maintenir les sols vivants

 

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LES MERCREDIS DU PAVILLON DE LA FRANCE

MAINTENIR LES SOLS VIVANTS

PAR LA RÉDACTION  –  MERCREDI 29 JUILLET 2015


Les sols forment des entités vivantes, qui se constituent très lentement, sur plusieurs milliers d’années, mais peuvent être détruits en quelques heures, par excavation. Au cœur de grands enjeux planétaires particulièrement cruciaux comme la sécurité alimentaire, la qualité des masses d’eau souterraines et superficielles, le changement climatique ou la biodiversité, les sols sont soumis à rude épreuve : chaque seconde ce sont 27 mètres carrés qui disparaissent par imperméabilisation en France et 6.350 mètres carrés de terres agricoles qui sont effacés de la surface de la terre.

Sachant qu’une cuillère à soupe de sol contient plus de micro-organismes qu’il y a d’humains sur la planète, maintenir la matière organique est une priorité, notamment au nom de la protection du climat. Une augmentation relative de 4 pour mille par an des stocks de matière organique des sols suffirait à compenser l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Inversement, une diminution relative de 4 pour mille doublerait nos émissions. Il est donc primordial de protéger ces stocks. Compte tenu du caractère vital et non renouvelable des sols, et de leur rôle pour le climat et la biodiversité, comment faire pour les préserver et les maintenir vivants ?

Pour en parler, Dominique ARROUAYS. Pédologue et cartographe à l’INRA, cet ingénieur dirige Infosol, une unité de service qu’il a créée à l’Inra d’Orléans en 2000, pour constituer un système unique d’information sur les sols de France et leurs évolutions.

c’est quoi le bonheur ? point de vue du professeur joyeux

C’est quoi le bonheur ?

Le bonheur ne tombe pas du ciel. C’est une construction qui commence très tôt dans sa famille, à l’école et dans toutes les activités de la vie.

Il y a le métier auquel on se prépare, parfois par de longues études ; la personne que l’on choisit et qui nous choisit, et avec laquelle on décide de construire une famille. Les enfants, puis les petits-enfants auxquels on transmet ce que l’on est, plus que ce que l’on dit.

Il n’y a pas vraiment de hasard, pas non plus de calculs plus ou moins justes pour forcer le bonheur.

Le mot clé qui va avec le bonheur, c’est la fidélité à la parole donnée, l’honnêteté dans ses engagements, l’appréciation des rencontres inattendues que la vie nous apporte au jour le jour.

Evidemment, la santé fait partie du bonheur que l’on construit jour après jour. Elle concerne l’alimentation, les activités physiques régulières auxquelles il faut se tenir et tout ce que l’on respire.

Bref : le bonheur et la santé, ça se construit. Dans cette interview réalisée par Julien Peron, je vous explique comment il vous est possible, vous aussi, de trouver le bonheur.

Pr Henri Joyeux

Beau mois d’août à vous tous.

« C’est quoi le bonheur pour vous Henri Joyeux ?« 
 

PrJoyeux
 


La tourmente grecque : mortalité infantile + 43 %

« La Tourmente grecque » : mortalité infantile + 43 %

Le taux de mortalité infantile a progressé en Grèce, depuis le début de la crise, de 43 %. C’est à ce taux que l’on reconnaît le niveau de développement d’un pays. La Tourmente grecque, film de Philippe Menut, rappelle cette triste réalité, et bien d’autres, qui montrent que la Grèce sert de « cobaye » aux spéculateurs. 

Le réalisateur, Philippe Menut, a été journaliste à France 2 et à France 3. Ce film, débuté en 2012, est régulièrement actualisé. Il décrit la crise humanitaire, véritable « guerre économique et sociale » : 30 000 sans-abri à Athènes, retraites réduites de 25 %, budget de la santé amputé du tiers, chômage multiplié par 3, services publics sinistrés. Alors que les prix sont ceux de Paris ou de Londres, les salaires sont ceux de Bulgarie. Le salaire minimum est à 480 €, 40 % des Athéniens ont passé le dernier hiver sans chauffage.

On accuse les Grecs de ne pas payer d’impôts, alors même que les impôts sont prélevés à la source (ce qui n’est même pas le cas de la France). Ce sont les armateurs qui ne payent pas d’impôts, ce qui a grandement donné cette image d’une Grèce non imposée, mais la troïka n’y voit pas d’objections.

On reproche aux Grecs de ne pas travailler : or ce sont eux qui travaillent le plus en Europe [je vérifie sur AlterEcoPlus : c’est vrai, ils travaillent en moyenne 40,6 heures, plus que l’Allemagne, 35,3 et que la France 35,7, qui notons-le au passage travaille donc plus que l’Allemagne].

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On parle de corruption : en fait, par définition, elle n’est pas connue, mais serait comparable à ce qui existe ailleurs. Rappeler la dernière guerre agace : mais tout de même, il faut savoir que 400 000 Grecs sont morts de faim à cette époque. L’occupation allemande a été terrible : les Grecs ont résisté et des milliers d’entre eux ont été massacrés en représailles. A l’époque, l’Allemagne a empruntés, à la Grèce, 54 milliards d’équivalent euros actuels et a fait payer aux Grecs les frais d’occupation.  Le commentaire du film dit que l’Allemagne aurait une dette envers la Grèce de 162 Mds€.

Selon Médecins du Monde, le taux de mortalité infantile a augmenté de 43 %. C’est à ce taux que l’on mesure l’état de santé et de développement d’un pays. Une baisse de ce taux est significatif de la tragédie que traverse ce pays [je rappelle que le démographe Emmanuel Todd, en 1976, dans La Chute finale, a prédit la chute de l’URSS parce qu’il a découvert que son taux de mortalité infantile avait cessé de baisser et que même ce taux remontait]. Les avortements sont en hausse de 30 %. Plus d’1/3 de la population est sans protection sociale. On réutilise les médicaments des malades décédés.

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Le budget de l’éducation nationale s’est effondré. Plus de 1000 écoles primaires et secondaires ont été fermées. Des enfants s’évanouissent à l’école à cause de la faim.

Des chantiers navals ont fermé, tous les dockers sont désormais des intérimaires. Le port du Pirée a été bradé aux Chinois (Cosco) pour 500 000 €, pour en disposer pendant 35 ans. Les Conventions collectives ont été rendues caduques. Sur contrainte de la Troïka, des femmes de ménage des ministères ont été licenciées ce qui a provoqué des manifestations monstres aux gants (de ménage) rouges. La télévision ERT a été fermée : 2600 employés licenciés, qui, refusant ce diktat, ont autogéré la télé (réouverte avec Syrisa).

45 îles grecques ont été vendues, bradées, dont 7 achetées par le Qatar (pour 3 millions d’euros). Certes, la Grèce est sensée avoir reçu 245 Mds€ depuis 2010 : mais l’économie grecque n’en a presque pas vu la couleur, car cela, comme on le sait, a été redistribué aux créanciers (banques internationales qui avaient prêtés à des taux exorbitants à l’État grec) : 48,98 % aux créanciers privés, 28,3 % aux banques, 22 % on ne sait pas (chiffres d’Attac Autriche). Les banques grecques contractaient des prêts auprès de la BCE au taux de 1 % et prêtaient à l’État grec à 20 % et plus.

Une journaliste de Bilan (média suisse) explique pourquoi la Grèce a été attaquée : car c’est un petit pays avec un petit marché obligataire : « c’était une opportunité évidente pour les spéculateurs« . Un trader de Londres dit qu’il se couche tous les soirs en espérant la récession, compte tenu des profits qu’il peut en tirer. Le ministre de la culture de Tsipras dit que la Grèce a été un « cobaye« .

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Le film émet le souhait que les États européens puissent emprunter directement à la BCE et rappelle que, pour la France elle-même, si les taux des marchés n’avaient pas été à une époque aussi élevés et s’il n’y avait pas eu les baisses d’impôts des années 2000, sa dette ne serait que de 740 milliards d’euros (et non pas de 2040).

Philippe Menut, qui arrête son film à la victoire de Syrisa en janvier, va très prochainement sortir une version mise à jour. Mais il y a fort à parier que les fauteurs de ce Coup d’État financier, si la solidarité avec la Grèce n’est pas davantage affirmée en Europe, continueront à prôner sans scrupules l’écrasement d’un peuple. Sous nos yeux.