollutions d’origine médicamenteuses, hormonales qui font des ravages ne sont pas prises en compte à ce jour.

Tous les acteurs du contrat rivière veulent-ils vraiment changer ?

Tous les acteurs ne sont pas dans une démarche de transformation volontaire et offensive  et on observe divers positionnements.

Celui des consommateurs, des citoyens ordinaires  qui sont inquiets et veulent une vraie politique de diminution progressive des intrants chimiques jusqu’à leur suppression.

Celui d’institutionnels qui sont dans une posture permanente de contestation des nuisances observées : « on n’en met pas tant que cela , vous voulez ruiner l’agriculture, les agriculteurs sont déjà en graves difficultés … »

L’indifférence coupable qui consiste à se placer dans une posture d’écoute, sans pousser aux transformations indispensables .

Aussi nous n’avons pas réussi à obtenir le bilan des tonnes d’intrants chimiques déversés sur nos territoires : « trop difficile à avoir, problème de confidentialité, études coûteuses », et silence des administrations que nous avons interrogées sans réponse.

Nous comprenons la complexité de ce sujet, la nécessité de respecter les agriculteurs, de leur donner du temps pour transformer leurs pratiques, l’importance de  l’accompagnement technique et financier et  nous proposons aussi des solutions :

Propositions

Mettre en place  une vraie politique d’information visant à inviter  TOUS les acteurs à diminuer le recours aux produits chimiques.

Traiter les pollutions directes – diminuer les intrants jusqu’à les supprimer – développer de nouvelles pratiques d’épandage. 

Mettre en place un accompagnement de tous les acteurs du monde agricole pour modifier les pratiques culturales : diversification – adaptation du travail du sol – couverture du sol. 

Accompagner les mairies vers des traitement écologiques des espaces verts. 

Accompagner le changement des pratiques agricoles et mettre en place un soutien financier à ceux qui s’engagent dans des stratégies écologiques et l’agriculture BIO.

Réaliser des diagnostics des stations d’assainissement et des réseaux assainissement  en priorité sur les zones les plus polluées situées à l’Ouest du département.

Réaliser un diagnostic des pollutions industrielles et artisanales, médicales.

Mettre en place un suivi sur plusieurs années des molécules interdites retrouvées lors des analyses de l’eau : sont-elles anciennes ou encore utilisées ? Nous devons le savoir !

En l’attente de changement de pratiques, mettre en place une bonne gestion des  effluents agricoles :  aires de lavage

Bloquer la difusion des  molécules dans les eaux souterraines  : espaces et fossés enherbés

Créer un observatoire de l’eau avec une totale transparence des données 

Protéger les structures locales en charge de la gestion de l’eau, menacées de suppression et de privatisation

Gérer les réfections et les protections des zones de captage